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jeudi 27 octobre 2016

L'OCCIDENT N° 109 - DÉCEMBRE 1910

L'OCCIDENT
N° 109 (Décembre 1910)
[Date de publication : Décembre 1910 - Couverture (imprimée en bleu/gris) : Numéro, Date, Titre, Illustration (arbre), Prix, Adresse de la Rédaction - 2e de couverture (imprimée en bleu) : Titre, Périodicité, Adresse de la Rédaction et de l'Administration, Secrétaire de la Rédaction, Mention ("Le Mardi, 9 heures à 11 heures du matin"), Mention ("Tous les manuscrits doivent être adressés au Secrétaire de la Rédaction"), Prix de l'Abonnement - 3e de couverture : muette - 4e de couverture : muette - Page [205] : Page de titre (Numéro, Date, Titre, Contenu ["Architecture, Sculpture, Peinture, Musique, Poésie"], SommaireAdresse - Page [206] : Memento [Livres reçus. (Liste). ; Bibliothèque de L'Occident. Viennent de paraître : LES ÉLÉMENTS, poëmes, par O.-W. Milosz... ; FIORETTI ou PETITES FLEURS DE SAINT FRANCOIS, traduites de l'italien par André Pératé... ; LE LIVRE DE L'ART ou TRAITÉ DE LA PEINTURE, par Cennino Cennini... ; DOLORINE ET LES OMBRES, poëmes par Jean de Bosschère...- Pages 245-246 : Tables des matières contenues dans le tome XVIII de L'Occident (Juillet-Décembre 1910) - Pages 247-248 : Table des noms d'auteurs ayant collaboré au tome XVIII de L'Occident - Bas de Page 248 : Gérant ; Imprimeur -  Pagination : 44 pages]
Sommaire
Adrien Mithouard : La gloire de la Loire, poème (p. [207]-211)
G. Jean-Aubry : Jean de Tinan ou l'inquiétude de la tendresse, étude [à Francis de Miomandre] (p. 212-225)
Ernest Champeaux, Henry Dérieux : Propos [Georges Ducrocq : La blessure mal fermée (Plon-Nourrit et Cie, Paris) - (p. [226]-231) - signé Ernest Champeaux ; Colette Willy : La Vagabonde (Ollendorff, Paris) - (p. 232-233) ; Jérôme et Jean Tharaud : La Maîtresse-servante (Emile Paul, Paris) - (p. 233-235) ; Valéry Larbaud : Fermina Marquez (Fasquelle, Paris) - (p. 235-236) ; Jean Giraudoux : L’École des indifférents (B. Grasset, Paris) - (p. 236-237) - signés Henry Dérieux], comptes rendus (p. [226]-237)
Fernand Passelecq : La dernière étape, nouvelle [A suivre] (p. 238-243)
*** : Notes [La révolte des maillotins. - Ah ! le ballet a l'esprit de corps. Les "grands sujets femmes" ont arboré le tutu de la révolte. Sans doute ces demoiselles ne se trouvaient pas assez d'avantages. Alors les petits sujets, qui sans doute en avaient aussi de se plaindre, ont déclaré : "Nous marchons." Et ils n'ont pas dansé. Ce fut la grève des jambes croisées... ; La crise du français. - Et voilà ! Pendant que les critiques dits d'avant-garde se coalisent contre Bérénice dont le très noble auteur leur semble impardonnable d'être un amateur, Monsieur Massenet qui n'en est pas un, il nous l'a bien prouvé, continue à nous conter sa vie, d'un ton abandonné où l'on devine la main qui pend...], notes (p. 244)

dimanche 23 octobre 2016

L'OCCIDENT N° 66 - MAI 1907

L'OCCIDENT
N° 66 (Mai 1907)
[Date de publication : Mai 1907 - Couverture (imprimée en bleu/gris) : Numéro, Date, Titre, Illustration (arbre), Prix, Adresse de la Rédaction - 2e de couverture (imprimée en bleu) : Titre, Périodicité, Adresse de la Rédaction et de l'Administration, Secrétaire de la Rédaction, Mention ("Le Mardi, 9 heures à 11 heures du matin"), Mention ("Tous les manuscrits doivent être adressés au Secrétaire de la Rédaction"), Prix de l'Abonnement - 3e de couverture : muette - 4e de couverture : muette - Page [209] : Page de titre (Numéro, Date, Titre, Contenu ["Architecture, Sculpture, Peinture, Musique, Poésie"], SommaireAdresse - Page [210] : Memento [Expositions. A la galerie Eug. Blot, 11, rue Richepanse, jusqu'au 15 juin, exposition d’œuvres de Camille Pissarro. ; Chez Bernheim jeune et Cie, 15, rue Richepanse, jusqu'au 15 juin, exposition d’œuvres de Bonnard, Maurice Denis, Hermann-Paul, G. Lacombe, Maillol, Ranson, K.-X. Roussel, Sérusier, Vallotton et Vuillard. ; Chez Devambez, 43, boulevard Malesherbes, jusqu'au 15 juin, exposition d’œuvres de Mlle Marie Bermond. ; Galerie Druet, 114, faubourg Saint-Honoré, jusqu'au 5 juin, exposition d’œuvres de Witold Wojtkiewicz. Conférences. Le dimanche 23 juin, la société Art et Science visitera l'église du Vésinet, sous la conduite de notre collaborateur Pierre Hepp, qui fera une causerie sur les fresques et l'oeuvre de Maurice Denis. ; Bibliothèque de L'Occident. Viennent de paraître : PARTAGE DE MIDI, drame en trois actes, par Paul Claudel... ; VOICI L'HOMME, par André Suarès... ; Pour paraître prochainement : LES MATINS LUMINEUX, poëmes, par Georges Ducrocq...- Bas de Page 264 : Gérant ; Imprimeur -  Pagination : 56 pages]
Sommaire
Raoul Narsy : J.-K. Huysmans, étude (p. [211]-215)
Adrien Mithouard : Faut-il faire suer les morts ?, polémique ["M. Ernest Charles m'invite à adhérer au projet Ajam lequel consiste à frapper d'un droit de 10 pour 100 les auteurs tombés dans le domaine public, afin de protéger les vivants contre "la concurrence des morts", - et à dire pourquoi..."] (p. 216-217)
Albert Cloüart : La Sainte aux Maisons [A Madame M. D.] (p. 218-221) ; Les Dicts de la Sainte : A Matines (p. 221-223) ; Laudes (p. 223-225) ; Prime (p. 225-226) ; Tierce (p. 226-229) ; Sexte (p. 230-231) ; None (p. 232-234) ; Vêpres (p. 234-238) ; Complies (p. 238-241) ; Oraison (p. 241), poèmes en vers libres (p. 218-241)
Jean-Marc Bernard : Stéphane Mallarmé et l'idée d'impuissance, étude [en épigraphe, citation d'Hérodiade de Stéphane Mallarmé : "Victime lamentable à son destin offerte."] (p. 242-247)
Legrand-Chabrier : Pièces pittoresques : Coucher de soleil sur la mer (p. 248) ; Naturelle indécision (p. 249) ; Papillon-Narcisse (p. 249-250) ; Dialogue d'arbres (p. 250) ; Une mort d'Ophélie (p. 250-251), poèmes en prose [en épigraphe, citation de Nietzsche : "... une sorte de musique de chambre de la littérature..."] (p. 248-251)
Alphonse Germain : François Guiguet, étude (p. 252-261)
L[ouis]. R[ouart]. Propos, compte rendu [Compte rendu de : Croquignole, par Charles-Louis Philippe (Charpentier, Paris),] (p. [262]-263)
*** : Notes [L'Incohérence officielle. - On peut lire dans une des dernières circulaires du Ministère de la Guerre relative aux réfectoires des casernes (16 mai) : "La superficie en sera calculée à raison de 70 centimètres cubes environ par homme." Notez qu'il n'est pas impossible de comprendre ce que cela veut dire... ; On envahit les pelouses. - Voilà Musset tombé dans le domaine public. Un éditeur diligent annonce la publication d'un "Musset des familles". / Mais comment un Musset serait-il mieux "des familles", que transformé en opéras-comiques ?...] (p. 264)

