CARREFOUR2e année - N° 7 (Décembre 1932)
[Date de publication : Décembre 1932 - Couverture : Illustrée et imprimée en noir sur papier beige ; Titre, Sous-Titre, Année, Deuxième année, Mention ("N° de Noël") - 2e de couverture : Mention ("Sans but lucratif"), Titre, Sous-titre, Adresse, Directeur, Comité directeur, Secrétaires de rédaction, Abonnements, Mentions ("Il sera rendu compte de tout ouvrage adressé au siège de la Revue. / Les auteurs sont seuls responsables de leurs articles. / Les manuscrits ne sont pas rendus. / Tous droits de traduction et de reproduction réservés."), Sommaire - 3e de couverture : Encarts publicitaires (Editions Labor. - Viennent de paraître : Tarzan, le chef-d'œuvre de Van Dycke / Plus passionnant que Trader Horn / Roman tiré du film de la Métro-Goldwin-Mayer // Le Pain noir par Hubert Krains / Au beau plafond par Ed. Glesener / Belgique, terre d'exil par Piérard et Pierson) - 4e de couverture : Encart publicitaire (pour "L'Eglantine (Maison d'édition)" : Viennent de paraître : Bruxelles... Atmosphère 10-32, par Albert Guislain / Autour du perron (images liégeoises) par Charles Delchevalerie / Verviers la bonne ville par Joseph Meunier / Pour paraître très prochainement : Synthèse d'Anvers par Roger Avermaete) - Bas de pages 150, [156], 170, 174 : Appel ("Afin d'éviter du travail et des frais, nous prions instamment nos abonnés de verser le montant de leur abonnement pour 1933 (soient : 25 frs) au compte chèque postal 2222.98 de J.-L. Vandermaesen.") - Page [156] : Bibliographie (Éditions Carrefour : J.-L. Vandermaesen, Les Faces noires / Jean Roussel, Les Aubes ferventes / Joseph Mercier, L'Âme éparse) - Bas de page [176] : Encart publicitaire (Papeterie Paquet-Schobben) - Remarque : Décalage du foliotage - Pagination : 40 pages]
Sommaire
Carrefour : Notre bilan, éditorial (p. 141-143)
J[ean].-L[ouis]. Vandermaesen : La dernière de Jean Martot, récit [à Henri-Jacques Proumen - d'un volume à paraître] (p. 144-150)
Luciane : Les mots, poème (p. 151-152)
René-Antoine Maréchal : Résonnance, poème en vers libres (p. 153)
Raymond Offner : De la Société à notre époque, essai (p. 154-[156])
René-Antoine Maréchal : Chez les sculpteurs, étude [sur le sculpteur Frédéric Valentiny] (p. 157-[158])
Ram. [René-Antoine Maréchal] : Chronique picturale, comptes rendus [des expositions de l'Abbé Reymen au Lutétia ; Alfred Martin au Rialto ; Mathilde du Monceau et Jean Ubaghs au Cercle des Beaux-Arts - (p. 159) ; des visites d'ateliers de Iankelevitch et Lucien Hock - (p. 160)] (p. 159-160)
J[oseph]. Mercier : Lettres de Provence, chronique [à propos de la "Laure" de Pétrarque] (p. 161-163)
J[oseph]. Mercier : L'insaisissable vérité, poème [extrait de Les Images de Provence, recueil à paraître] (p. 163-164)
Rosaire Dion-Levesque : Lettres d'Amérique, chronique [compte rendu de Le Coffret de Crusoé, poèmes par Louis Dantin] (p. 165-167)
Jean Roussel : Courrier nord-africain : Le Cloaque, chronique [Pour contribuer à l'étude de la "Chose Littéraire" en l'an de grâce 1932 - à propos d'un supposé plagiat des Mutins de Robespierre de Pierre Hubac paru chez Flammarion sous la signature de Jean Le Gouin] (p. 168-170)
Albert Lentin : Le Muezzin ; Le Poète, poèmes (p. 171)
Jean Roussel, J[ean].-L[ouis]. Vandermaesen : Les Livres, comptes rendus [de Marc Brimont : Les visages de pierre - (p. 172) ; Prosper Gien : Cristal - (p. 172-173) - signés Jean Roussel ; Paul Vovard : La Villa des mimosas (1 acte) ; Miss Maghy (1 acte) - (p. 173-174) ; Désiré Grevesse : Christiane (pièce en 3 actes) - (p. 174-175) ; Gustave Peytavi de Faugères : Mussolini - (p. 175-[176]) ; Louis Durbecq : Passe-temps - (p. 177) ; Joseph Joset : L'Imagier (poèmes) - (p. 177-178) ; Edouard Peisson : Parti de Liverpool - (p. 178-180) - signés J.-L. Vandermaesen] (p. 172-180)
J[ean].-L[ouis]. V[andermaesen]. : Parmi les revues, chronique [Signalons deux nouvelles venues : Caméra qui se propose d'orienter le cinéma vers des destins dignes de cet art. Préparation, organe d'un groupe d'intellectuels, qui, par-dessus la mêlée des partis, s'occupe d'études sociales... ; Books Abroad, "Histoire et Littérature en Amérique latine" par Xavier Abril. ; Iris (novembre) un bien beau poème d'André Voisin... ; Les Humbles, un appel de Romain Rolland en faveur d'Henri Guilbaux... ; La Parole universitaire, un bien bon article de Raymond Scheyven... ; J'ose, de bonnes pages de Marie Gevers... ; L'Avant-Poste (directeur Maurice Quoilin). Une étude de... l'œuvre de Maurice Quoilin par Willy Daumerie... ; Livres... ; Revues...] (p. 180)
