dimanche 8 septembre 2013

VERS ET PROSE (TOME XIX) - OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1909

Tome XIX (Octobre-Novembre-Décembre 1909)
[Date de publication : Octobre-Novembre-Décembre 1909 - Couverture : Imprimée en noir sur papier vert (Titre, Épigraphe, Contributeurs du tome, Tome, Année, Date, Mention : "Les abonnements partent du mois d'Avril.") - 2e de couverture : Sommaire ; Titre, Sous-Titre, Année, Adresse (Administration et direction), Adresse (Rédaction), Mention ("Les manuscrits doivent être envoyés à cette dernière adresse au nom de M. Julien Ochsé."), Directeur-Administrateur, Rédacteur en chef littéraire, Secrétaires de rédaction, Secrétaire de l'administration (Robert Fort), Abonnement et modalités d'abonnement, Abonnement pour 2 ans, Abonnement pour 3 ans, Collection des quatre premières années - 3e de couverture : muette - 4e de couverture : Imprimeur - Page [1] : Page de Titre - Page [2] : muette - Page [3] : Faux-titre (reprend les mentions de la couverture) - Page [4] : muette - Bas de Page [132] : Gérant, Imprimeur - Cahier de 16 pages vertes, numérotées, pour les six premières, en fin de numéro : Pages [1]-6 (Notes) ; Page [a] : Titre, Sous-Titre, Année, Adresse, Directeur-Administrateur, Rédacteur en Chef, Secrétaires de la Rédaction, Secrétaire de l'Administration, Abonnements, Achat de la Collection, Mention : "La liste entière des Abonnés de "Vers et Prose" paraîtra dans le prochain numéro - tome XX et dernier de la cinquième année.") ; Page [b] (Galerie E. Druet / Du 6 au 20 décembre / Exposition d’œuvres / d'Edward Diriks) ; Page [c] (Encart publicitaire pour le Mercure de France [revue]) ; Pages [d-e] (Encart publicitaire : "Bernard Grasset éditeur [extrait du catalogue]") ; Page [f] (Vient de paraître : Émile Godefroy / Le Sublime Comique / étude critique ; Éditions de Vers et Prose / Vient de paraître : / Mortcerf / par Paul Fort...) ; Page [g] (Encart publicitaire pour La Flamme / revue mensuelle / Directeur : Jacques Servy - Rédacteur en chef : Louis Roubaud / Secrétaire de la Rédaction : Paul Gault / Publie dans chaque numéro une étude de critique, une nouvelle, un roman, des poèmes... ; Encart publicitaire pour la Librairie du XXe siècle / Georges Lanoë / Le Roman Celtique / (L'arc-en-ciel)...) ; Page [h] (Les Bibliophiles Fantaisistes / Nous publions ici le prospectus de la Société fondée par quelques uns de nos amis, parce que le but nous en semble intéressant, qu'il peut paraître curieux à nos lecteurs, et qu'enfin cette déclaration de principes constitue même un document pour l'histoire de la librairie française...) ; Page [i] (Comptoir National d'Escompte de Paris) ; Page [j] (Imprimeur) - Pagination : 132 pages + 16 pages du cahier vert]
Sommaire
Stéphane Mallarmé : Avant-Dire, discours ["Lu par Mlle Moréno avant un concert des oeuvres de Reynaldo Hahn donné en 1899 à la Bodinière." - en note de bas de page : "Inédit."] (p. [5]-6)
René Boylesve : Promenades au dedans et au dehors, récit [en épigraphe, citation de Henri de Régnier : "Tandis que l'heure, hélas ! marque d'un fruit qui tombe / Son invisible fuite et son muet retour..."] (p. [7]-20)
Stuart Merrill : Le Roi Fou, poème [A André Salmon] (p. [21]-23)
André Fontainas : Aquarelle, poème [A Hneri-Edmond Cross] (p. [24])
Paul Adam : Avant-Propos du "Trust", préface (p. [25]-31)
Pierre de Bouchaud : La Lumière (p. [32]-33) ; La Passante (p. 33-35), poèmes (p. [32]-35)
Paul Fort : Ile-de-France / Mortcerf : Les beaux Noms (p. [36]) ; II. La Forêt de Crécy (p. [36]-37) ; III. En suivant l'Hirondelle (p. 37-38) ; IV. Après le Déjeuner à l'Auberge du Tourne-Bride (p. 38-39) ; V. Vente du "Coin musard" (p. 39-41) ; VI. L'Inondation de l'Ombre (p. 41) ; VII. Réveil et départ (p. 42), poèmes en prose [A Francis Jourdain] (p. [36]-42)
Sébastien-Charles Leconte : Les Noyades / D'après Swinburne, poème [A André Dumas] (p. [43]-46)
Dumont-Wilden : Dilemme, essai [à mon ami Édouard Willems] (p. [47]-56)
Iwan Gilkin : Macbeth à Saint-Wandrille, compte rendu [à propos de la représentation du Macbeth traduit par Maeterlinck] (p. [57]-61)
Léo Larguier : La Couronne d'Abeilles : A un Poète (p. [62]-63) ; La Bible (p. 63-64) ; La Purification (p. 64-67), poèmes (p. [62]-67)
Émile Godefroy : Au fil de l'eau, pensées [A André Gide - chapeau de présentation : "Ces pensées sont tirées des deux premières conférences de la "Chronique littéraire mensuelle" faites à l' "Université Populaire du Faubourg Saint-Antoine" par l'auteur."] (p. [68]-74)
Edmond Jaloux : Estampe (p. [75]-76) ; Étude en Mineur (p. 76-79) ; Strawberry-Hill (p. 80-82), poèmes en prose [datés "6 mai 1906"] (p. [75]-82)
Legrand-Chabrier : Marie Menut, nouvelle (p. [83]-89)
Jules Romains : La Poésie immédiate, conférence [en note : "Conférence faite au Salon d'Automne."] (p. [90]-95)
Charles Grolleau : Soliloque, poème [A Louis Lormel] (p. [96]-97)
Jean-Louis Vaudoyer : Feuillets italiens / A Rimini, nouvelle [A Raymond Koechlin] (p. [98]-111)
Louis Mandin : Les Saisons chantantes : Le Bon Vertige ; La Voix Captive (p. [112] ; Été (p. [112]-113) ; L'Image de notre Vie (p. 113) ; Octobre ; L'Automne mourante (p. 114) ; L'Aurore du Soir (p. 114-115) ; Le Printemps, après tous ces Printemps (p.115-116) ; Les Ailes de l'Ange (p. 116), poèmes (p. [112]-116)
Robert-Louis Stevenson : A la Pagaie : Au fil de l'Oise / A travers la Vallée dorée (p. [117]-118) ; La Cathédrale de Noyon (p. 118-122), récit de voyage [en note : "Voir les Tomes VI, VIII, XIII, et XVII de Vers et Prose." - Traduit de l'anglais par Lucien Lemaire] (p. [117]-122)
Georges Périn : Poèmes : Sur la Terrasse (p. [123]) ; La Nuit d'Argent (p. 124), poèmes (p. [123]-124)
Albert de Bersaucourt : Le Puits, poème en prose [en note : "Extrait d'un volume à paraître prochainement : 'Vingt-quatre poèmes en prose pour honorer ma demeure et chanter mon jardin...'."] (p. [125]-127)
Georges Duhamel : L’Épreuve, poème en vers libres (p. [128]-132)
Tancrède de Visan, Julien Ochsé, Louis Mandin, Louis Thomas, E. M., Louis Piérard : Notes [Émile Verhaeren. - Après les Villes tentaculaires, les Villes à pignons ; après la violence, la douceur. L'admirable talent de notre grand Verhaeren se renouvelle sans cesse et son aspiration se rajeunit à chaque livre nouveau, sans s'épuiser... - signé Tancrède de Visan ; L'Encens et la Myrrhe, de Charles Grolleau. - Le premier livre de M. Charles Grolleau, Reliquiae, a passé trop inaperçu. Il était plein de songe désespéré, serti de poèmes de douleur et de paroles d'oubli. Il contenait des vers d'une forme et d'une essence rares... / MM. Louis Merlet et Edmond Rocher font précéder ou accompagner leurs livres de lettres d'Albert Samain. Le discret poète eût-il approuvé cette publicité ? Je trouve dans une de ces lettres en réponse à une demande de préface : "Par tempérament, par habitude, par goût instinctif, ces sortes de manifestations ont quelque chose qui m'éloigne..." Il y a du reste de beaux vers dans l'Idole fragile de M. Merlet (...) et beaucoup de grâce simple dans la Petite Patrie de M. Rocher. / Les Mignardises de M. Charles Moulié sont composées de poèmes jeunes, souples, et parfois émouvants. - signé Julien Ochsé ; Autres livres reçus. - Edmond Périer : Estampes et Grisailles / Georges Duhamel : L'Homme en Tête / Guy de La Batut : Au Seuil de l'Idéal / Gaston Sauvebois : Après le Naturalisme / Charles Batilliot : Le Rosaire des Soirs / Isabelle Dudit : Amour et Maternité. - signé J. O. ; Henri Allorge. - En silence, loin des écoles, des cénacles littéraires, dans la solitude et l'humilité de son coeur fervent, Henri Allorge continue son oeuvre de poète sincère, de lyrique très pur. Voici son cinquième volume de poèmes : L'Essor éternel ; cri de douleur et de pitié, lancé d'une voix grave et bien rythmée ; soupirs d'une âme dolente que la vie a blessée, mais sans éteindre la petite flamme lumineuse de l'espoir. Le livre se termine avec des poèmes au souffle large et des strophes puissamment orchestrées. ; Alexandre Arnoux. - Voici