samedi 22 octobre 2016

L'OCCIDENT N° 25 - DÉCEMBRE 1903

L'OCCIDENT
N° 25 (Décembre 1903)
[Date de publication : Décembre 1903 - Couverture (imprimée en bleu/gris) : Numéro, Date, Titre, Illustration (arbre), Prix, Adresse de la Rédaction - 2e de couverture (imprimée en bleu) : Titre, Périodicité, Adresse de la Rédaction et de l'Administration, Secrétaire de la Rédaction, Mention ("Le Mardi, 9 heures à 11 heures du matin"), Mention ("Tous les manuscrits doivent être adressés au Secrétaire de la Rédaction"), Prix de l'Abonnement - 3e de couverture : muette - 4e de couverture : muette - Page [241] : Page de titre (Numéro, Date, Titre, Contenu ["Architecture, Sculpture, Peinture, Musique, Poésie"], SommaireAdresse - Page [242] : Memento [Expositions. Un nouveau marchand de tableaux : Druet, le photographe des œuvres de Rodin, installe, 114, faubourg Saint-Honoré, un magasin somptueux où il montre des Van Rysselberghe, Luce, Cross, Signac, Bonnard, Maurice Denis, Guérin, K.-X. Roussel, Seguin, Séruzier, etc., et aussi des photographies d'après les tableaux de ces peintres, d'après Rodin, et d'après quelques œuvres anciennes. ; Jusqu'au 30 novembre furent exposées chez Weill, 25, rue Victor Massé, des peintures de MM. Auglay, Bétrix, Deltombe, Grass-Mick, Metzinger, Muller. ; Dans les galeries de l'Art nouveau, 21, rue de Provence, exposition de M. Alexander Robinson, de New-York. ; A la Bodinière, 18, rue Saint-Lazare, expositions artistiques permanentes du 1er novembre au 31 janvier , de 10 heures à 5 heures. ; Du 1er novembre au 31 janvier, exposition des grès de Bigot, 18, rue Saint-Lazare. ; Au Musée des Arts décoratifs, exposition du bronze jusqu'au 13 décembre. ; Concerts. Le quatuor Parent donnera cette année douze séances de musique de chambre à la salle AElion, 32, avenue de l'Opéra... ; Bibliothèque de L'Occident. Pour paraître prochainement : SUR UNE ROUTE DE CYPRÈS, poèmes d'André Lebey... ; VIE DE NICOLAS POUSSIN D'ANDELI, FRANÇAIS, PEINTRE, par Giovanni Pietro Bellori... ; Cours et Conférences. Le mardi 1er décembre à 4 heures, amphithéâtre Quinet, M. Houdard reprendra son cours d'histoire de la Musique. Cette année : Les Théories Musicales enseignées du IIIe au XIe siècle. ; Livres reçus : (liste).- Pages 299-301 : Table des Matières contenues dans le tome IV de L'Occident / juillet-décembre 1903 - Page 302 : Table des gravures contenues dans le tome IV de L'Occident - Pages 303-304 : Table des noms d'auteurs ayant collaboré au tome IV de L'Occident - Bas de Page 304 : Gérant ; Imprimeur -  Feuillet publicitaire en fin de numéro : Page [a] (Bibliothèque de L'Occident : Viennent de paraître : La Légende de Saint Guirec par Albert Clouard - Maurice Denis au Vésinet par Auguste Desfossés, préface d'Adrien Mithouard ; La France / économique & financière / organe des intérêts locaux, régionaux et nationaux / Paraissant le samedi...) ; Page [b] (Commerce de chevaux de luxe de selle et d'attelage / H. ULLMANN / 180, Rue de Courcelles, 180 - Paris... ; BOISSIER / 229, Boulevard Voltaire, Paris (11e) / Mandolines napolitaines, trompes de chasse, cornes d'appel, ... ; Le Courrier de la Presse) - Pagination : 64 pages]
Sommaire
Adrien Mithouard : Un Arbre, étude (p. [243]-246)
Francis de Miomandre : Poèmes : Le matin nu [A Robert Mouren] (p. 247) ; Les reflets du bonheur [A Edmond Jaloux] (p. 248-249) ; Le jour et la lune [A Mlle Henriette Daux] (p. 249-250) ; Le double supplice [A E.-A. Eustache] (p. 250-252) ; Un ami de Laforgue [A Mlle Marie Closset] (p. 252-253), poèmes en vers libres (p. 247-253)
Victor Mottez : Quelques réflexions sur le dessin, étude [précédée de ce chapeau : "Ces observations sur le dessin sont une critique de l'habitude qu'on avait d'enseigner le dessin par contours et par hachures. On peut y voir également la condamnation des reproductions au trait qui étaient alors à la mode." - composée des chapitres suivants : "Du dessin (1841)" (p. 254-255) ; "Du style" (p. 255-258) ; "De l'originalité" (p. 258-262) ; "De la fresque" (p. 262-265) - illustrée de trois dessins de l'auteur en pleine page (p. [257 ; 259 ; 261])] (p. 254-265)
Eugène Rouart : La Terre occidentale : L'Autunois, souvenirs [A Adrien Mithouard - daté "Bagnols-de-Grenade, 1er mars 1903"] (p. [266]-272)
Émile Bernard : Puvis de Chavannes, étude [en épigraphe, citation de Roger Marx : "Il unit le goût de l'humble naïveté à la poésie des sublimes inventions." - daté "Écrit au Kaire en 1903"] (p. 273-280)
Armand Praviel : Un écrivain d'art : Alphonse Germain, étude (p. 281-285)
Raoul Narsy Propos [Comptes rendus de : La lampe de Psyché, par M. Marcel Schwob, librairie du Mercure de France - (p. [286]-288) ; Œuvres galantes des conteurs italiens, par MM. Ad. Van Bever et Ed. Sansot-Orland, librairie du Mercure de France - (p. 288-290) ; Les vacances d'un jeune homme sage, par M. Henri de Régnier, librairie du Mercure de France - (p. 290-291) ; Les dernières colonnes de l'Eglise, par M. Léon Bloy, librairie du Mercure de France - (p. 291-292)] (p. [286]-292)
M[aurice]. D[enis]., P.-L. Maud, Z. M. : [Chronique de Peinture :] [Exposition K.-X. Roussel - (p. [293]-294) - signé M. D. ; Camille Pissarro - (p. 294-296) - signé P.-L. Maud ; Exposition Georges d'Espagnat chez Durand Ruel - (p. 296-297) - signé Z. M.] (p. [293]-297)
*** : Notes [Nos primitifs au conseil municipal. - On lit textuellement dans un rapport de M. Marsoulan relatif à la restauration de Saint-Germain-l'Auxerrois : "Il ne fait pas de doute non plus que le procédé si simple de décorer par la couleur et le pinceau, qui nécessite moins de talent et d'habileté que la sculpture, ait primé celle-ci dans les âges antérieurs... / Et si, comparant ces âges primitifs avec les primitifs qui habitent des contrées encore peu explorées, nous voyons que les hommes les plus sauvages usent de la couleur comme un élément de décoration plus ou moins heureux qui sert même à la décoration de leur propre personne." / On y apprend encore que les fresques fameuses de Saint-Germain-l'Auxerrois étaient peintes sur toile avec des couleurs à l'huile. ; Le souffle italien. - Paris aura son Campo santo. La lectrice si vivante du monument Maupassant serait l'objet d'une translation prochaine au jardin du Luxembourg. Quelques statues du musée se donneraient de l'air. Ambroise Thomas en serait. Ah ! Thomas, réveille, réveille... ; Le souffle italien (suite). - M. Gunzbourg, à qui nous devions déjà une mise à la scène de la Damnation de Faust, se prépare à monter Tristan et Yseult en italien.] (p. 298)

