CAHIERS DE MÉCISLAS GOLBERGN° [3] (Deuxième série - 1908)
[Date de publication : 1908 - Couverture : Titre, Illustration de Vibert, Sous-titre et périodicité, Lieu de publication - 2e de couverture : Muette - 3e de couverture : Directeur, Directeur artistique, Directeur artistique, Secrétaires, Sommaire - 4e de couverture : Muette - Pages [77-78] : Pages de garde muettes - Page [79] : Page de titre - Page [80] : Muette - Page [81] : Faux-titre : Titre ("Dernier Cahier de Mécislas Golberg"), Prix, Vignette, Mention ("Publié par les soins de M. Jean-René Aubert (Lui adresser toutes communications 33, Chaussée du Port, Reims)"), Année - Page [82] : Muette - Pages [86, 90, 105, 110, 112, 120, 122, 124, 126, 128, 132, 134, 138, 164, 166, 170, 172, 180, 186, 204, 206, 214, 230, 250, 254, <42>] : Muettes - Pages [88, 102, 136, 171, 185, 206, 215] : Tables - Bas de page <41> : Imprimeur - Particularité : La pagination de la suite de "Disgrâce couronnée d'épines", qui clôt le volume, poursuit la pagination de la première partie publiée à la fin du n° 1-2 (de <23> à <41>) - Pagination : 172 + 20 pages]
Sommaire
Jean-René Aubert : La Palme du souvenir, éditorial [Au nom des amis admirateurs de la chère mémoire] (p. 83-85)
ŒUVRES ET MONOGRAPHIES
Louis Le Cardonnel
Paul Andra : Portrait de Louis Le Cardonnel, dessin (p. [89])
Mécislas Golberg : Invocation à Louis Le Cardonnel, hommage (p. 91)
Agenore Frangipani : Carmen Orphicum, poème [à Louis Le Cardonnel - daté "Assisi - avril 1907"] (p. 92)
Louis Le Cardonnel : Jour perdu [à Mécislas Golberg] (p. 93) ; Fin d'été [extrait des Poèmes, édition du Mercure de France, 1904] (p. 94) ; Triptyque [extrait des Poèmes, édition du Mercure de France, 1904] (p. 95), poèmes (p. 93-95)
Jean-Marc Bernard : Louis Le Cardonnel et M. Edouard Schuré, étude [en épigraphe : "Timeo Danaos et dona ferentes."] (p. 96-100)
Marie Bermond
Marie Bermond : Autportrait, reproduction noir et blanc du tableau (hors-texte)
F[erdinand]. Massé : Note sur l'Exposition de Marie Bermond, compte rendu [de l'exposition d'une quarantaine de toiles de l'artiste chez Devambez - illustré d'une reproduction pleine page de "Jeune Fille au médaillon" de Marie Bermond (p. [105]) - daté "18 juin"] (p. 103-107)
Louis Vauxcelles : Marie Bermond, étude (p. 108-109)
Marie Bermond : Symphonie en gris et rose, reproduction de tableau [insérée entre les p. 108 et 109 de l'article précédént] (hors-texte)
Marie Bermond : Matinée d'été, eau-forte gravée par G. Gorvel (hors-texte)
Edmond Pilon : L'Intelligence des fleurs, compte rendu [de l'ouvrage de Maurice Maeterlinck] (p. [111]-119)
Pierre-Eugène Vibert : Arbre brisé, bois gravé [en note : "Exposé au Salon d'Automne, 1907"] (p. [121])
Hugo von Hofmannsthal : Ballade, poème [traduit par Henri-Pierre Roché] (p. [123]-125)
Jean-René Aubert : Symphonie, poème (p. [127]-130)
Albert F. Hennequin : Sonnet, poème [pour Jean-René Aubert - en épigraphe, citation d'Epictète : "Quand tu embrasses ton enfant ou ta femme, dis-toi que c'est un être humain que tu embrasses, et alors sa mort ne te "troublera" pas."] (p. [131]-133)
Toulouse-Lautrec : Retour de bal, dessin [collection Rouveyre] (hors-texte)
Paul-Hyacinthe Loyson
Pierre-Eugène Vibert : Paul-Hyacinthe Loyson, bois gravé (p. [137])
Mécislas Golberg : Paul-Hyacinthe Loyson (médaillon), étude [suivie d'une bibliographie de Paul-Hyacinthe Loyson] (p. 139-146)