encore un tendre en qui la nature a mis ses complaisances. Les paysages d'âme et les aspects extérieurs de la vie se mêlent dans la même harmonie supérieure et cela s'appelle Au grand vent... - signé T. V. ; Le Temple sans idoles (Mercure de France). - M. Alfred Mortier est à la fois un désabusé et un fervent, c'est-à-dire un homme qui sait, mais aussi un poète qui chante. Dans le temple de l'Amour, qu'il a beau dire sans idoles, il lui arrive encore de s'agenouiller, comme devant une présence divine... ; Flûtes et Bourdons, par Ernest Pérochon. (Clouzot, éditeur, Niort). - Ce recueil, généralement faible et peu original dans le lyrisme, contient des notations réalistes et satiriques assez heureuses... ; La Dame en noir, par Pierre Rodet. (Édition du Beffroi). - L'auteur, comme beaucoup d'autres poètes avant lui, "rêve d'une dame" qu'il n'a jamais vue, dont il n'a jamais entendu parler, mais qu'il sait "belle étrangement"... ; La Montagne et la Mer, par Émile Dodillon. (Lemerre). - Des vers édités chez Lemerre, cela ne peut être que régulier comme l'ennui et froid comme les trois cents recueils morts qui figurent au catalogue funéraire de la maison. Dans le livre de M. Dodillon, il y a pourtant quelques étincelles de poésie. - signé Louis Mandin ; Au Clair de la Dune, par Théo Hannon (Paris, Dorbon). - Des vers amusants, très banvillesques, sur la mer, la mer d'Ostende, de Knocke, des plages à la mode en Belgique... Un art menu, léger, sans prétentions... - signé Louis Thomas ; LES ROMANS / M. François de Curel. - Le Solitaire de la Lune. (Dorbon). - Ce conte philosophique de M. de Curel sera rangé, plus tard, parmi les grandes œuvres de notre littérature. L'âpre pensée de M. de Curel, son pessimisme hautain lui vaudront les suffrages de tous les hommes qui ont quelque chose au fond du crâne. Cela ne veut pas dire qu'il aura deux cent mille lecteurs en un an... ; M. Abel Hermant. -On est au second empire, aujourd'hui, comme on était autrefois au XVIIIe siècle, au premier empire ou aux japonaiseries. M. Abel Hermant, qui excelle à saisir le vent, nous a donné les mémoires d'une dame de la galanterie de 1859 à 1871. Ces Confidences d'une Biche (Lemerre) se lisent avec agrément... ; M. René Boylesve. - La Poudre aux yeux (Dorbon). - M. Boylesve est, avec M. Jaloux, un des rares auteurs de ce temps qui sache ce que c'est que le roman de mœurs. Les contes que l'on trouvera dans ce volume sont tous sur de bonnes gens, un peu ridicules, tout à fait de notre pays, la France bourgeoise, que l'on aime et que l'on raille... ; M. Franz Hellens. - Les Hors-le-Vent (Dorbon). - De bons tableaux de mœurs de la Belgique d'aujourd'hui, précis et justes... - signé Louis Thomas ; LA LITTÉRATURE / L'Oiseau Bleu par Maurice Maeterlinck (Fasquelle). - Cette féerie en cinq actes et dix tableaux est une œuvre exquise, et il est admirable qu'un penseur comme Maeterlinck sache évoquer aussi adorablement les rêves et les grâces de l'enfance... - signé L. M. ; Ondine Valmore. - Sainte-Beuve l'aima ; c'était une âme simple, un peu sèche ; le livre que vient de lui consacrer M. Jacques Boulenger (Dorbon, éditeur) nous la présente dans la calme lumière qui lui convient... - signé L. T. ; L'Amiral de Coligny, par Charles Merki (Plon). - Livre de tous points excellents, par la méthode, la composition, le détail. De magnifiques portraits d'histoire... - signé E. M. ; Emmanuel Chabrier. - Notre ami et collaborateur Legrand-Chabrier nous donne dans la collection de La Grande Revue les lettres d'Emmanuel Chabrier à Nanine. Qu'est-ce que Nanine ? Une humble servante... ; REVUES. - J'ai là, sur ma table une collection de La Nouvelle Revue Française fondée au début de l'année par un groupe d'amis de M. André Gide. Cette revue me satisfait : impression, format, tenue littéraire, choix des collaborateurs, jusqu'à la manière réservée et fine d'entendre la critique, tout y est honnête, raisonnable et sain. Je signalerai, entre autres articles, les traductions chinoises de M. Louis Laloy, des articles pondérés et justes de M. André Gide sur les rapports de la littérature et du nationalisme, des essais de M. Michel Arnauld, dont nous attendons avec impatience l'ouvrage sur Goethe, des poèmes de MM. Paul Claudel, Verhaeren, François-Paul Alibert, Francis Jammes, Edmond Jaloux, François Porché, un essai de M. André Ruyters sur Meredith, le début d'un roman de M. Édouard Ducoté... / J'ai éprouvé une grande joie à découvrir dans le numéro de novembre de la Nouvelle Revue Française un long article de M. Michel Arnauld sur les Cahiers de Charles Péguy. Une grande joie, dis-je, car la littérature est pour moi le seul domaine où je sente le besoin, la nécessité d'une justice. Et c'est une injustice à la fois sotte et flagrante que les intellectuels ne connaissent pas tous M. Charles Péguy et les admirables Cahiers de la Quinzaine qu'il dirige et qui sont son œuvre... signé L. T. ; "L'Ile sonnante". - C'est le titre d'une revue dont le premier numéro vient de paraître. Au sommaire, Roger Frène et Léon Deubel,  poètes connus, Michel Puy, qui le sera, Louis Pergaud, qui a publié des contes au Mercure et des poèmes au Beffroi, Auguste Callet, "un oublié", dont les notes posthumes sur des personnalités célèbres du XIXe siècle sont fort intéressantes ; Charles Callet, Francis Carco. Direction, 21, rue Rousselet, Paris. - L. M. ; Artistes belges contemporains. - Qu'il y ait eu, en Belgique, au cours de ces vingt-cinq dernières années, un renouveau littéraire et artistique remarquable, il n'est plus besoin de le répéter. Mais que le public se soit transformé, qu'il y ait même un public, voilà qui reste très discutable. Les livres belges poussent, comme après la pluie, les champignons. (Je n'entends point dire par là qu'ils sont nécessairement tous vénéneux...) Que les conditions de la vie littéraire sont pourtant différentes de celle de Paris ! Il n'y a pas encore en Belgique un éditeur, le grand éditeur audacieux, entreprenant, voire un peu canaille comme doit l'être tout bon commerçant qui se respecte. Il n'existe pas parce que sans doute n’existe pas plus "la fonction qui doit créer l'organe". Et c'est ici qu'apparaît l'absurdité du nationalisme littéraire que d'aucuns ont fomenté et entretiennent là-bas sous la bannière de l'âme belge (une lame, dirait notre père Willy, qui vaut souvent celle des meilleurs Sheffield). [...] Or, voici un jeune éditeur qui à un goût parfait, à une intelligence très artiste, joint une science des affaires qui ne gâte rien, une audace qui lui a réussi jusqu'ici. Je veux parler de M. Gérard Van Œst de Bruxelles. [...] Je veux parler en détail de quelques ouvrages de la collection des artistes belges contemporains qui vient de s'enrichir d'une étude de M. Mauclair sur Victor Gilsoul. / On ne sait pas assez en France quel grand historien de l'art flamand et wallon nous avons en M. Camille Lemonnier. Cet écrivain ne nous a rien donné de supérieur à ses livres sur Meunier, Stevens et Braekeleer. Nul autre que lui ne pouvait écrire, sur Rops, les pages simples et ferventes qu'a publiées l'éditeur parisien Floury il y a quelques mois. [...] Lemonnier a silhouetté chez Van Œst son ami Émile Claus, le plus grand peintre belge actuel, éblouissant féeriste, sorte de Turner flamand qui est resté, parmi les plus grands succès, le simple, doux et fruste paysan d'Astene. [...] M. Gustave Van Zype, un chroniqueur avisé, (...), nous fait pénétrer dans l'intimité d'Eugène Laermans, âpre visionnaire des foules modernes, des détresses et des révoltes populaires. M. Paul Lambotte, grâce à des lettres précieuses que lui a communiquées le frère de l'artiste, définit exactement l’œuvre et la personnalité d'Henri Evenepoel, prématurément enlevé à l'art impressionniste... - signé Louis Piérard] (p. [1]-6 du cahier vert)
Références
  • Cercle d’Étude de Revues Littéraires en France, Bibliographie de "Vers et Prose", texte revu et publié par les soins de Kazutami Watanabe, Tokyo, France Tosho, 1972.
  • Vers et Prose sur PRELIA