samedi 25 juin 2011

MAURICE DENIS & L'OCCIDENT

Maurice Denis qui fut, à l'origine de L'OCCIDENT, avec Adrien Mithouard, et qui en conçut les ornementations, répondit à l'Enquête de Maurice Caillard et Charles Forot sur les Revues d'avant-garde. Voici ses quelques souvenirs.
MAURICE DENIS
Le mérite du citoyen a nui chez Mithouard à la gloire de l'artiste. Son dernier livre, La Majesté du Temps, paru après sa mort et qui est un chef-d’œuvre, a passé presque inaperçu. L'homme qui, en 1914, symbolisa, auprès de Gallieni, la fierté de Paris faisant tête à l'invasion allemande, était depuis longtemps connu de nous comme un maître et comme un chef. Ceux qui avec lui avaient fondé l'Occident avaient apprécié, en même temps que ses grandes qualités d'écrivain, sa vertu morale, la force, la générosité et l'ingéniosité de son esprit d'initiative.

On était en pleine affaire Dreyfus. Une partie de l'élite intellectuelle glissait à l'anarchie et méconnaissait la véritable figure de la France. Contre cet état d'esprit, Maurras et Barrès réagissaient chacun à sa façon et selon ses préférences doctrinales. Mithouard élargit la notion de la culture française jusqu'à la confondre avec la civilisation occidentale. A la base de sa conception de l'Occident, il y avait son amour de la France. L'Occident, c'était pour lui le dynamisme en architecture, le symbolisme en poésie, le spiritualisme en tout ; c'était la tradition classique, l'humanisme, le catholicisme, le goût, la mesure et la raison ; mais c'était aussi le bon sens, la bonhomie et la bonne humeur, toutes les qualités de finesse et de gaîté du paysan français, et cette sorte de bravoure qui, sous des dehors blagueurs et frondeurs, est prête aux plus grands sacrifices. Mithouard admettait en théorie que les limites de l'Occident pouvaient être reculées jusqu'à cette ligne idéale qui passe par le tombeau du Christ et qui partage le monde dans l'espace, comme la date de sa naissance partage la durée des siècles. Mais, à la vérité, pour lui, ces limites se confondaient avec les frontières naturelles de la France. Et si, à certains jours, il les a cherchées à Venise et à Grenade, c'est surtout dans l'Ile-de-France et dans l'Anjou qu'il avait plaisir à reconnaître les caractères de l'Occident.

Autour de cette doctrine d'"amitié française", une atmosphère se créait. Aux soirées de l'Occident on rencontrait à la fois Vielé-Griffin, Suarès et Alfred Jarry. Le lyrisme catholique de Claudel et de Jammes s'y accordait avec le régionalisme gothique du berrichon Jean Baffier et le romantisme classique de l'Ardéchois Vincent d'Indy. Mais la leçon de patriotisme, de discipline et d'énergie que donnait la pensée de Mithouard n'avait sa véritable efficacité que dans l'esprit des jeunes. Un Georges Ducrocq, un Eugène Marsan y trouvaient de sûres directions. La plupart, attirés par la doctrine d'Action Française qui donnait une forme concrète et une morale pratique aux velléités de l'Occident, formèrent les cadres de la Revue Critique. Le nationalisme intégral était bien en effet l'aboutissement logique de la doctrine de Mithouard, et les retouches que l'évolution des idées y a depuis apportées (par exemple, au point de vue de l'importance des siècles classiques dans le patrimoine français, un peu méconnue par lui au profit de notre moyen-âge), ces retouches n'entament pas la valeur d'enthousiasme de ses convictions. L'Occident de Mithouard, dans les années d'avant-guerre, aura redressé, rajeuni, embelli les autels de la tradition française.
(Belles-Lettres, 6e année, N°62-66, décembre 1924, p. 135-136)

L'OCCIDENT N°83 - OCTOBRE 1908

L'OCCIDENT
N°83 (Octobre 1908)
[Date de publication : Octobre 1908 - Couverture (imprimée en gris) : Numéro, Date, Titre, Illustration (arbre), Prix, Adresse de la Rédaction - 2e de couverture (imprimée en gris) : Titre, Périodicité, Adresse de la Rédaction et de l'Administration, Secrétaire de la Rédaction, Mention ("Le Mardi, 9 heures à 11 heures du matin"), Mention ("Tous les manuscrits doivent être adressés au Secrétaire de la Rédaction"), Prix de l'Abonnement - 3e de couverture : muette - 4e de couverture : muette - Page [149] : Numéro, Date, Titre, Contenu ("Architecture, Sculpture, Peinture, Musique, Poésie"), Sommaire, Adresse - Page [150] : Memento [Expositions. - Galerie Eug. Blot, 11, rue Richepanse, du 1er au 24 Décembre, œuvres de Mesdames Camille Claudel, Gaston Devore, Jeanne Eliot, Alcide Lebeau-Hassenberg, Ann Osterlind. - Chez Dewambez, 43, boulevard Malesherbes, du 1er au 14 Décembre, œuvres de Julien Lemordant. - Galerie Weill, 25, rue Victor-Massé, du 11 au 31 Décembre, œuvres de Lebasque, Lehmann, Manguin, Marquet, de Mathan, Matisse, Puy, Rouault. - Chez Bernheim jeune et Cie, rue Richepanse, exposition générale de l’œuvre de Georges Seurat, du 14 Décembre au 9 Janvier. - Galerie Druet, 20, rue Royale, du 7 au 19 Décembre, exposition Anna Boch. ; Livres reçus (liste)] / Bibliothèque de L'Occident / Viennent de paraître : BOUCLIER DU ZODIAQUE par André Suarès... / THRÈNE POUR LE PRÉSIDENT LINCOLN Transposition du poème de Walt Whitman par Francis Vielé-Griffin... / Pour paraître prochainement : RAYONS DE MIEL, églogues par Francis Jammes... - Page [200] : Bibliothèque de L'Occident / Dernières éditions : PARTAGE DE MIDI, drame en trois actes par Paul Claudel... / VOICI L'HOMME, par André Suarès... / LES MATINS LUMINEUX, poëmes, par Georges Ducrocq... / LA SAINTE AUX MAISONS, poëme, par Albert Cloüart... / LA TERRE DE L'AUDE, par François-Paul Alibert... / LA FLORAISON DES EAUX, par Guy Lavaud... - Pagination : 52 pages]
Sommaire
*** : La déforestation [En note : Extrait du Journal Officiel, compte rendu de la Chambre des députés] (p. [151]-162)
Albert Cloüart : Le bon Jardinier, poème [A André Gide] (p. 163-177)

Maurice Griveau : Feuilles mortes (p. 178-184)

Des Joncherets : Confidences, nouvelle [épistolaire] (p. 185-191)