C. de Jong van Beek en Donk : Âmes ennemies de Paul-Hyacinthe Loyson, compte rendu (p. 147-150)
Paul-Hyacinthe Loyson : Âmes ennemies (fragment inédit), théâtre (p. 151-159)
Paul-Hyacinthe Loyson : Les Préludes (quelques poèmes) : I. Sur la tombe de Keats [en épigraphe : "Here lieth one whose name was writ on water. Keats, mort à 26 ans, voulut qu'on gravât sur sa tombe à Rome : Ci-gît un dont le nom fut écrit sur de l'eau." - daté "Rome, 1893"] (p. 160) ; II. La Découverte [daté "Ligurie, 1892"] (p. 161) ; III. La Demeure (fragment) (p. 162-163), poèmes (p. 160-163)
Paul-Hyacinthe Loyson : Marie Kalff (esquisse), étude [illustrée d'une photographie hors-texte de "Marie Kalff dans le rôle de Florence (Âmes ennemies de P.-H. Loyson)"] (p. [165]-169)
DU THÉÂTRE
Gabriel Boissy : Nouvelle dramaturgie, essai [extrait de La Nouvelle dramaturgie d'Orange, chez Bernard Grasset] (p. 173-174)
Paul Adam, Jules Bois, Marie Kalff, Robert de La Sizeranne, J. Valmy-Baysse : Quelques lettres à propos du Théâtre d'Art communiquées par M. J.-R. Aubert, directeur de la Revue Littéraire, lettres [de Paul Adam (p. 175) ; Marie Kalff (p. 175-176) ; J. Valmy-Baysse (p. 176-177) ; Robert de La Sizeranne (p. 177) ; Jules Bois (p. 178)] (p. 175-178)
Léon Riotor : Les Artistes d'automne, compte rendu [du Salon d'Automne 1907] (p. [179]-184)
Henri Matisse : Paysage, reproduction de tableau [exposé au Salon d'Automne, 1907 - inséré après la page de titre de l'article de Riotor] (hors texte)
POÉSIE
René Arcos : L'Emmuré, poème en vers libres (p. 187-189)
Nicolas Deniker : L'Homme, sonnet [daté "27 février 1906"] (p. 190)
Georges Duhamel : Fragment de l'épopée d'Anthrope, poème en vers libres (p. 191-192)
Max Jacob : Scène d'intérieur, poème en vers libres (p. 193)
Alexandre Mercereau (Eshmer Valdor) : Vertige, poème (p. 194-196)
Jules Romains : Un jour, poème (p. 197)
André Salmon : Ma Béatrice, poème en vers libres [extrait de Fards et tatouages] (p. 198-199)
André Spire : Seul, poème en vers libres (p. 200)
Charles Vildrac : Chrysanthèmes, poème en vers libres (p. 201-202)
André Rouveyre : Maurice Barrès, dessin (p. [204])
PROSES D'ART
Francis Carco : Impressions : Pavots ; Coin de rue, poèmes en prose (p. 207-208)
F[erdinand]. Massé : Figurations nietzschéennes : Ier fragment, étude [à la mémoire de mon frère Henri-Robert Massé - datée "1904"] (p. 209-212)
MÉCISLAS GOLBERG
Mécislas Golberg : Des Réalités : La Morale des Lignes, étude [à paraître très prochainement] (p. 216-223)
Mécislas Golberg : Au hasard des lectures : Mes frasques directoriales, souvenirs (p. 224-228)
Mécislas Golberg : Démence royale (épisode tragique en 1 acte, 5 scènes), théâtre [à mon ami Maurice Cohen - seulement les deux premières scènes] (p. [229]-249)
Mécislas Golberg : Disgrâce couronnée d'épines, journal [à Madame la Comtesse de Béarn / Hommage très respectueux / de Mécislas Golberg - en épigraphe, citation d'Emerson : "Rien n'est frivole comme les mourants." - pages du journal du 1er au 20 novembre - la pagination est spécifique à ce texte clôturant le numéro et poursuit celle du journal publié dans le précédent] (p. 23-41)
Documents
"La Palme du souvenir", par Jean-René Aubert
Au nom des amis admirateurs de la chère mémoire.
L'heure n'est plus aux lamentations.
Golberg, sorti de la lutte charnelle, est entré dans la gloire lumineuse et fière, et rien ne peut entraver l'essor de son verbe.