vendredi 6 septembre 2013

LES HEURES [N°2] - JUIN 1897

LES HEURES
N° [2] (Juin 1897)
[Date de publication : Juin 1897 - Couverture : Titre, Ancien Titre (L'Art Wallon), Sommaire, Illustration, Prix, Date, Éditeur - 2e de couverture : Titre, Sous-Titre, Collaborateurs, Abonnement, Mention ("Adresser toutes communications à Mr Guillaume HENNEN, rue St-Remacle, Verviers") - 3e de couverture : Encart publicitaire ("Vous tous qui aimez le beau / le beau dans la nature / le beau dans l'art - le beau dans l'utile / chaussez-vous / chez / Crutzen Frères / Rue du Brou, N° 38 / Verviers / Rue Pisseroule, N° 47 / Dison") - 4e de couverture : Encarts publicitaires (Librairie ancienne & moderne / Guillaume Davister /Verviers ; Librairie belge & étrangère / Édouard Gnusé / Liège ; Typographie-Lithographie Maurice Xhoffer / éditeur de "Les Heures" / Verviers) - Pagination : 20 pages]
Sommaire
Francis Vielé-Griffin : Les Heures / Vers, poème en vers libres [en épigraphe, citation de G[uillaume]. H[ennen]. : "... Et maintenant que le printemps / sème partout de la vie et de la lumière, / ne voudriez-vous pas apporter un peu de soleil / à notre Wallonie parfois si triste et si brumeuse ?" - daté "Touraine, Mai 1897."] (p. 21)
Henri Ghéon : Lied, poème en vers libres (p. 22)
Arnold Goffin : Épiphanie, poème en prose [en note : "Extrait du Thyrse, un vol. en préparation."] (p. 23-25)
Charles Guérin : Défi à la Reine, poème [en bas de page : "L'abondance des matières nous oblige à remettre la critique des livres au prochain numéro."] (p. 26)
Albert Mockel : Fée Papillonne, conte [daté "1886"] (p. 27-33)
Edmond Pilon : L'Automne du Pauvre, poème (p. 34)
Maurice Marchin : Chanson sur l'autre Rive, poème en vers libres [A mon ami Christian Beck] (p.35)
José Perrée : Chanson de la lune, poème [A Stéphane Elseneur] (p. 36)
Paul Jâne : Vie simple, poème [en épigraphe, citation de Schiller : "Lass mich ein kind sein, sei es mit."] (p. 37)
G[uillaume]. H[ennen]. : A propos des Nouveaux-Concerts ["D'avoir pendant des années combattu l'hostilité du public envers les œuvres musicales des maîtres contemporains, et, malgré qu'il se fût buté à l'indifférence dédaigneuse de l'insuffisance et de l'incompréhension, d'avoir voulu quand même le triomphe de ses idées et surtout la magnification de l'Art, M. Kefer a réussi à inspirer à tous, sinon son même amour du Beau, au moins le respect et l'attention pour chacune des tentatives dont l'ensemble résume sa vie..."]  (p. 37-38)
Paul Reimon : Vers, poème [en note : "Fragment."] (p. 39-40)