Fagus : Paysage (p. 192-194)
Tancrède de Visan : Propos [E. Pilon : Francis Jammes et le sentiment de la nature (Mercure de France). "Le poète du Deuil des Primevères et de tant d'autres élévations lyriques en prose ou en vers a trouvé un biographe digne de lui..."] (p. [195]-197)
*** : Notes [La fuite des heures. - Il y avait autrefois une vieille Sorbonne dont les pierres vénérables étaient couronnées par un cadran solaire... ; Les larmes d'Israël. - Le prince de Clar est en présence de M. Gutlieb - acte III, scène III - et il lui a demandé : "Monsieur... suis-je sûrement... votre fils ?" Gutlieb donne ses explications, qui sont probantes... ; Sur la tête. - Les couturiers sont dans le marasme : c'est la faute à Cranach. Comme on lance un disque, les modistes ont lancé cet été le chapeau à bords plats, le chapeau-plateau, qui s'insinue aux portes étroites de la vie (métro, taxauto), avec de jolis mouvements de tête et des yeux égarés... ; Lauriers. - Fêtons les amis de l'Occident. Le prix de Goncourt vient d'être décerné à Francis de Miomandre pour avoir, comment dirai-je ?... Écrit sur de l'eau (édition du Feu !) un livre alerte, mystérieux, impalpable dont les personnages au fragile équilibre sont le prétexte d'une psychologie malicieuse, mobile et insinuante. La libre Académie de Belgique, qui précédemment couronna Dumont-Wilden, élit cette année pour le prix Edmond Picard notre ami Edmond de Bruyn qui jadis fonda et dirigea le divin Spectateur catholique, publia en 1904 un très curieux essai sur le Folklore du droit immobilier, fonda avec Elskamp à Anvers le musée du Folklore flamand, et récemment fit chez nous l’Éloge de la ville d'Anvers.] (p. 198-199)

dimanche 19 juin 2011

L'OCCIDENT N°77 - AVRIL 1908

L'OCCIDENT
N°77 (Avril 1908)
[Date de publication : Avril 1908 - Couverture (imprimée en bleu/gris) : Numéro, Date, Titre, Illustration (arbre), Prix, Adresse de la Rédaction - 2e de couverture (imprimée en bleu) : Titre, Périodicité, Adresse de la Rédaction et de l'Administration, Secrétaire de la Rédaction, Mention ("Le Mardi, 9 heures à 11 heures du matin"), Mention ("Tous les manuscrits doivent être adressés au Secrétaire de la Rédaction"), Prix de l'Abonnement - 3e de couverture : muette - 4e de couverture : muette - Page [129] : Numéro, Date, Titre, Contenu ("Architecture, Sculpture, Peinture, Musique, Poésie"), Sommaire, Adresse - Page [130] : A paru : LE TRAITÉ DE L'OCCIDENT par Adrien Mithouard (Librairie académique Perrin et Cie.), Vient de paraître / LES PAS SUR LA TERRE par Adrien Mithouard (Librairie Stock.) / En préparation : LES MARCHES DE L'OCCIDENT par Adrien Mithouard / Bibliothèque de L'Occident / Pour paraître prochainement / BOUCLIER DU ZODIAQUE par André Suarès... - Pagination : 56 pages]
Sommaire
Adrien Mithouard : Souvenirs sur Emmanuel Signoret (p. [131]-137)
Francis Vielé-Griffin : Thrène pour le Président Lincoln (Transposition du poème de Walt Whitman par Francis Vielé-Griffin) [En note : "On n'a pas traduit ce poème, on l'a transposé. Le vers libre français, enveloppe verbale d'une exaltation lyrique, ne saurait vêtir que l'idée émotive qui la dicta ; aussi bien, une prose proche et vétilleuse ne pourra suivre que l'élocution d'un texte parfait, telle la laus Veneris de Swinburne, par exemple. Le souffle de Whitman, large mais fruste, ne se soutenant pas sur la richesse d'une langue voulue et châtiée, il nous a paru bon de choisir, pour y balancer ce chant de deuil, le rythme funèbre de notre "alexandrin" dont la monotonie, ailleurs trop souvent intolérable, reste strictement adéquate aux pompes d'un thrène. F. V.-G." - daté "Paris, 1908"] (p. 138-154)

Edmond de Bruyn : La Terre Occidentale : Éloge de la ville d'Anvers (Fin) (p. [155]-167)

Alphonse Germain : Les Artistes lyonnais contemporains [Joseph Brunier ; Joseph Coront] (p. 168-171)

Marcel Labey : Chronique musicale [L'Opéra-Comique nous a donné le mois dernier, une excellente reprise d'Ariane et Barbe-Bleue, l’œuvre si prenante de Paul Dukas... ; La nouvelle direction de l'Opéra a fait une reprise de Namouna, le ballet d’Édouard Lalo... ; Les Concerts Colonne ont fait entendre en première audition une Rapsodie espagnole de M. Maurice Ravel... ; Ce ne sont pas de nouveaux chefs qui ont dirigé le mois dernier l'orchestre Lamoureux : MM. Vincent d'Indy, Rabaud et Messager avaient déjà paru au pupitre cette année... ; Je n'ai pu, à mon grand regret, entendre le deuxième poème lyrique sur le livre de Job de M. Rabaud qui dirigea une autre foi (sic) le Prométhée triomphant de M. Reynaldo Hahn... ; Deux fois encore, M. d'Indy a paru au pupitre et ce fut un nouveau régal artistique... ; A ce même concert, M. d'Indy conduisit Viviane le délicieux poème symphonique de Chausson, puis le concerto de Bach en ré majeur pour piano, violon et flûte dans lequel Mlle Selva remporta un nouveau triomphe... ; Après le maître, le disciple devenu maître à son tour ; et ce fut au concert suivant (personne ne s'en plaignit) une nouvelle audition de la symphonie Cévénole de M. d'Indy dont M. Risler tenait cette fois la partie de piano avec une autorité, une discrétion et une puissance admirables. ; A ce même concert un poème symphonique de M. Bachelet était entendu pour la première fois... ; Je m'en voudrais, dans cette brève revue des grands concerts, de ne pas remercier M. Marty d'avoir fait entendre à la Société des concerts du Conservatoire la rapsodie mauresque de M. Humperdink... ; A la Société Nationale, parmi les nouveautés, il faut mettre au premier rang la sonate pour piano et violon de M. Witkowski que M. Chaumont et Mlle Selva exécutèrent d'une façon hors ligne... ; Le trio pour piano, violon et alto de M. Jougen est aussi une œuvre distinguée et bien construite ; elle continue dignement la série des productions de ce jeune compositeur... ; A la Schola Cantorum, peu de nouveautés si je puis m'exprimer ainsi pour les œuvres des siècles passés...] (p. [172]-176)
Jean de Bosschère : Chronique de peinture [Exposition de l'ART CONTEMPORAIN à Anvers. - A "l'éloge de la ville d'Anvers" une vigoureuse tentative d'art doit être inscrite...] (p. [177]-178)
G. D[ucrocq]. : Revue des Revues [Notre collaborateur et ami Dumont-Wilden vient de publier dans la Revue bleue un excellent article sur "le théâtre et l'influence française à l'étranger"... ; La Chronique des Arts nous apprend que le musée du Louvre vient d'acheter 25 000 francs à la ville de Prades un magnifique tableau du Gréco représentant le Christ en croix entre deux donateurs... ; Toujours dans la Chronique des Arts nous lisons "qu'on prête à l'artiste et au lettré qui préside aux destinées de l'Imprimerie nationale (admirons en passant la platitude des formules officielles) le projet d'installer un musée du Livre"...] (p. 179-182)
***, Job : Notes [Pangermanisme. - La "kultur" allemande, que cherche à nous imposer le kapelmeister Strauss sou les auspices d'Oscar Wilde a tout de même conscience qu'elle recule... ; Prix d'Arles. - A l'étroit dans les antichambres ministérielles, où tout le Midi s'est donné rendez-vous, les plus avisés d'entre les fils du "Pays du soleil" méditent la création (à nos frais, bien entendu) de "Prix d'Arles"... ; Agents polyglottes. - Le corps diplomatique, atterré, se demande quels truchements protocolaires pourront servir d'intermédiaires entre les bons francisants que nous envoie l'Europe, et les étrangers patoisants dont nous peuplons la présidence et les ministères d'une République qui a, de fait, cessé d'être "française" par la langue. ; Les limites de la continence. - A notre époque de laisser aller où toute entrave à la satisfaction des besoins et des instincts naturels semble un abus de la légalité, un problème s'est posé d'emblée à la méditation de M. Dujardin-Beaumetz : pouvait-on exiger des fox-terriers préposés à la garde nocturne de nos musées, "une continence de 16 heures d'horloge" ?... ; La multiplication des croûtes. - Pour nous qu'obsèdent, annuellement, quatre "Salons", dix "galeries" d'expositions permanentes mensuellement renouvelées, vingt "rétrospectives", cent "expositions particulières", nous avons noté avec effroi que le "Salon des Indépendants" détenait, avec ses 8 000 envois, le record du nombre de toiles exposées simultanément... ; Bulletin financier. - M. le Conservateur du Musée du Louvre, interviewé, a soulevé la question financière... - signé Job] (p. 183-184)