Élevons nos regards à la hauteur de l'absolu qu'il hantait dans ses rêves tenaces, et ne bataillons pas avec de minces ricaneurs autour de la mémoire sacrée.
Le seul écueil qui puisse éloigner les regards de son œuvre, c'est la basse pitié pour sa vie. Et ceux qui ont intérêt à le tuer dans sa pensée, s'apitoient : le pauvre, le malheureux, le macabre !... — Ne côtoyons pas cet égout.
Ce nous est une consolation — à côté de certains journaux, français ou étrangers, qui oublièrent l'idée pure du poète pour ne voir que son visage, non pas même de lutteur martyr, mais de vaincu, — ce nous est un réconfort de lire, en des revues de jeunes, des études consciencieuses.
Les rhétoriciens de l'article mortuaire sont pourvus de cette froide indifférence qui asservit le sentiment, subjugue la naturelle tension des nerfs — ce dont je fus particulièrement incapable sur la tombe, le jour des obsèques, où je ne pus que balbutier une lamentation affolée, entrecoupée de sanglots.
La prostration où nous laissa son départ, a fait place au devoir qui nous incombe. Laissant claquer au vent notre manteau de tristesse, nous épandrons la vie lumineuse de son esprit pur.
Si la mort emporte et disperse la matière, elle rassemble l'âme et la libère des servitudes.
L'essor commence. Des plaintes et des larmes ne le doivent plus troubler. Laissons à la transfiguration le temps de s'accomplir. À la place de l'homme et de l'ami, nous retrouverons l'esprit immortel.
Et nous dédaignerons ces moralistes, qui dépeignent les seules faiblesses du corps. Ils ne comprennent pas l'étendue des désastres où se débattait Golberg. Des mois entiers, cantonné entre quatre murs, avec, pour toute fréquentation sa femme de chambre et le médecin, ou le marchand-directeur du sanatorium, avec les souffrances et l'approche de la mort... puis, les travaux et les projets qui s'effondrent... encore, des amitiés qui fuient sur l'autre rive, celle de la vie sensationnelle, bruyante et affairée… et voilà l'être torturé qu'ils ont dit irascible !
Certains ne lui ont-ils aussi reproché son style ? Ils eussent mieux fait de lire, auparavant, les subtiles et fortes pages sur Régnier et Moréas, le Prométhée repentant, de pensée haute et de langage si digne, les Lettres à Alexis, qui ont révélé un voyant calme, doux et subtil, les Fleurs et Cendres, si vivantes d'art et d'impressions émouvantes...
Mais laissons faire le temps.
Le cahier que nous publions, — où l'on trouvera ce chant du cygne : Disgrâce couronnée d'épines, — a été composé par Golberg et corrigé entièrement de sa main. La mort l'interrompit...
Voici donc son ultime effort d'art. Nous l'offrons en souvenir suprême à ses amis et admirateurs, et, en leur nom, aux amis et admirateurs inconnus.
Un jour, s'élèvera sur la tombe, à Fontainebleau, l'admirable buste qu'a fait de lui Bourdelle, — stèle portant l'inscription d'une de ses pensées, du Prométhée repentant, qui résume sa vie : « La paix ne règne pas sur les cimes ».
Et, plus tard, l'œuvre imprimée se complétera, quand les exigences de la vie permettront de conclure enfin les campagnes où il collabora sans relâche : cette Jeune Champagne fleurie d'espoirs, cette Revue Littéraire qui groupa ensuite l'art et les lettres d'aujourd'hui et de demain, et Poliche, rieuse un peu, hardie aussi pour mener le bon combat.
Désormais, pour un temps, de graves questions de pitié, de solidarité, ont fait surgir de la vieille Athènes des Gaules, l'Entraide, œuvre humanitaire et sociale, qui va nous réclamer.
Mais les heures de calme et de loisir reviendront. Les campagnes qu'aida Golbert atteindront leurs suprêmes résultats, encore indécis. Et rien ne sera oublié.
Cette palme du souvenir, — pour nous, pour ses amis, — ni le temps verseur d'oubli, ni les travaux exigeants de la vie, ne sauront la dessécher !
Jean-René AUBERT.
"Louis Le Cardonnel", par Paul Andra
"Matinée d'été", par Marie Bermond
"Arbre brisé", bois de P.-E. Vibert
"Retour de bal", par Toulouse-Lautrec
"Paul-Hyacinthe Loyson", bois original de P.-E. Vibert
"Paysage", par Henri Matisse
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