dimanche 1 septembre 2013

VERS ET PROSE (TOME XVIII) - JUILLET-AOÛT-SEPTEMBRE 1909

Tome XVIII (Juillet-Août-Septembre 1909)
[Date de publication : Juillet-Août-Septembre 1909 - Couverture : Imprimée en noir sur papier vert (Titre, Épigraphe, Contributeurs du tome, Tome, Année, Date, Mention : "Les abonnements partent du mois d'avril.") - 2e de couverture : Sommaire ; Titre, Sous-Titre, Année, Adresse (Administration et direction), Adresse (Rédaction), Mention ("Les manuscrits doivent être envoyés à cette dernière adresse au nom de M. Julien Ochsé."), Directeur-Administrateur, Rédacteur en chef littéraire, Secrétaires de rédaction, Secrétaire de l'administration (Robert Fort), Abonnement et modalités d'abonnement, Abonnement pour 2 ans, Abonnement pour 3 ans, Collection des quatre premières années - 3e de couverture : muette - 4e de couverture : Imprimeur - Page [1] : Page de Titre - Page [2] : muette - Page [3] : Faux-titre (reprend les mentions de la couverture) - Page [4] : "A partir du mois d'Octobre..." (Voir Document) - Page [146] : Titre, Sous-Titre, Année, Abonnements, Tirage sur grand papier, Achat de la collection, Aux sommaires des seize premiers tomes [liste des contributeurs], Départ des abonnements - Bas de Page [147] : Titre, Numéro, Date, Gérant - Page [148] : Imprimeur - Broché entre les pages [146] et [147], Cahier de 12 pages vertes, numérotées, pour les sept premières, et petit cahier de 18 pages marron broché entre les pages [2] et [3] du cahier vert, reproduisant la liste des abonnés : Page [1] (Titre : Liste des Abonnés à "Vers et Prose")  ; Page [2] (Titre, Sous-Titre, Rédacteur en chef littéraire, Directeur-Administrateur, Secrétaires de Rédaction, Secrétaire d'Administration, Mention : "Les manuscrits doivent être adressés à M. Julien Ochsé, 43, rue de Villiers, Neuilly-sur-Seine.", Sommaire du dix-septième tome [premier de la cinquième année]) ; Petit cahier marron (Pages [1]-10 : Première Liste / Abonnés à Vers et Prose / au 31 juillet 1906 ; Pages [11]-14 : Deuxième Liste / Abonnés à Vers et Prose / Août 1906-Novembre 1908 ; Bas de Page 14 : Titre, Sous-Titre, Année, Adresse, Directeur, Secrétaires, Secrétaire de l'administration, Liste des Fondateurs de "Vers et Prose" ; Page [15]-16 : Troisième Liste / Abonnés à Vers et Prose / Novembre 1908-Septembre 1909 ; Pages [17]-[18] : muettes) ; Pages [3]-7 (Notes) ; Page [a] (Encart publicitaire : "Bernard Grasset éditeur [dernières publications]") ; Page [b] (Encart publicitaire pour le Mercure de France [revue]) ; Page [c] (Encart publicitaire pour les Éditions du Mercure de France [œuvres de Francis Vielé-Griffin ; œuvres d’Émile Verhaeren] ; Encart publicitaire pour MORTCERF, Xe série des Ballades Françaises, par Paul Fort, aux éditions de Vers et Prose) ; Page [d] (Encart publicitaire pour Bibliothèques démontables "Etnalag" ; Chevrel, Libraire) ; Page [e] (Comptoir National d'Escompte de Paris) - Pagination : 148 pages + 12 pages du cahier vert + 16 pages du petit cahier marron]
Sommaire
William Shakespeare, Maurice Maeterlinck : Macbeth, tragédie [Traduction nouvelle de Maurice Maeterlinck - en bas de p. [5] : "Copyright by Maurice Maeterlinck, 1909." - p. [7]-11 : Notice de Maeterlinck] (p. [5]-40)
Henri de Régnier : Estampes : Elvire aux yeux baissés, poème (p. [41]-42)
Paul Margueritte : Marcel Lami, essai (p. [43]-47)
Stuart Merrill : La Leçon, poème [A Lucien Rion] (p. [48]-50)
Jacques-Émile Blanche : Charles Conder, essai (p. [51]-59)
Marcel Boulenger : Billet à Clitandre, lettre fictive (p. [60]-63)
Hugues Rebell : Trois poèmes : I. Le Retour des Dieux (p. [64]-65) ; II. J'entonne le chant d'indépendance (p. 65-66) ; III. C'était une ville de tombeaux... (p. 66), poèmes en prose (p. [64]-66)
Julien Ochsé : Poèmes : Nocturne (p. [67]-68) ; Le double miroir (p. 68-69) ; La mort du miroir (p. 69-70) ; Les promeneuses (p. 70-72) ; L'homme aux carreaux (p. 72), poèmes (p. [67]-72)
Hugo von Hofmannsthal : Elektra, drame en deux tableaux, drame [en note : "Voy. Vers et Prose, t. XII, XV et XVII." - Adaptation de Paul Strozzi et Stéphane Epstein] (p. [73]-88)
Louis Mandin : La Barque nocturne, poème (p. [89])
Maria Star : La Bretagne, poème en prose (p. [90]-91)
Guillaume Apollinaire : L'Obituaire, poème en vers libres (p. [92]-98)
Louis Thomas : Fumées : Verlaine (p. [99]-100) ; Vieillir (p. 100-101) ; Strophe (p. 101) ; Le Temps (p. 101-102) ; Les Anonymes (p. 102), réflexions (p. [99]-102)
André Salmon : La Légende de Stuart Merrill Chevalier-errant, conte (p. [103]-110)
René Arcos : Sur la Tragédie des Epaces, poème en vers libres [en note : "Le paroxysme humain (fragment)."] (p. [111]-113)
Pierre Tournier : L'Illusion (p. [114] ; Mythologie (p. [114]-115) ; Le Sommeil (p. 115) ; L'Endormie (p. 116), poèmes (p. [114]-116)
Milos Marten : ŒUVRES : Sur l’œuvre d’Émile Bernard, essai [Reproduction en hors texte de quatre tableaux du peintre : "Les Amateurs" et Le Repos" entre les p. 122 et 123, "L'Automne" et "Après le Bain" entre les p. 126 et 127] (p. [117]-128)
Elsa Koeberlé : Chants : "Au flanc des monts, le mois qui mûrit les olives..." (p. [129] ; "L'olive qui mûrit au versant des collines..." (p. [129]-130) [daté "San Remo"] ; "Puisque tu l'aimais tant, cette douceur des soirs..." (p. 130) ; "Le soleil, chaviré derrière les remparts..." ; "Je serre contre moi le tendre paysage..." (p. 131) ; "Les bœufs sont rentrés des champs..." (p. 132) ; "Un peuplier s'élançait..." (p. 132-133) ; "Quand je te retrouve, bien-aimée, ô solitude..." (p. 133) ; "Nous n'avons rien autant aimé..." (p. 133-134) ; "Lorsque dans ton jardin les roses remontantes..." (p. 134), poèmes (p. [129]-134)
Maurice Breton : Le Paradis de l'Islam (Impressions du Bosphore), récit de voyage (p. [135]-140)
Lucien-Paul Thomas : La Jonchée d'Amour, poème en prose [A Paul Fort] (p. [141]-142)
Guy-Charles Cros : Poèmes : Ce cœur vaincu... ; Scherzo héroïque (p. [143])
Paul Fort : Ballades : Ophélie ; Hamlet (p. [144]) ; Le roi Claudius (p. [144]-145) ; Le Seigneur Fortinbras (p. 145), poèmes en prose (p. [144]-145)
Julien Ochsé, J.-G. Prod'homme, Tancrède de Visan, Louis Mandin, René Arcos : Notes [La Nuit de Saint-Wandrille. - On a souvent et partout donné des fêtes de nuit dont quelques rares ont été belles, et beaucoup ridicules ; mais nul n'avait jamais songé à faire vivre dans un véritable décor humain, devant des spectateurs invisibles, une œuvre dramatique comme Macbeth, rendue plus merveilleuse encore par la traduction d'un Maeterlinck, plus émouvante, plus proche et plus terrible par le génie dramatique d'une Georgette Leblanc... - signé Julien Ochsé ; Jean Dolent. - Le Mercure de France annonce en ces termes la mort de notre grand et cher maître Jean Dolent : "Un des plus précieux esprits de ce temps, Jean Dolent, est mort, le 31 août..." ; Macbeth. - Le texte de l'admirable traduction de Maurice Maeterlinck, que nous donnons dans ce numéro, est le texte définitif. L'Illustration théâtrale en a dernièrement publié une première version, mais non complète. ; Images d'Enfants, par Gabriel Fabre. - Cette suite charmante de six pièces de piano n'est pas, comme le titre pourrait le faire croire, une série de pages faciles pour petites mains... - signé J.-G. Prod'homme ; André Gide. - Chaque livre du grand écrivain poète et analyste André Gide est un événement parmi l'élite intellectuelle de notre temps. La puissance d'évocation, le charme de sincérité et, par-dessus tout, une pensée vivante, extrêmement inquiète et nuancée, ont placé l'auteur de Paludes à la tête de ces jeunes hommes qu'il nous plaît de célébrer en secret, comme on déguste en cachette un bon fruit ou comme on évoque, à certaines heures tendres, un souvenir palpitant. La Porte étroite qu'offre aujourd'hui à notre faim intellectuelle ce penseur un peu farouche et si doux qu'est Gide, prend pour thème ce verset commenté de Saint-Luc : "Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite."... ; Pierre Lasserre. - La librairie du Mercure de France qui s'honore à juste titre d'avoir édité le livre d'André Gide nous offre également un roman de M. Pierre Lasserre : Henri de Sauvelade. On sait le retentissement de la thèse de doctorat de M. Pierre Lasserre sur le Romantisme français. Il s'agit ici d'une délicate aventure qui a pour cadre la patrie de Francis Jammes... ; Victor Kinon. - M. Victor Kinon est avec le grand Maeterlinck, Max Elskamp, Thomas Braun et Ramaekers un des plus puissants poètes, mystiques et réalistes, tels que nous les façonnent les Flandres. L'Ame des Saisons est à la fois un poème intérieur d'une prière intense et une peinture évocatrice de la nature... ; D'autres poètes. - Signalons chez l'éditeur Sansot Ma meilleure pensée de J. Valcler et La Route douloureuse, d'Adrien Arennes, deux livres de poèmes ardents et très purs, d'inspiration classique et de rythmes un peu monotones. / A l'ombre des marbres de M. Jacques Nayral, paru chez Gastein Serge, puise dans l'histoire ou la légende sa veine lyrique, habile à faire surgir l'essence de la vie et aussi les rêves familiers. / Voici trois autres poètes qui prennent leur élan dans la pensée chrétienne. Ce sont Les heures d'amour de Mme Claire Virenque où le chant des Écritures revit tendrement ; l’Ecclésiaste de M. Henri Delisle, adaptation en vers du célèbre poème pessimiste qui domine l'humanité ; enfin la harpe mélodieuse de M. Simon Pocachard, Afin que le jour se lève, qui lance ses harmonies d'espérance et ses arpèges de lumière. - signé Tancrède de Visan ; Décors et Chants (Mercure de France). - Sous le nom de Sybil, Mlle Elsa Koeberlé avait déjà publié deux recueils remarquables. Dans son nouveau livre s'épanouit une inspiration variée... ; L'Esprit de M. de Talleyrand. - Luxueusement édité par les soins de Dorbon aîné, ce livre de M. Louis Thomas est un recueil de traits d'esprit un bouquet de feu d'artifice, aux rapides fusées, qu'on aime à voir du moment qu'on n'est pas dessous... ; Deux livres de G. Apollinaire. - M. Guillaume Apollinaire, qui n'est pas seulement un poète d'avenir, vient de publier (Bibliothèque des Curieux, 4, rue de Furstenberg), deux livres qui témoignent de ses travaux d'érudit. / L'un, L’Œuvre du divin Arétin, contient des traductions nouvelles et des morceaux traduits pour la première fois. [...] Dans l'autre livre, L’Œuvre du marquis de Sade, Apollinaire discute la vie et la mentalité de ce personnage... ; Livres récents. - La Chanson de Naples (chez A. Fayard), roman à la fois très sobre et très évocateur, où le talent d'Eugène Montfort atteint à sa perfection ; Images simples et ferventes, par Henri Strentz (édition de La Phalange), contes saisissants, parfois hallucinants ; Les Mignardises, plaquette de vers par Charles Moulié, premiers essais d'un jeune homme qui promet. ; Colette et Bérénice. - Cette petite étude, par Tancrède de Visan, est un fort intéressant parallèle entre les deux héroïnes de Maurice Barrès. (Bibliothèque de l'Occident.) - signé Louis Mandin ; A la Galerie Druet. - L'Exposition des tableaux du peintre Granzow aura lieu du 26 octobre au 6 novembre à la Galerie Druet, rue Royale. ; "La Joie vagabonde". - Paul Castiaux nous donne aujourd'hui, aux Éditions du Mercure de France : La Joie vagabonde. Parmi les sept ou huit poètes de la nouvelle génération, je parle de ceux que caractérise quelque originalité créatrice, Paul Castiaux occupe une place proche de Théo Varlet... - signé René Arcos ; La Poésie au Salon d'Automne. - [programme des conférences] ; René Arcos. - Nous apprenons que notre ami René Arcos, le poète de la Tragédie des Espaces, va faire incessamment une série de conférences sur la pensée et la poésie française, dans les principales villes d'Europe... ; Une nouvelle revue : "L'Art libre". - L'Art libre est fondé par des Jeunes, comme Joseph Billiet, son directeur, Paul AEschimann, Henry Andriot, Henry Béraud, Bernard Clotaire, Henry Dérieux, Louis Lenfant, qui composent son Comité de Rédaction et désirent participer, avec l'aide d'un bon nombre de collaborateurs, à la défense et à l'illustration de l'Art et des Lettres... ; Accusés de réception. - [liste des livres reçus] ; Les Paroles. - On n'a pas oublié le rôle qu'a joué, pendant les discussions et le vote de la séparation, la Revue rédigée par M. Jean de Bonnefon, sous ce titre : Les paroles françaises et romaines. Ce périodique, élégant, mordant et documenté, devient hebdomadaire sous ce nom abrégé : Les Paroles...] (p. [3]-7 du cahier vert)
Document
"A partir du mois d'Octobre..."
A partir du mois d'Octobre 1909, notre ami et collaborateur, M. Julien Ochsé, devient Rédacteur en chef littéraire de "Vers et Prose". En conséquence, les manuscrits devront lui être adressés personnellement, 43, rue de Villiers, à Neuilly-sur-Seine.

M. Paul Fort reste Directeur-Administrateur de notre recueil ; MM. Louis Mandin, Louis Thomas et Tancrède de Visan en sont les Secrétaires de rédaction et M. Robert Fort, de l'Administration.

Rien ne sera changé aux tendances générales de la revue ; mais un plus grand nombre de pages nous permettra de publier des œuvres de plus d'étendue.

M. Julien Ochsé recevra le Vendredi de 4 à 6 heures, 43, rue de Villiers (Neuilly), et, comme par le passé, M. Paul Fort priera les collaborateurs et les amis de "Vers et Prose" aux soirées du Mardi ("Closerie des Lilas").

Tout ce qui concerne l'Administration de "Vers et Prose" doit être adressé, 15, rue Racine, Paris, (VIe).
Références
  • Cercle d’Étude de Revues Littéraires en France, Bibliographie de "Vers et Prose", texte revu et publié par les soins de Kazutami Watanabe, Tokyo, France Tosho, 1972.
  • Vers et Prose sur PRELIA

samedi 31 août 2013

DOCUMENT : LETTRE DE MARCEL FROMENTEAU A GASTON PICARD (22 AVRIL 1913)

J'éprouve une sympathie particulière pour Gaston Picard, le Prince des Enquêteurs. Certes, son œuvre, bien inégale, n'a pas survécu aux coupeurs de têtes de l'histoire ; mais l'animateur de la vie littéraire, le polygraphe, l'insatiable interrogateur des gendelettres, le meneur de revues, bref, toutes les facettes du bonhomme Picard me le rendent attachant. Aussi n'ai-je pas hésité à acheter récemment un petit lot de lettres qui lui furent adressées par divers correspondants, essentiellement des rédacteurs en chef et des directeurs de publications périodiques, à diverses époques de sa vie. Elles ne revêtent pas un intérêt capital ; elles nous permettront cependant d'apporter un peu de lumière dans les coulisses de nos chères petites revues. N'est-ce pas là le principal but de cette rubrique "Documents" ?