samedi 18 juin 2011

L'OCCIDENT N°35 - OCTOBRE 1904

L'OCCIDENT
N°35 (Octobre 1904)
[Date de publication : Octobre 1904 - Couverture (imprimée en bleu/gris) : Numéro, Date, Titre, Illustration (arbre), Prix, Adresse de la Rédaction - 2e de couverture (imprimée en bleu) : Titre, Périodicité, Adresse de la Rédaction et de l'Administration, Secrétaire de la Rédaction, Mention ("Le Mardi, 9 heures à 11 heures du matin"), Mention ("Tous les manuscrits doivent être adressés au Secrétaire de la Rédaction"), Prix de l'Abonnement - 3e de couverture : muette - 4e de couverture : muette - Page [165] : Numéro, Date, Titre, Contenu ("Architecture, Sculpture, Peinture, Musique, Poésie"), Sommaire, Adresse - Page [166] : Memento [Les expositions de peinture. Le Salon d'Automne au Grand Palais des Champs-Elysées ; On annonce pour le 15 novembre prochain une exposition d’œuvres de Maurice Denis : tableaux, études d'après les maîtres, et paysages directs rapportés d'Italie, à la galerie Druet, 114, rue du Faubourg-Saint-Honoré], Viennent de paraître : A la Bibliothèque de L'Occident : LES REFLETS ET LES SOUVENIRS, poèmes de Francis de Miomandre... ; A la Librairie Académique Perrin : TRAITÉ DE L'OCCIDENT, par Adrien Mithouard... ; A la maison Enoch : SAGESSE Suite de douze mélodies pour différentes voix écrites par Pierre Hermant sur des poèmes de Verlaine ; Pour paraître prochainement : LES NEUF MUSES, ODE, par Paul Claudel... ; Sommaire des deux derniers numéros de l'Occident - Pagination : 52 pages]
Sommaire
François de Poncher : Le Visage émerveillé [En note : "Le Visage Émerveillé, par la Comtesse de Noailles, Calman Lévy" - daté "Octobre 1904"] (p. [167]-170)
Édouard Ducoté : Silence aux morts ! (p. 171-174)

Josué Reynolds : Discours de Josué Reynolds sur la Peinture (Extraits du Troisième Discours) [Traduit de l'anglais par Émile Bernard] (p. 175-181)

Louis Dumont-Wilden : Les marchands en France (Suite et fin) [En note : "Voir l'Occident, n° de septembre 1904"] (p. 182-200)

Pierre Lenz : L'Esthétique de Beuron [Traduit de l'allemand par Paul Sérusier - avec deux reproductions de fresques de Monte-Cassino (p. [204] et [209]) - A suivre] (p. [204]-212), précédé d'une Introduction par Maurice Denis (p. 201-203)
Adrien Mithouard : Propos [Sous ce titre charmeur : la Rose et l’Épée, la revue Durendal publia naguère les premiers, les derniers poèmes de Charles de Sprimont qui est mort, comme il avait vingt ans...] (p. [213]-214)
***, Job : Notes [Hugo et Shakespeare. : Documents hippiques pour servir à l'étude de leurs hérédités. - Rapprochements. - Parallèle. - A l'inauguration du mouvement (sic) élevé à la mémoire de César Franck, le Conservatoire, qui décidément n'ignore plus les gloires consacrées par la mort, était représenté par son directeur, M. Dubois... ; "L'art, éternel attardé, " et la morale de demain. - L'Anglo-Indien, Rudyard Kipling, déjà démonétisé dans les pays de langue anglaise, est en passe, chez nous, de "devenir un Dieu"... ; Bulletin financier. - Dans l'affaire Doyen-Crocker dont, par ailleurs, nous nous désintéressons, un fait retient : c'est "la revendication", assez commune dans le monde médico-chirurgical, du droit pour l'opérateur de taxer l'opéré selon ses facultés... - signé Job] (p. 215-216)

jeudi 16 juin 2011

L'OCCIDENT N°27 - FÉVRIER 1904

L'OCCIDENT
N°27 (Février 1904)
[Date de publication : Février 1904 - Couverture (imprimée en bleu/gris) : Numéro, Date, Titre, Illustration (arbre), Prix, Adresse de la Rédaction - 2e de couverture (imprimée en bleu) : Titre, Périodicité, Adresse de la Rédaction et de l'Administration, Secrétaire de la Rédaction, Mention ("Le Mardi, 9 heures à 11 heures du matin"), Mention ("Tous les manuscrits doivent être adressés au Secrétaire de la Rédaction"), Prix de l'Abonnement - 3e de couverture : muette - 4e de couverture : muette - Page [57] : Numéro, Date, Titre, Contenu ("Architecture, Sculpture, Peinture, Musique, Poésie"), Sommaire, Adresse - Page [58] : Memento [L'exposition permanente. L'exposition de la Société des Artistes Indépendants ouvrira sa vingtième exposition, aux Serres du Cours-la-Reine, le dimanche 21 février (vernissage le samedi 20)... ; A la galerie E. Druet, 114 faubourg Saint-Honoré, exposition des œuvres de Henri Duhem, du 25 janvier au 20 février ; Exposition d'impressionnistes français à la Libre Esthétique à Bruxelles au mois de mars prochain... ; Aux Indépendants. Le Comité vient de renouveler son bureau... ; Conférences. M. Louis Marin ouvre une série de conférences sur : La civilisation occidentale et les survivances dans les provinces françaises, au collège libre des Sciences Sociales... ; Concerts. Tous les mardis jusqu'au mois de mai, à 9 heures du soir, à la Schola Cantorum : l’œuvre de piano de J.-S. Bach par Mlle Blanche Selva ; Mercredi 3 février, à 9 heures du soir, salle Erard, récital J.-S. Bach par Mme Wanda Landowska ; Livres reçus : (liste) ; Bibliothèque de L'Occident. Viennent de paraître : SUR UNE ROUTE DE CYPRÈS, poèmes d'André Lebey... ; VIE DE NICOLAS POUSSIN D'ANDELI, FRANÇAIS, PEINTRE, par Giovanni Pietro Bellori... ; Pour paraître prochainement : LA TERRE OCCIDENTALE : L'Autunois, par Eugène Rouart... ; LES REFLETS ET LES SOUVENIRS, poèmes de Francis de Miomandre.] - Pagination : 48 pages]
Sommaire
François de Poncher : Mentalités [Daté "Paris, 1 janvier 1904"] (p. [59]-63)
Henry Bidou : La Terre Occidentale : la Forêt des Ardennes (p. [64]-71)

Adrien Mithouard : Des Hommes : Un violoniste [Sur Léon Reynier] (p. 72-78)

Georges Rémond : Un peintre suisse : Arnold Bœcklin [Citation de Frédéric Nietzsche en épigraphe : "Je veux dire qu'il saisit à pleines mains ce que seuls les Allemands prennent au sérieux "l'Idée", soit quelque chose d'obscur, d'incertain, de mystérieux ; que chez les Allemands la clarté est une objection, et la logique une réfutation" - daté "Venise, 23 octobre 1903"] (p. 79-88)