La lettre de Marcel Fromenteau que je reproduis aujourd'hui met en valeur un aspect important de la vie des revues : leur souci de se constituer une collection de livres qui portât leur marque, voire de développer leur propre société d'édition. Et elles furent assez nombreuses, les petites revues qui se firent éditrices. Sans doute, était-ce là pour les jeunes collaborateurs, soucieux de se faire un nom et une bibliographie, et auxquels les grandes maisons étaient interdites, un bon moyen de publier ; sans doute, la constitution d'un catalogue permettait-il aussi aux petites revues d'élargir leur rayon d'influence et d'asseoir leur réputation. Tout cela, généralement à moindre frais pour les administrateurs, la plupart des livres édités l'étant à compte d'auteur ou à demi-compte. Tous y gagnaient. Les auteurs en publicité gratuite, les revues en notoriété ; les deux, en finances, en cas de succès commercial. Ainsi en fut-il pour le Mercure de France, la Revue Blanche, la Plume, la Nouvelle Revue Française, l'Ermitage - plus confidentiellement -, le Beffroi, la Phalange, les Rubriques Nouvelles, et bien d'autres, avec une réussite inégale. D'autres petites revues choisirent de développer une collection chez un éditeur d'avant-garde ; ce fut le cas de Vers et Prose, par exemple, chez Eugène Figuière. D'autres encore, moins importantes, se contentaient d'imprimer sous leur marque, pour se constituer un catalogue, des tirés à part d'articles initialement parus dans leurs livraisons. Ce fut le cas du Jardin Fleuri (1912-1921), dont Marcel Fromenteau était le rédacteur en chef. J'aurai l'occasion de mettre prochainement en ligne quelques billets bibliographiques consacrés à cette publication. En attendant, on lira avec intérêt la lettre que Fromenteau adressa à Gaston Picard au sujet de l'édition d'une plaquette de ce dernier :
Paris, 22 avril 1913
Mon cher ami,
Je suis allé hier chez notre imprimeur au sujet de l'édition de votre plaquette. Comme je le pensais, il n'entre pas du tout dans la combinaison des 17,50 fr., ce prix ayant été fixé pour les éditions à part des articles du Jardin Fleuri ; c'est-à-dire des articles dont il a gardé les plombs, la composition n'entre donc plus en compte.

Pour éditer votre plaquette, il demande 25 fr. ; seulement si vous trouvez cela trop cher (probablement moins cher qu'à Paris cependant) j'accepterais volontiers vos poèmes  pour notre revue, vous n'auriez alors que 17,50 fr. à payer comme il est indiqué à nos pages d'annonces.

De plus, si nous éditons votre plaquette, voudriez-vous que nous mettions sur la couverture, Édition du Jardin Fleuri, et notre adresse.

Écrivez-moi sur ce que je dois faire.
Bien vôtre
MarcelFromenteau
Caporal
24e section de Commis
Vincennes
Dans ses pages d'annonces, en tête de numéro, Le Jardin Fleuri indiquait en effet aux auteurs se charger "de l'impression des brochures ou volumes, à des prix très réduits", au format "journal in-16 jésus, 19 x 12". L'imprimeur de la revue était alors F. Paturel, domicilié 48, avenue Aubert à Vincennes. "Une très grande publicité sera faite pour chacun des ouvrages que l'on voudra bien lui confier", lit-on un peu plus loin. Gaston Picard, qui dirigeait alors L'Heure qui Sonne, à laquelle Fromenteau devait faire le service de sa revue, fut probablement tenté par les conditions avantageuses d'édition proposées par Le Jardin Fleuri. L'auteur accepta-t-il de donner ses poèmes à la revue avant que de les faire éditer ? Son nom n'apparaît pas dans les numéros en ma possession, mais ils sont trop peu nombreux pour conclure dans un sens ou dans un autre. Toujours est-il que la plaquette, intitulée Quatre Figures de Cirque, parut et qu'elle porte sur le premier plat la mention : "Se trouve chez l'Auteur [...] Et aux Bureaux de la Revue : LE JARDIN FLEURI".
Les 17,50 fr. mentionnés par Fromenteau correspondent dans la grille des Tarifs donnée par la revue à l'impression à 250 exemplaires d'un tiré à part de 8 pages. La plaquette de Picard, hors la couverture, compte 12 pages, dont seules huit comportent du texte, les deux premières et les deux dernières étant des pages de garde.

vendredi 30 août 2013

VERS ET PROSE (TOME XVII) - AVRIL-MAI-JUIN 1909

Tome XVII (Avril-Mai-Juin 1909)
[Date de publication : Avril-Mai-Juin 1909 - Couverture : Imprimée en noir sur papier vert (Titre, Épigraphe, Contributeurs du tome, Tome, Année, Date) - 2e de couverture : Sommaire ; Titre, Sous-Titre, Année, Adresse, Directeur, Secrétaires, Secrétaire de l'administration (Robert Fort), Abonnement et modalités d'abonnement, Abonnement pour 2 ans, Abonnement pour 3 ans, Mention ("Le numéro I de "Vers et Prose" (édition ordinaire sur simili-hollande) se vend à part au prix de douze francs.") - 3e de couverture : muette - 4e de couverture : Imprimeur - Page [1] : Page de Titre - Page [2] : muette - Page [3] : Faux-titre (reprend les mentions de la couverture) - Page [4] : muette - Bas de Page [124] : Directeur-Gérant Cahier de 12 pages vertes, numérotées, pour les sept premières, en fin de numéro, et petit cahier de 16 pages marron broché entre les pages [2] et [3] du cahier vert, reproduisant la liste des abonnés : Page [1] (Titre : Liste des Abonnés à "Vers et Prose")  ; Page [2] (Abonnements) ; Petit cahier marron (Pages [1]-10 : Première Liste / Abonnés à Vers et Prose / au 31 juillet 1906 ; Pages [11]-14 : Deuxième Liste / Abonnés à Vers et Prose / Août 1906-Novembre 1908 ; Bas de Page 14 : Titre, Sous-Titre, Année, Adresse, Directeur, Secrétaires, Secrétaire de l'administration, Liste des Fondateurs de "Vers et Prose" ; Page [15] : Troisième Liste / Abonnés à Vers et Prose / Novembre 1908-Juin 1909 ; Page [16] : muette) ; Pages [3]-7 (Notes) ; Page [a] (Encart publicitaire pour Bibliothèques démontables "Etnalag" ; Encart pour les Éditions du Mercure de France [œuvres de Henri de Régnier]) ; Page [b] (Encart pour Bibliothèques / Essai sur le développement des bibliothèques publiques et de la librairie dans les deux mondes, d'Eugène Morel, aux éditions du Mercure de France) ; Page [c] (Encart publicitaire pour Bernard Grasset, éditeur [dernières publications]) ; Page [d] (Comptoir National d'Escompte de Paris ; Chevrel, Libraire) ; Page [e] (Compte rendu de l'Assemblée Générale des Actionnaires du Comptoir National d'Escompte, du 1er avril) - Pagination : 124 pages + 12 pages du cahier vert + 16 pages du petit cahier marron]
Sommaire
Jean Moréas : Verlaine, essai (p. [5]-9)
Francis Jammes : Lettre à V. D..., prêtre au sujet d'Emmanuel Delbousquet, poème [daté "Juin 1909"] (p. [10]-11)
Émile Verhaeren : Conseil, poème (p. [12])
Hugues Rebell : Je demande des hommes, poème en prose (p. [13])
Robert de Montesquiou : Poèmes : I. La Chambre Natale (p. [14]) ; II. La Rose (p. [14]-15) ; III. La Rosée (p. 15) ; IV. L'Apaisement (p. 16) ; V. L'Amulette (p. 16-17) ; VI. Les Deux Flacons (p. 17) ; VII. Vers pour la Beauté (p. 18) ; VIII. Le Reproche (p. 18-19), poèmes (p. [14]-19)
Paul Fort : Ile-de-France : Vélizy [A Henri de Régnier] : L'Abreuvoir ; II. La Nuit bleue ; III. Dialogue nocturne (p. [20]) ; IV. L'Heure mystique ; V. L'Aurore (p. 21) ; Nemours [A André Rouveyre] : I. Sceau d'argent, Lys royal (p. 21-22) ; II. Ou Rose musicale... ; III. Horizons ; IV. Le Marché (p. 22) ; V. Le Musée ; VI. Le petit Rendez-vous (p. 23) ; VII. L'Exil (p. 23-24) ; VIII. Paresse matinale (p. 24) ; IX. L'Automne (p. 24-25) ; X. La Neige ; XI. Il reviendra ; XII. Hymne à Nemours (p. 25) ; Recloses [A Guillaume Apollinaire] (p. 26-28), poèmes en prose (p. [20]-28)
Sébastien-Charles Leconte : Loisirs de Spectre, poème (p. [29]-30)
Maurice de Faramond : Ode au sujet de la plus belle femme / Hélène, poème (p. [31]-33)
Robert-Louis Stevenson : A la Pagaie : Au fil de l'Oise / En Route pour Moy (p. [34]-37) ; La Fère de maudite mémoire (p. 37-41), récit de voyage [en note : "Voir les Tomes VI, VIII et XIII de Vers et Prose." - Traduit de l'anglais par Lucien Lemaire] (p. [34]-41)
Marguerite Gillot : Le Passé, poème [en épigraphe, citation de Henri de Régnier : "Jusqu'à l'heure où viendra quelqu'un qui soit mon frère." - en note : "Poème primé au 'Concours de l'Odéon'."] (p. [42]-43)
Jules Romains : A la Foule qui est ici, poème [en note : "Poème primé au 'Concours de l'Odéon'."] (p. [44]-46)
Émile Cottinet : Dimanches, poème [A Marcel Rieu]  (p. [47]-49)
Louis Lormel : Une âme d'enfant : Le Mont-Hulin [A Edmond Pilon] (p. [50]) ; L’Église [A Lucien Dutilleul] (p. [50]-51) ; L’Étang [A Albert de Bersaucourt] (p. 51-52) ; La Grange (p. 52) ; La Cabane [A Henri Clouard] (p. 52-53) ; Maison des Champs [A André Dutilleul] (p. 53-55) ; Déjeuner funèbre [A mon frère] (p. 55-56), poèmes en prose [en note : "Voy. Vers et Prose, t. XV et XVI."] (p. [50]-56)
Charles Vildrac : Une Auberge, poème en vers libres (p. [57]-60)
Tancrède de Visan : ŒUVRES : Sur l’œuvre d'Albert Mockel, essai (p. [61]-85)
Hugo von Hofmannsthal : Elektra, drame en deux tableaux, drame [Deuxième tableau - en note : "Voy. Vers et Prose, t. XII et XV" - A suivre ("La fin du drame sera publiée dans le prochain numéro de Vers et Prose") - Adaptation de Paul Strozzi et Stéphane Epstein] (p. [86]-95)
Julien Ochsé : Conférence sur l’œuvre d'Henri de Régnier, conférence [en note : "Au Théâtre des Arts, le 12 mai 1909 ; avec le concours de Mme Jules Martin et de Mlles Blanche Albane et Miriam Deroxe."] (p. [96]-122)
Joseph Billiet : Orgueil, poème (p. [123]-124)
Louis Mandin, T[ancrède]. de Visan, G[eorges]. Chennevière : Notes [Recueils de poèmes. - Parmi les recueils publiés récemment, il convient de citer Les Exils, poèmes puissants du jeune poète Lemercier d'Erm ; Trois Années, vers intimes et harmonieux de Francis Eon ; Les Lévriers, plaquette où Léo Loups, préfacé par J.-A. Nau, revêt de richesses verbales ses très originales visions ; La Pâque des Roses, de Touny-Lerys, pour lequel Francis Jammes a écrit ces lignes charmantes... - signé Louis Mandin ; Les Heures claires. - La fécondité lyrique de notre grand Verhaeren semble inépuisable. Les Heures claires éditées au Mercure de France respirent la joie calme et le doux apaisement des sens. Verhaeren s'y révèle poète naïf... ; Thrène pour le Président Lincoln. - Francis Vielé-Griffin a donné aux éditions de l'Occident un puissant poème inspiré d'un chant de Whitman en l'honneur du Président Lincoln. Il ne s'agit pas d'une traduction, mais d'une transposition, ce qui, lorsqu'il s'agit de faire goûter les beautés d'une ode d'une langue étrangère, est encore la meilleure façon de traduire... ; L'âme des temps nouveaux. - Le beau poète mystique qu'est Édouard Schuré vient de donner chez Perrin un livre de poèmes qui est, on peut dire, le testament lyrique d'un grand initié... ; Entre l'Heure et la Faux. - Les poèmes que voici, édités chez Sansot, nous frappent par leur raccourci et la maîtrise de l'artiste qui les conçut. M. Julien Ochsé a des songes grandioses où s'enferme son âme vibrante de mélancolie... ; Crépuscules d'Amour. - Voilà l'adieu aux plus fraîches, aux plus naïves émotions d'amour que caresse, une fois encore, avant d'entrer dans la vie, un jeune homme. D'où le titre Crépuscules d'Amour que M. Georges Batault a donné à son premier livre de vers paru à l'Occident... ; Nos amis les Belges. - La jeune Flandre littéraire a toutes les qualités de sa race, énergique et laborieuse. Forte d'un bel enthousiasme elle nous communique sans cesse en des chants sa joie, sa lumière et son mysticisme. / Maurice Gauchez est un écrivain fécond. Encore tout jeune il ne prend le temps de se reposer de ses vers qu'en écrivant des livres de critique. Les Symphonies voluptueuses sont de fougueuses orchestrations sur le thème de la Beauté contemplée à travers les créatures et les choses de la terre. Le Livre des Masques belges avec des dessins de Franz Gaillard analyse la physionomie intellectuelle et morale des principaux écrivains des Flandres. / Ces Flandres sont à la fois le pays de la couleur et la région de l'idéalisme religieux. Si Maurice Gauchez représente la première attitude, Pierre Nothomb et Georges Ramaekers incarnent la seconde. L'Arc-en-ciel de Pierre Nothomb est le pont tendu de la terre à l'azur. [...] / Georges Ramaekers est un des trois ou quatre plus grands poètes mystiques de la Belgique catholique. Son Chant des trois Règnes décrit les beautés de la liturgie, le sens symbolique de la nature, la splendeur de Dieu contemplée à travers le monde habité... ; Autres livres. - A signaler chez Sansot l'apparition de Segomar de Camille Santerre, sorte de poème épique suivi de poésies diverses d'un ton plus apaisé ; et le Miroir de l'Heure d'Albert Thomas. Ce recueil de vers posthumes nous fait regretter la perte d'un poète touchant, plein de grâce et de mesure. / Le Beffroi publie également un livre posthume de Georges Philippe : Les Jardins de Bade descriptions en prose de paysages allemands et charmants essais sans prétention. / Le Dernier chant de l'Intermezzo de Jacques Dyssord a paru chez Bernard Grasset. L'esprit ironique et douloureux de l'auteur, fidèle disciple du romantisme, se meut à travers le pathétique de l'heure et, par delà des attitudes conventionnelles, s'efforce à son expression vraie. / Le livre de M. Francis Eon édité par les soins de la revue Le Divan s'intitule simplement : Trois années. Il s'agit de courts poèmes écrits entre 1905 et 1908, séances légères, odes fluides, émois fixés dans une forme musicale et bien aérée. ; Une étude sur Louis Le Cardonnel. - Notre collaborateur et ami Albert de Bersaucourt a fait cette année une conférence sur Louis Le Cardonnel. Cette étude vient de paraître en brochure et s'impose comme un des meilleurs travaux de critique inspirés ces derniers temps par l’œuvre du grand lyrique chrétien... - signé T. de Visan ; Jules Romains. Premier Livre de Prières (Édition de Vers et Prose). - Il s'agit d'un mystère étranger à tout dogme, sans rites, mais perçu. Ce n'est plus l'inconnu nommé, mais du connu que je consacre, ému par ceci de mystérieux qu'il soit... - signé G. Chennevière ; Concours de poésie de l'Odéon (2 juin). Les Résultats. - [liste des 13 poèmes primés] ; Akademos. - Sommaires des deux premiers numéros... ; Accusé de réception. - [liste d'ouvrages reçus] ; Lire : la Phalange, Poesia, le Feu, Floréal, l'Occident, Poésie, la Rénovation Esthétique, la Revue Française, le Thyrse, Durendal, la Voile Latine, la Société Nouvelle, Wallonia, le Beffroi, l'Ame Latine, les Argonautes, la Gazette Aptésienne, le Banquet, Les Visages de la Vie, Les Paroles, les Entretiens Idéalistes, les Marges, la Critique Indépendante, le Divan, la Revue Mosane, Gazette Littéraire, la Voile de Pourpre, les Guêpes, la Renaissance Tragique, la Flamme, le Témoin. ; Isis, revue mensuelle, troisième année... ; Dans le prochain numéro de "Vers et Prose", une Étude sur Émile Bernard.] (p. [3]-7 du cahier vert)
Document
"Billet inséré dans le tome XVII"
Références
  • Cercle d’Étude de Revues Littéraires en France, Bibliographie de "Vers et Prose", texte revu et publié par les soins de Kazutami Watanabe, Tokyo, France Tosho, 1972.
  • Vers et Prose sur PRELIA