Raoul Narsy, F[rancis]. V[ielé]-G[riffin]., G. D[ucrocq] : Propos ["Le prix de la philosophie d'Anatole France est qu'elle est critique jusqu'à la négation, sans aboutir à un acte de foi." Je retrouve dans mes notes ce jugement vraiment lapidaire de M. Ernest La Jeunesse..." ; "Encore qu'on n'y veuille demeurer indifférent, ce n'est pas tant par la qualité de l'intrigue, ni par la vigueur de la conduite dramatique qu'un théâtre comme celui de M. Paul Hervieu, et principalement une pièce comme le Dédale, doivent requérir l'attention..." - signé Raoul Narsy ; "Si le fait du génie est l'invention, et si le propre du poète est de créer, Jules Laforgue fut un poète génial..." - signé F. V.-G. ; "Avec les allures dégagées en apparence, mais un peu timides encore d'un jeune dandy qui, n'étant pas très sûr de lui-même, se contente d'imiter les gestes de ses aînés, M. Montfort nous présente une petite revue littéraire dont il est l'unique rédacteur et qu'il intitule "les marges"... - signé G. D.] (p. [89]-97)
Solrac, M[aurice]. D[enis]. : Chronique de Peinture [Exposition Renouard au Musée du Luxembourg ; Première Exposition d'art décoratif au Petit Palais - signé Solrac ; "Armand Seguin est mort à Châteauneuf-du-Faou, le 30 décembre..." - signé M. D.] (p. [98]-100)
***, Z. M., Job : Notes [Pour ennuyer Stuart Merrill. - A peu près seul, Stuart Merrill a loué le sens critique de M. Mendès... ; Félix culpa. - On mène quelque bruit autour de l'exclusion "de l’École et de tous les concours" d'un élève des Beaux-Arts (une bûche aurait été lancée à la tête d'un gardien)... ; La Harpe de Babylone. - Courtoisie. - M. Raynaldo (sic) Hahn - qui eut moins à souffrir de l'hospitalité parisienne que ses harmonieux ancêtres, à les en croire, ne pâtirent de celle d'Assuérus - rêve de nous en récompenser... ; Des ans l'irréparable outrage. - Cette préoccupation de "rajeunir Racine" qui amena naguère Mme Bernhardt à gésir, Phèdre prostrée parmi des fleurs flétries au souffle de M. Massenet, inquiète... ; Solution plausible. - Ne peut-on rétablir l'harmonie entre tant d'aspirations discordantes en demandant quelque nouveau texte à la verve incorrecte, mais primesautière de M. Rostand, fournisseur de la maison, et apte entre tous à "indiquer faiblement l'Orient" ?... ; Conseils aux historiographes. - (A) Si le mot "symbolisme" doit prendre un sens historique, il est nécessaire d'en préciser le, ou les acceptions. Il faut quelque marque distinctive pour discerner un "symboliste" parmi les douze ou treize cent mille jeunes gens, habitant la France ou la Belgique, qui eurent vingt ans vers 1885. (B) Pour fournir des documents utiles à l'histoire dudit "symbolisme", il faut en avoir été. (C) Il sera toujours temps de parler du "symbolisme" ; Clef d'une énigme. - Supposer que la raison de la faveur inexpliquée dont jouit en ce moment M. Renouard (...) tient peut-être aux sujets des dessins qui représentent des anecdotes officielles ou à certains portraits, serait mal connaître la vaste impartialité, l'éclectisme sans limite de M. Bénédite... ; M. Ernest Raynaud, sonnetiste, est à ses heures ethnologue... ; Concours des compositeurs de musique pour le prix de la Ville de Paris. - Trente et un manuscrits ! mais qu'importe le nombre des concurrents si, parmi ceux-ci, figurent les noms célèbres de Gabriel Pierné, Saint-Saëns, Reyer... ; Après le journaliste l'archéologue. - Le Journal Officiel nous apprend que M. Kaempfen, depuis trop longtemps directeur des musées nationaux, vient enfin de prendre sa retraite et de céder la place à M. Homolle... - signé Z. M. ; Bulletin financier. - Prix Goncourt. - On ne sait au juste ce qui s'est passé à la première réunion de l'Académie Goncourt... ; Lucre. - Il n'est plus question chez "les Jeunes" que de concours lucratifs... ; Injustice distributive. - J'entends dire : "Pourquoi tout cet argent est-il réservé aux seuls mauvais écrivains ?... ; Derniers cours. - Copie simple : 0 fr. 02 la ligne à forfait. Feuilleton (sous-commissionnée : 0 fr. 05, sans blanc (lourd). Satyres (médaillons), hausse.] (p. 101-104)

lundi 13 juin 2011

L'OCCIDENT N°2 - JANVIER 1902

L'OCCIDENT
N°2 (Janvier 1902)
[Date de publication : Janvier 1902 - Couverture (imprimée en bleu) : Numéro, Date, Titre, Illustration (arbre), Prix, Adresse de la Rédaction - 2e de couverture (imprimée en bleu) : Titre, Périodicité, Adresse de la Rédaction et de l'Administration, Secrétaire de la Rédaction, Mention ("Le Mardi, 9 heures à 11 heures du matin"), Mention ("Tous les manuscrits doivent être adressés au Secrétaire de la Rédaction"), Prix de l'Abonnement - 3e de couverture : muette - 4e de couverture : muette - Page [49] : Sommaire - Page [50] : Memento [Pour la protection des paysages. La Société pour la Protection des paysages de France, dans sa séance du 11 décembre, a ainsi formé son bureau : MM. Beauquier, député, président ; Robert de Souza, secrétaire ; Wehrlé, trésorier... ; Les Latins !  "Après l'admirable poussée vers le Nord et les soirées qui nous révélèrent Ibsen et Bjornson, l'âme française s'est ressaisie," déclarent-ils... ; Aux Indépendants. Le Comité vient de renouveler son bureau... ; L'exposition permanente. A voir, 6, rue Laffitte, l'esquisse de Manet pour l'Exécution de Maximilien... ; Récemment, chez MM. Silberberg et Cie, 29, rue Taitbout, exposition d’œuvres de MM. Anquetin, Dethomas, Durenne, Flandrin, Ch. Guilloux, Giran-Max, Guérin, Francis Jourdain, Roussel-Masure, Valtat, etc. ; Au catalogue de M. Delaporte, 34, rue de Miromesnil, des œuvres de Berghem, Boucher, Peter Breughel, ... ; La séance du Comité de l'Exposition de la Gravure sur bois fut mouvementée... ; A signaler : Le 5 décembre dernier, M. de Baudot, inspecteur général des monuments diocésains a repris dans la salle de la Bibliothèque du Musée du Trocadéro son cours sur l'architecture française du Moyen-Age et de la Renaissance. ; Le 16 décembre dernier, à la salle des Arts de Saint-Germain-en-Laye, M. Gabriel Mourey fit une conférence sur  "l'Art et les Mœurs" et défendit la beauté contre la vulgarité moderne. ; Petites nouvelles pour les bibliophiles : Chez H. Floury, très prochainement : Édouard Manet et son œuvre, par Théodore Duret... ; Édouard Pelletan, dans les éditions de haut soin dont il est coutumier, publie un volume d'Anatole France, l'Affaire Crainquebille, illustré par Steinlen... ; Avec le concours de Tony et Jacques Beltrand pour la gravure sur bois, M. Paul Gallimard poursuit l'impression d'un volume : Le Peintre de la Vie : Constantin Guys... ; M. Clot vient de terminer vingt lithographies en couleurs d'après les originaux de Rodin pour le Jardin des Supplices.], Sommaire du numéro de décembre - Pagination : 64 pages]
Sommaire
Adrien Mithouard : Du lieu géographique des œuvres d'art (p. [51]-56)
Francis Vielé-Griffin : Sainte-Julie, poème [Daté "La Roche à Guet, oct. 1901"] (p. 57-68)

P[aul]. V[aléry]. : Cendres, aphorismes (p. 69-71)