jeudi 29 août 2013

POÈME & DRAME vol. VII - JANVIER-MARS 1914

Vol. VII (Janvier-Mars 1914)
[Date de publication : Janvier-Mars 1914 - Couverture : Imprimée en noir sur papier jaune (Titre, Sous-Titre, Année de fondation, Contributeurs, Dessin figurant Atlas soutenant le monde, Série, Numéro, Date, Éditeur, Année - 2e de couverture : Titre, Sous-Titre, Année de fondation, Série, Numéro, Date, Sommaire, Adresse - 3e de couverture : Titre, Programme et But (Extrait du Bulletin N° 1. - Octobre 1912), A paraître - 4e de couverture : Titre, Sous-Titre, Périodicité, Diffusion (Paris, Londres, Bruxelles, Berlin, Pétersbourg, New-York, Vienne, Rome, Madrid, les Capitales et Centres d'Art du Monde Entier), "Ont collaboré à Poème & Drame : [liste]", "Collaboreront aux volumes prochains : [liste]", Direction et Secrétatiat ("Tous manuscrits, volumes, correspondance et communications doivent être adressés au Secrétariat : 7, rue de la Tour, Paris-Passy. / Réception : le Samedi de 3 à 7 heures"), Abonnement, Adresse (Administration), Imprimeur - Page 79 : Pour paraître / Juin 1914 / Dans les Éditions M. Mouillot et Cie / LE SACRE DU PRINTEMPS / Drame Synodique / D'après W. Nijinsky et I. Strawinsky / par Sébastien Voirol... - Page 80 : Pour paraître : / 15 Octobre 1914 / LA TERRESTRE TRAGÉDIE / sixième chant / L'UNIVERSEL POÈME / ORPHEIDE... - Page 81 : Pour paraître : / Octobre 1914 / La Révolution esthétique moderne / III / Du Lyrisme à l'Orphisme / Vision pandramatique du monde nouveau (1912-1914) / Recueil d'études publiées et d'études inédites, résumant les débats provoqués par Poème & Drame, sur la révolution esthétique moderne, l'art poétique d'un idéal nouveau et le Rythme Simultané. - Avec suite documentaire : opinion des artistes, poètes, critiques, revues ; polémiques et notes, etc. ; [liste des œuvres de Barzun] - Page 82 : Annonces (POETRY and DRAMA / Anciennement "The Poetry Review" / fondée en 1912... ; Vient de paraître : Anthologie des poètes nouveaux... ; Contemporary French Poetry / by F. S. Flint...) - Page 83-84 : Table de la Première Série - 1912-1913 - Six Volumes, 450 pages - Page 84 : Annonces ("Die Aktion" / Revue de littérature et d'art - Berlin / 3e année - numéro spécial - 15 Septembre 1913 / Anthologie des jeunes poètes français... ; "Vers et Prose"...) ; La Jeune Poésie Anglaise ("La Conférence de H.-M. Barzun sur la Jeune Poésie anglaise et la "Libre Abbaye" de Poetry and Drama, faite au Xe Dîner des Artistes de Passy, le 30 septembre 1913, sera ultérieurement publiée dans Poème & Drame...) ; Poème & Drame (voir document ici) ; Directeur-Gérant - Pagination : 84 pages]
Sommaire
Poème & Drame : Pour la Rénovation esthétique moderne / Notre contribution - Notre attitude  [daté "Janvier 1914"] (p. [3]-6)
Georges Polti : Synthèse d'Occident / L’Ère du Drame, essai (p. [7]-10)
Émile Vuillermoz : Les conquêtes de l'art musical / La Musique poly-harmonique, essai [précédé du chapeau introducteur suivant, signé P[oème]. & D[rame]. : "Un jeune musicien français, Alfred Casella, inaugure la Musique "Poly-Harmonique" par la Simultanéité harmonique et contrapuntique : superposition des successions harmoniques, et superposition des accords. / Au delà du Sacre du Printemps, La Nuit de Mai marque une date pour la Musique Française. Ainsi le proclame Émile Vuillermoz, Critique attitré du Symbolisme debussyste, et défenseur de la musique novatrice." - reprise de l'article "La Musique au Concert", Comœdia, 30 mars 1914] (p. [11]-15)
Albert Gleizes : Portrait d'un éditeur (Salon d'Automne, 1913), reproduction de tableau [la reproduction figure en hors texte en regard de la page [16] où est indiqué le titre] (p. [16])
F. Mac-Delmarle : Quelques notes sur la Simultanéité en Peinture, essai [daté "Paris, 6 mars 1914"] (p. [17]-21)
R. Duchamp-Villon : L'Architecture et le Fer, essai [daté "Novembre 1913"] (p. [22]-29)
Henri-Martin Barzun : Après le Symbolisme / L'Art poétique d'un Idéal nouveau / Revue de l'esthétique dramatique / Les Poètes, les Artistes, les Critiques, les Revues et le Rythme Simultané, revue de presse [précédé du chapeau introducteur suivant : "La publication faite dans le précédent volume de Poème & Drame (Septembre-Octobre 1913) de trois fragments empruntés aux poèmes orphiques de Sébastien Voirol (le Sacre du Printemps), Fernand Divoire (Exhortation à la Victoire) et Barzun (l'Universel Poème), a provoqué, selon notre espoir, de très vives controverses entre les adversaires et les défenseurs de l'esthétique simultanée. / A mesure que les jugements exprimés de part et d'autre nous seront connus, nous continuerons à les enregistrer sous cette rubrique, à condition qu'ils aient un caractère nettement critique, susceptible d'accroître la valeur, la dignité et la portée du débat. / Nous écarterons, bien entendu, de cette sélection documentaire, les attaques contre les personnes, les argumentations falsifiées et les affirmations mensongères dont les récentes manifestations, inspirées par l'impuissance ou la mauvaise foi, ont été spontanément condamnées par l'opinion poétique." ; "Dramatisme" et "Simultanéisme" (article de Florian-Parmentier paru dans La Littérature et l’Époque, 15 octobre 1913) - p. [30]-33 ; Mercure de France (compte rendu de Charles-Henry Hirsch paru dans la "Revue des Revues" du 16 janvier 1914) - p. 34 ; Les Écrits Français (articles de Roger Allard et de Henri Vandeputte parus dans le n° du 15 février 1914) - p. 34-35 et p. 35 ; Chronique de Londres (article de Richard Aldington paru dans The New Free Woman du 15 décembre 1913, et traduit par Barzun) - p. 35-36 ; Lettre de Berlin (extrait d'un article de Amayrol-Grander paru dans Sambre-et-Meuse [Namur] du 15 février 1914) - p. 36 ; Le Désarroi artistique (extrait de l'ouvrage de M. Alphonse Séché, Le Désarroi de la Conscience française, Ollendorff, édit., février 1914, p. 30, 31, 32) - p. 36-37 ; Literarisches Echo, Berlin (article de F. Schottoefer paru dans la revue berlinoise de février 1914 et traduit par Sébastien Voirol) - p. 38 ; Frankfurter Zeitung (extrait du "feuilleton littéraire" de la revue paru dans le n° du 26 février 1914) - p. 39 ; Barzun au Théâtre (articles parus dans la rubrique "Les Lettres" de Paris-Journal, 24 février 1914, et signé "Les Treize", dans L'Intransigeant du 25 février 1914) - p. 39-40 et p. 40 ; La Transformation du Lyrisme / Du Descriptif à l'Impressif (Extraits d'un article de Barzun, publié dans Paris-Journal, du 16 décembre dernier, en réponse à une critique parue précédemment.) - p. 40-43] (p. [30]-43)
Carlos Larronde : Les Nouvelles Compagnies d'Art / Le Théâtre Idéaliste, essai [précédé du chapeau introducteur suivant : "Nous avons précédemment publié l'appel lancé par M. Jacques Copeau en faveur du Théâtre du Vieux-Colombier. / Pour être parfaitement équitables, autant que pour encourager dans la mesure du possible l'effort tenté dans un but parallèle de rénovation dramatique, nous insérons avec plaisir la notice documentaire suivante, relative à l'initiative antérieure du Théâtre Idéaliste."] (p. [44]- 46)
Sébastien Voirol : "Le Sacre du Printemps", drame synodique et l'Opinion, revue de presse commentée par l'auteur [articles parus dans La Vie du 6 décembre 1913 (p. 48-49), L'Intransigeant du 26 décembre 1913, sous la signature des "Treize" (p. 49), Le Temps du 21 janvier 1914, sous la signature de Paul Souday (p. 50), Comœdia, sous la signature de Henri Bachelin (p. 51-57) ; et la réponse de Voirol à ce dernier qui parut dans Comœdia du 13 janvier 1914 (p. 57-59)] (p. [47]-59)
Henri-Martin Barzun : La Polyrythmie poétique et ses adversaires / Échec à des arguments sans valeur, essai (p. [60]-69)
*** : Bulletin International des Arts / Idées & Faits - Documents & Manifestations [Dans les Revues. - Le premier numéro de la très intéressante revue : Les Écrits Français (décembre 1913) contient quatre poèmes inédits de Rudyard Kipling, dont l'un, intitulé Le Chant des Cités, est aux portes de la polhymnie simultanée... ; Dans L'Universel Poème, Barzun a fait également s'exprimer des villes, selon le principe de la voix directe créée par la personnalisation et l'identification des présences, êtres, forces, collectifs, etc... ; De Montjoie, janvier-février 1914 : "... On peut comprendre enfin que la Prosodie, l'Harmonie, le Contrepoint devaient aboutir à la Polyrythmie amélodique qui exalte l'inspiration de nos Poètes et de nos musiciens..." / Nous sommes tout heureux de voir Canudo et Montjoie arriver le 9 février 1914 aux conclusions de Poème et Drame, formulées depuis plus d'un an... ; D'ailleurs, cette terminologie passe quotidiennement dans le langage de la critique poétique à l'instant même où elle nous combat... ; La Phalange héroïque s'accroît... - Parmi les Poètes de notre génération qui, méditant sur la rénovation poétique, examinent avec impartialité l'esthétique polhymnique au lieu de s'en moquer ou d'en médire, Richard Aldington, jeune poète de Londres, mérite une mention particulière... / A Paris, Albert Verdot qui, naguère, fut hanté par le problème de la technique poétique, nous a fait connaître la sympathie qu'il porte à nos réalisations simultanées... / Louis Mandin s'est également résolu à tenter avec nous la belle aventure... / Fernand Divoire, qui se surprit à transposer si aisément du lyrique à l'orphique sa belle Exhortation à la Victoire, compte, après avoir terminé le cycle de ses poèmes actuels, s'adonner plus complètement aux mystères de la polyrythmie.... / Enfin, Georges Polti a voulu nous assurer l'adhésion de son hautain esprit par cette lettre critique, adressée à Barzun, et dans laquelle il exprime la propre attitude de son œuvre en regard du principe nouveau... ; Musique et Critique. - Nous apprenons avec le plus vif plaisir que Strawinsky prépare dans le silence de sa retraite actuelle une grande composition musicale appelée à renouveler en l'aggravant, la lutte suscitée par le Sacre du Printemps au cour de la saison dernière... / Puisque nous parlons de Stawinsky, reproduisons, pour certains critiques de la célèbre école : Précision, Ordre et Prudence, cette note empruntée à M. René Chalupt, définissant l'art du jeune maître russe si discuté, dans La Phalange, du 20 février 1914 : ... ; La Foi qui agit. - Alexandre Mercereau est de retour de Prague où il a organisé fin février dernier, à la demande de l'Association Artistique Tchèque, une exposition internationale du mouvement cubiste et des manifestations picturales et plastiques apparentées à cet art... / Orphisme, cubisme, simultanisme, synchronisme battent leur plein au trentième Salon des Indépendants. Et parmi tant de hardis pionniers de l'art pictural - aux concepts particuliers desquels nous entendons laisser toute leur rivalité créatrice - nous sommes heureux de saluer indistinctement et d'encourager nos camarades... / M. Harold Monro, directeur de notre confrère anglais : Poetry and Drama, fondé le 1er mars 1913, à l'exemple de Poème et Drame, a demandé à Barzun, lors de son dernier séjour à Londres, une conférence sur l'art poétique simultané... / M. Jacques Copeau ayant, non sans adresse, sollicité l'opinion impartiale des Poètes et des Artistes sur la tentative de rénovation théâtrale qu'il entreprend, nous publierons prochainement une étude critique au sujet des nouvelles compagnies d'Art : Théâtre Idéaliste et Théâtre du Vieux-Colombier... ; Les tentations dangereuses. - "MM. Ghéon et Vielé-Griffin essayèrent l'autre soir de lire en chœur des poèmes écrits en "rythmes simultanés" selon la formule de M. Barzun. L'invention a passé le détroit et Poème et Drame publiera un poème simultané anglais, de M. Richard Aldington. On sait que les poètes simultanés écrivent pour plusieurs voix parlant en même temps." Ainsi s'expriment Les Treize (3 janvier 1914), dont la vigilance et la sympathie intransigeantes arrachent aux poètes tous leurs secrets. Leur apprendrons-nous qu'après MM. Ghéon et Vielé-Griffin, Rachilde et Willy ont fait des tentatives analogues tout récemment ?... / Auguste Perret, auquel nous devons le seul théâtre moderne de Paris, a éprouvé, à son tour, en architecte-constructeur scrupuleux, l'armature de la polyrythmie poétique... ; Soirées de Paris et d'ailleurs. - Plusieurs poètes nous ont demandé si certaines poésies publiées dans Les Soirées de Paris pouvaient s'apparenter à l'esthétique simultanée. Ni de près ni de loin, avons-nous répondu, car ce sont des images écrites successivement, même si leur auteur a pensé les traduire simultanément, ou en donner l'impression... / En réponse à de sévères jugements portés par la rumeur hostile contre M. Guillaume Apollinaire, nous sommes prêts à témoigner, en ce qui nous concerne, que ce distingué critique n'a jamais varié d'opinion, et que ses affirmations, même les plus audacieuses, sont absolument antistratégiques... ; Passy-Bruxelles-Francfort. - Poème et Drame remercie confraternellement la Vie, des échos répétés que cette intéressante publication consacre aux Dîners mensuels des Artistes de Passy... / La revue belge le Thyrse, que dirige depuis quinze ans à Bruxelles notre sympathique confrère Léopold Rosy, organisera fin mai un dîner amical en l'honneur du poète de la Terrestre Tragédie... / De la Francfurter Zeitung, 30 décembre 1913. - "Le Cinquantième anniversaire de la naissance de Richard Dehmel n'est pas passé tout à fait inaperçu en France..." ; Poème et Drame. - Le prochain Atlas de Poème et Drame (vol. VIII, avril-juin 1914) paraîtra incessamment. / Il contiendra des œuvres de Henri Ghéon, V.-E. Michelet, Jean Royère, Fernand Divoire, Jean de Bosschère, Sébastien Voirol, Henri Guilbeaux, Richard Dehmel, A.-R. Schneeberger, W. Berteval, Johannès Schlaf, Barzun, etc. / Pour accroître le rayonnement international de cette publication et permettre son développement matériel, les services réguliers faits en 1913 à titre amical ou gracieux sont supprimés sans aucune exception, en dehors des services d'échange établis avec les principales Revues des Capitales et Centres d'art étrangers. / Poème et Drame n'étant pas mis en vente, des spécimen hors collection seront envoyés alternativement aux lecteurs anciens et nouveaux non encore souscripteurs. / Le prix de la Série de six volumes périodiques reste fixé à dix francs. / Nous prions donc instamment tous ceux que cette publication intéresse, de bien vouloir collaborer par leur souscription à l’œuvre de rénovation esthétique entreprise et défendue, depuis 1912, par Poème et Drame.] (p. [70]-77)
*** : Dîner des Artistes de Passy / Organisé par "Poème & Drame" (p. 78)
Document
"Pour la Rénovation esthétique moderne : Notre contribution - Notre attitude"
De toutes les publications de la génération nouvelle, Poème & Drame est la SEULE qui, se plaçant résolument APRÈS LE SYMBOLISME dans tous les Arts, et mettant définitivement l'esthétique Vers-libriste au Musée Classique, propose à l'Art Poétique une esthétique nouvelle de la forme, en laissant à toutes les sensibilités - groupées ou non en écoles - le libre choix d'une métaphysique, d'une foi, d'un idéal.
Et seule, jusqu'à ce jour, cette esthétique nouvelle de la forme a fourni la contribution de la POÉSIE, à la rénovation des Arts modernes, pour l'accomplissement de laquelle la PEINTURE, la MUSIQUE et la SCULPTURE ont déjà pris leur place de combat, ont affirmé leur volonté créatrice, ont accepté toutes leurs responsabilités.
Aujourd'hui, la conjonction esthétique des quatre arts - que Poème & Drame défend avec une ardeur égale - est réalisée par la proclamation de quelques principes essentiels qui donnent à chacun d'eux leurs plus précieuses certitudes d'avenir. En gardant leur liberté réciproque et leur originalité particulière, ils se sont engagés dans la grande croisade qui doit donner à l'art mondial un nouveau 1830.
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C'est dans cet esprit et dans cet unique but que, depuis 1912, Poème & Drame, précédé par les recherches et les découvertes de quelques-uns de ses pionniers, a convié librement les meilleures énergies poétiques de notre génération.
Mais quelques années d'expériences individuelles et de certitudes collectives ne sauraient suffire à préparer la victoire du XXe siècle.
Vingt ans de luttes, d’œuvres et de chefs-d’œuvre sont nécessaires. Envisager ce long effort, nous réjouir de son affirmation répétée, c'est condamner une nouvelle fois les écoles, les formules et l'art de tous les parasites qui monnayent à l'heure actuelle les esthétiques périmées du siècle précédent - puisqu'elles ont tout donné : leurs artistes et leurs œuvres - en se prétendant novateurs.
Affirmer notre foi en cette rénovation complète des formes, des canons et des principes constructeurs, issus du siècle nouveau, préparés par la sensibilité moderne, c'est nous montrer dignes de nos grands devanciers :
Refaire leur geste libérateur, OUI !
Copier ou recommencer leur art, NON !
Ainsi, et selon leur grand exemple, nous nous sommes inscrit nettement à notre tour contre toutes les versifications révolues par rapport à nous, en exigeant pour notre temps, comme ils l'exigèrent pour le leur :
UNE ESTHÉTIQUE NOUVELLE. - DE NOUVELLES LIBERTÉS.
Notre mot d'ordre résulte de cette attitude. N'imposant aucun scolisme, aucune métaphysique ou philosophie, aucun idéal, nous ne dénonçons que les adversaires de cette régénération de notre art, que les ennemis de la rénovation poétique, mais respectons le tempérament et l'indépendance de tous les chercheurs.
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En commençant avec Poème & Drame une nouvelle période de combat au seuil de 1914, nous nous refusons plus que jamais à toute concession, à toute compromission, à toute discussion même, avec ces adversaires.
Notre hostilité déclarée n'a donc rien qui vise les personnes, car sous les apparences sentimentales ou sociales, il n'y a, dans ce combat vital pour l'art, que trois attitudes possibles :
Celle des jongleurs, qui considèrent la poésie comme un jeu de bouts rimés ;
Celle des profiteurs qui demandent à la versification de les nourrir et de les palmer ;
Celle des créateurs, qui veulent débarrasser l'incessante création poétique de ce double parasitisme et aspirent à la liberté toujours plus conquérante de leur art.
C'est notre attitude.
Elle exige en outre la condamnation de tous les principes périmés - ayant donné leurs sèves et leurs fruits - car la mission des créateurs est d'ouvrir à la poésie des horizons sans cesse renouvelés, des possibilités indéfinies d'avenir glorieux.
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Ce n'est point par des appels impuissants à l'union poétique et à l'indulgente médiocrité, par des primes à la mutualité confraternelle, par des couronnes aux plus sages, par des banquets congratulatoires, que le conflit permanent de l'art et des époques peut être résolu pour la nôtre : c'est par un incessant combat dont la victoire de quelques principes - révélateurs de nouvelles synthèses - est le prix.
L'art, quel qu'il soit, vit de lutte et de liberté, non de paroles conciliatoires, non de satisfactions hiérarchiques. Il demande à ceux qu'il possède, le meilleur de leur vie même. Il ne réclame pas des danseurs platoniques, mais des missionnaires, des pionniers, des héros.
Laissons donc ceux qui jonglent avec des mots vides : scolisme, unionisme, renaissance, impérialisme, sentimentalisme - et toutes les orthodoxies, et toutes les règles.
L'art exige des hommes libres qui veuillent créer, non pour des fins utiles ou négociables, ou assimilables, mais pour la seule joie de créer, c'est-à-dire de se réaliser dans leur temps.
A chacun de définir son attitude, de choisir son camp, pour mesurer à son propre courage le mépris des offenses, de l'injustice et du péril.
Le XXe siècle est né : il commande impérieusement un art à sa taille. Efforçons-nous de compter individuellement - sinon parmi ceux qui seront dignes de le lui donner - du moins parmi ceux qui, l'ayant pressenti, prépareront avec foi son avènement et son triomphe.
Janvier 1914.
POÈME & DRAME