Jean Baffier : Pour l'art français [sous la signature : "ouvrier sculpteur"] (p. [72]-82)

Henry Bidou : Les pas sous la pluie [citation d'Hamlet en épigraphe : "Il ne fallait pas me croire."] (p. [83]-87)
Raoul Narsy : Charles Maurras [A l'occasion de la parution d'Anthinea, 1 vol. chez F. Juven, éditeur] (p. 88-93)

André Mellerio : L'Académisme et l'Art moderne (p. [94]-100)
Alphonse Germain : Un coloriste du clair-obscur : Louis Eymonnet (p. 101-104)
L[ouis]. R[ouart]. : L'Exposition Fantin (p. 104)
Willy : Revue de Nouvelle Année (Fragment), en vers (p. 105-107)
*** : Notes [Le Prix Nobel. - Un homme généreux ayant fait cet audacieux rêve que son argent posthume devint le prix de l'idéalisme, la récompense fut attribuée à un poète délicatement réaliste... ; Les fresques de Chasseriau... ; Une soirée dans le silence et le vent de la mort. - Du Sang, de la Volupté et de la Mort. - Ne pas craindre de prononcer le nom de la Mort... ; Point d'orgue. - M. Alexandre Guilmant vient de donner sa démission d'organiste de la Trinité... ; L'Exposition X. Roussel. - M. X. Roussel expose chez Durand-Ruel quelques dessins de paysages légèrement rehaussés de pastel... ; Les lettres d'Elvire sont à l'encan... ; Le cas de M. Ibels. - M. Ibels s'était fait de la solidarité une idée tout occidentale. Il en a été dupe... ; La Direction de la Monnaie ne donnera pas cette saison-ci le Roi Artus d'Ernest Chausson et l’Etranger de V. d'Indy, comme elle l'avait laissé espérer... ; A l'Opéra la première de Siegfried a été retardée à plusieurs reprises... ; En somme, nous savons désormais à quoi nous en tenir sur le roman. Voici qu'après Liane de Pougy, il tente Madame Yvette Guilbert... ; C'est en Max Elskamp, le poète anversois, que Tolstoï s'apparente à Ruskin... ; Pour M. Gabriel Mourey. - M. Gabriel Mourey crie au scandale parce qu'on veut terminer les Puvis du Panthéon... ; Bulletin financier ; Objets retrouvés : Renseignements pris, le Narcisse de Poussin qui a disparu du Louvre aurait tout simplement été relégué dans les greniers pour faire place au Rembrandt de Compiègne.] (p. 108-112)

dimanche 12 juin 2011

L'OCCIDENT N°1 - DÉCEMBRE 1901

[Titre : L'OCCIDENT - Dates de publication : Décembre 1901 (n°1) à juillet 1914 (n°140) - Périodicité : mensuelle (ne paraît pas en 1911) - Lieu de publication : Paris - Format : 170 x 250 mm - Couverture : imprimée en bleu, puis gris couverture grise - Pagination :  48 à 64 pages ; pagination suivie - Prix et abonnements : Le numéro = Un franc ; Abonnement (France) = 12 fr. ; (Étranger) = 14 fr. - Directeur : Adrien Mithouard - Secrétaire de la Rédaction : Albert Chapon - Collaborateurs (liste non exhaustive) : François-Paul Alibert, G.-Jean Aubry, Jean Baffier, Maurice Barrès, Giovanni Pietro Bellori, Émile Bernard, Jean-Marc Bernard, Henry Bidou, Joseph de Bonne, Jean de Bosschère, Henri Brémond, Edmond de Bruyn, Ricciotto Canudo, René de Castéra, René Chalupt, Ernest Champeaux, Paul Claudel, Henri Clouard, Albert Cloüart, Dominique Combette, Dante Alighieri, Maurice Denis, Henry Dérieux, Georges Dralin, Édouard Ducoté, G. Ducrocq, Louis Dumont-Wilden, Fagus, François Fosca, Alphonse Germain, Henri Ghéon, André Gide, Fernand Gregh, Maurice Griveau, P. Hepp, Paul Heurteroy, Henri Hoppenot, Vincent d'Indy, Edmond Jaloux, Francis Jammes, Pierre Jaudon, Job, Des Joncherets, Tristan Klingsor, Marcel Labey, Jules Laforgue, Guy Lavaud, Louis Le Cardonnel, André Lebey, Paul Leclercq, Legrand-Chabrier, Pierre Lenz, F. L., Eugène Marsan, Henri Martineau, P.-L. Maud, Henri Mazel, André Mellerio, O. W. de L. Milosz, Francis de Miomandre, Adrien Mithouard, Albert Mockel, Charles Morice, Victor Mottez, Z. M., Raoul Narsy, Maurice de Noisay, Paul Nothomb, Maurice des Ombiaux, Fernand Passelecq, André Pératé, Charles-Louis Philippe, Georges Polti, François de Poncher, Armand Praviel, Jean de Quirielle, Ernest Raynaud, Henri de Régnier, Georges Rémond, Josué Reynolds [trad. Émile Bernard], W. Ritter, Jacques Rivière, Lucien Rolmer, Eugène Rouart, Louis Rouart, Colin Saint-Gal, Michel Salomon, Sandricourt, Jean Schlumberger, Solrac, André Sonal, Jean Soury, Henri Strentz, André Suarès, Robert de Souza, Louis Thomas, Paul-Jean Toulet, Pierre Valbranche, Paul Valéry, Robert Vallery-Radot, Maurice Vallis, Jean-Louis Vaudoyer,Émile Verhaeren, Henri de Veyras, Francis Vielé-Griffin, Tancrède de Visan, Willy, Walt Whitman - Ornements : Maurice Denis - Gérant : Albert Chapon - Adresse : 17, Rue Eblé, Paris Imprimé sur les presses de l'Imprimerie Durand, Rue Fulbert, Chartres - Source : Revues Littéraires]
L'OCCIDENT
N°1 (Décembre 1901)
[Date de publication : Décembre 1901 - Couverture (imprimée en bleu) : Numéro, Date, Titre, Illustration (arbre), Prix, Adresse de la Rédaction - 2e de couverture (imprimée en bleu) : Titre, Périodicité, Adresse de la Rédaction et de l'Administration, Secrétaire de la Rédaction, Mention ("Le Mardi, 9 heures à 11 heures du matin"), Mention ("Tous les manuscrits doivent être adressés au Secrétaire de la Rédaction"), Prix de l'Abonnement - 3e de couverture : muette - 4e de couverture : muette - Page [1] : Sommaire - Page [2] : muette - Pagination : 48 pages]
Sommaire
Adrien Mithouard : De l'Occident (p. [3]-7)
Vincent d'Indy : L'Artiste moderne (p. 8-16)

Tristan Klingsor : Lieds, poèmes (p. 17-18)

Charles Morice : Le Dernier Temple, conte (p. 19-28)

Raoul Narsy : Jules Renard (p. 29-31)
Henri Mazel : La Mort de Pythagore, théâtre ["Fragment du second acte d'Archytas de Métaponte"] (p. 32-36)

Louis Rouart : Maurice Denis et la renaissance de l'art chrétien (p. 37-42)
Maurice Denis : Le Peintre de Beaune (p. 43)
*** : Notes [On nous annonce que M. Brieux va profiter des loisirs que lui crée l'interdiction des "Avariés" pour porter au théâtre diverses questions intéressant l'hygiène publique... ; M. de Groux qui pleure après les héros des tragiques légendes est comme un enfant inconsolable... , La France est-elle en décadence ? se demande M. Hanotaux... ; Murailles. - Elles fleurissent... ; Sur l'initiative de M. le sénateur Delpech, une souscription, paraît-il, vient de s'ouvrir pour la reconstruction du Parthénon... ; Jouets non primés au concours... ; Le 18 novembre à l'Esthétique de Saint-Germain-en-Laye où sont exposés des œuvres de Chéret, Toulouse-Lautrec, Grasset, Mucha, Steinlen, Maurice Denis, Moreau-Nélaton, Ogé, etc..., M. André Mellerio, en une conférence d'ouverture, parla spirituelle sur "l'Art et le Commerce". ; Objets perdus : On demande à tous les Echos des nouvelles du Narcisse de Poussin qui était exposé au Salon Carré du Louvre. ; Ont paru...] (p. 44-48)
Document
"De l'Occident"
Pour s'orienter, la revue que voici se dénomme "l'Occident". Ce qu'il semble désirable d'entendre par là se définit mal, mais s'entend bien. Car définit-on la pente d'un pays, dont les fleuves pourtant s'écoulent ?

Depuis cent ans, en effet, et d'abord depuis Mme de Staël, les lettres et l'art jaillissent d'une infinité de sources, l'anglaise, l'allemande, l'orientale... Jamais encore nous n'avions consacré tant de persistance à nous enrichir. Les eaux de ces successives fontaines se sont donc tour à tour mélangées. Toutes les formes, à force qu'elles se variaient, finirent par se ressembler et l'individualisme où nous nous sommes accordé les dernières libertés nous confond désormais encore dans la monotonie d'un seul tour d'esprit. Une littérature à travers champs, bien que toute hardiesse y soit devenue inutile, semble ne s'occuper toujours que de s'affranchir. Pourtant M. Gustave Kahn ne se lasse pas de nous informer qu'il a affranchi le vers libre en 1879 ! Un art qui s'est un instant pu croire et dire nouveau, tandis qu'il accordait quatre ou cinq pays dans une formule, négatrice de toute forme, en était venu seulement à se déraciner de partout sans avoir la finesse de s'en excuser par de l'hellénisme...

On demande ici sur ces entrefaites la permission de croire et l'on s'y donnera à l'occasion la joie d'affirmer que cette mentalité riche et complexe ne peut pas rester éternellement stagnante, mais qu'elle suivra bientôt la pente d'un sol méconnu.

Il y va donc du sens de notre pensée.
*
Dès l'aube de notre monde, les peuples marchèrent vers l'Occident, et la pensée humaine s'éveillant et s'envolant à cent ans ou à mille ans derrière eux prenait à son tour le même chemin qu'ils avaient suivi. D'Orient en Grèce, d'Athènes à Rome, cela est venu chez nous. Puis quand elle eut atteint ici la fin de ce monde, la pensée universelle qui continuait de se lever et d'accourir s'accumula devant la barrière dressée. Ainsi veut la direction de l'intelligence générale, que toute richesse afflue ici pour s'y refondre, s'y transformer et s'y mouler à notre forme, et que nous tenions le lieu moderne où s'insurgent supérieurement la colère et la verve de l'esprit. Quel est l'autre pays, en effet, qui, ayant connu l'éblouissante gloire d'un XIIIe siècle, a trouvé en lui en outre l'étrange et contraire vertu d'un XVIIe ? Oui, il est caractéristique que deux traditions si fortes aient pu se succéder ici et le flot de pensée qui jaillit toujours de cette Europe dont tout l'esprit vient retentir et s'accuser chez nous présage encore en ce lieu quelque nouvelle épopée de l'intelligence. De la même façon que tant de provinces se sont unifiées dans l'esprit français, tant de pays qui se tournent vers la pensée française circonscrivent une âme occidentale et l'Occident logique, rude et sensible, est la plus intellectuelle patrie.
L'Occident a inventé vraiment la plus haute façon de construire : cela s'entend aussi bien du tiers-point que du Discours de la Méthode. S'il est au fond si âprement naturaliste, c'est que cette logique édifiante, qui est sa plus sourde passion, réclame un point d'appui vénéré, tangible et sûr qui ne l'expose à rien perdre de son effort, auquel il attache un prix singulier, et c'est pourquoi la table rase et la plaine nationale sont à la base de son art et de ses littératures. L'économie de sa pensée est probe et jalouse au point qu'elle ne s'ajuste que dans une dernière douleur. L'aisance et le sourire grecs ne sont sous notre ciel qu'un savoureux contre-sens. Aussi quand la Renaissance fut insinuée à l'Occident, qu'ensorcelait alors la souplesse italienne, ne la connut-il que dans un grand trouble et ce fut avec fièvre qu'il reçut le bel antique. Mais pouvait-il élever sur son sol une maison étrangère ? Il se reprit donc et mortifia si bien ce qu'il s'était d'abord assimilé que nos temps classiques recommencèrent l'abstraite construction avec un inflexible et rationnel vouloir. C'est le besoin toujours ressenti par un peuple obstiné d'aller plus haut et de pousser plus loin qui conseille perpétuellement de nouer des chaînes de travaux solidaires afin d'utiliser sa résistance et sa force collective et qui le pousse enfin vers les disciplines et les traditions.

L'Occident est ainsi un pays de continuité. C'est en quoi il ressemble formellement à une immense personne, si vraiment la personne consiste à se continuer. De là son goût et sa politesse, la probité de sa manière, l'honnêteté de ses élégances. C'est à ce don de suite qu'il doit une grâce spéciale, faite de tant d'expérience et de tant de conscience qu'il peut résumer dans un seul geste. La sûreté avec laquelle il délie l'écriture de ses délicatesses vient d'un esprit qui excelle à ne pas s'épuiser et d'une âme toujours prête à fournir. Ainsi existe l'Occident.

Et d'en être informé permet à ceux qui sont ici et à d'autres qui n'y sont pas encore de se donner du champ, de l'air et de l'espace, avec une atmosphère commune à respirer.
*
Il est bien des façons courantes de ne pas être occidental,

- par exemple pasticher directement les petits lyriques grecs, ce qui est inutile depuis que l'antiquité harmonieuse a trouvé sa formule française,

- ou bien déshonorer la littérature par les écarts d'une physiologie mal policée, composer des poèmes, des romans, des romances, des tableaux remplis d'une sentimentalité sans motifs et sans justesse, ce qui est faire des ouvrages non raisonnables, c'est-à-dire insuffisamment raisonnés, toute manière étant regrettable de mépriser son esprit,

- ou bien craindre à l'excès de localiser ses œuvres, dépenser jusqu'à du génie à recoudre des morceaux splendides, comme fit Gustave Moreau, car de la noblesse dans une œuvre d'art ne tient tout de même pas lieu d'homogénéité,

- ou bien construire des monuments dont tout le style soit emprunté au caprice des fumées, insuffisamment terrestres, et plus communément encore, labeur d'hérétique en ce pays celte, bâtir à la douzaine des maisons si terriblement barrées de lignes horizontales,

- ou bien aussi, à cause d'une hypertrophie de cette conscience qui est l'organe le plus délicat de notre personne intime, regimber sans mesure contre tout formalisme, comme s'il ne fallait pas que toute doctrine prît enfin quelque forme humaine, et qu'il s'agisse de la beauté ou qu'il s'agisse de la justice, avoir si mauvais caractère qu'il ne reste de possible que le nihilisme slave.

Mais qu'on soit occidental avec ardeur ou en finesse, il ne s'avère toujours qu'une façon de l'être, qui est avant tout de faire chacun son œuvre en toute logique, d'en préciser le plus le dessin général et de se diriger avec tout son talent et toute son âme vers les plus hautes et vers les plus subtiles simplifications, étant entendu que la simplicité ne consiste pas seulement à écrire des pages naïves, mais suprêmement à composer des œuvres d'une raison de plus en plus serrée, - et bâtissant des poèmes de vent, de pierre ou de lumière qui sans défaillance soient purs d'une ligne intérieure, pratiquer dans la plus haute tension de son esprit cette juste et radicale parole d'André Gide : "soumettre le plus possible à soi le plus possible de la nature."
Adrien MITHOUARD.