Document
"Notre bilan (p. 141-143)"
C’est un mot assurément. Nos lecteurs sont trop avisés pour ignorer les mille et un aléas d’une entreprise comme la nôtre. S’il y a quelque fierté à montrer qu’après deux ans et en dépit des innombrables difficultés qui nous assaillent, nous sommes toujours debout et vibrants comme à la première heure, il y a également une certaine pudeur à taire des choses dont la révélation mettrait mal à l’aise ceux qui nous lisent. Carrefour n’est pas spécialement notre revue, mais la leur. Si, rendant compte de notre travail, nous les informions en même temps du compte « profits et pertes », nous avons la conviction que beaucoup se poseraient cette question : « Avons-nous réellement fait tout notre possible pour que Carrefour vive ? »
Certes la contribution de chaque abonné est précieuse. C’est même notre unique ressource si on excepte deux pages d’annonces. Mais notre programme est aussi celui du lecteur et il est hors de doute que d’autres s’y rallieraient s’ils en étaient instruits. C’est ici que chaque abonné pourrait apporter une aide grandement efficace et sans débourser davantage. Ce serait à désespérer du prochain si le lecteur le plus timide ne parvenait pas à nous amener un nouvel abonné. Autrement dit, il suffirait d’un tout petit effort de la part de chacun, pour doubler, même tripler nos effectifs.
Sans doute l’année qui s’achève n’a pas vu se réaliser tous les projets que nous vous présentions, voici douze mois. Mais outre que c’est là une preuve de ce qu’il y a encore de la bonne besogne à faire, c’est – tenant compte de ce qui a été fait et des difficultés matérielles avec lesquelles nous sommes aux prises – c’est, disons-nous, la preuve incontestable d’un bel effort.
Sept cahiers en douze mois, c’est peu, dira-t-on. Qu’à cela ne tienne, nous savons prendre nos responsabilités.
Tout d’abord – et si le mot était moins vieux – nous pourrions répondre que nous ne vendons pas du papier mais des idées. Encore que 25 francs soient le prix d’un mauvais roman, que nos sept cahiers représentent un livre déjà respectable, on nous rendra cette justice de n’avoir publié que des textes à l’abri de tout reproche. C’est plus rare qu’on ne croit. Et puis il est une chose que nul ne contestera : la parfaite unité de chacun de nos cahiers. Et cela aussi est appréciable et d’ailleurs apprécié. Les témoignages à ce sujet de la presse et autres sont édifiants. Il y eut bien une couple de pense-petit pour insinuer que nous servions des desseins politiques, mais le fait qu’ils mirent deux ans pour se rendre compte que nous existions et ce malgré que nous leur avons fait le service de nos cahiers depuis le début, voire en dépit de leur empressement à protester et de leur sympathie et de leur gratitude quand il nous arriva de dire – en toute justice d’ailleurs – du bien de leurs livres, crie hautement le genre de sentiments qui les anime. Passons.
Malgré tout, nous avions des scrupules. Nos cahiers furent copieux, certes, mais notre intention était d’en donner dix et non sept. Nous avons fait ce que nous avons pu. Est-ce assez ? Ce n’est pas nous qui nous en vanterons. C’est pourquoi – et à seule fin de témoigner notre bonne volonté à ceux qui nous font confiance, nous avons – à titre gracieux et jusqu’à concurrence du possible – adressé l’une ou l’autre de nos éditions à nos abonnés. Il se fait donc qu’en plus des 180 pages que représentent nos sept cahiers, la majorité de nos abonnés a reçu un livre d’une valeur de 10, 12 ou 20 francs. Nous n’en eûmes pas pour tous mais nous sommes d’autant sûrs que notre geste sera apprécié, que le lecteur, en s’abonnant, désira avant tout marquer sa volonté de coopérer à notre mouvement.
Nous n’insisterons pas autrement sur nos réalisations à venir. Nous croyons avoir donné des preuves de ce qu’on peut attendre de nous à condition d’être secondés. C’est sur vous, lecteurs, que nous comptons surtout. Nous vous demandons non seulement de nous continuer votre confiance, mais encore de faire en sorte que d’autres abonnés nous arrivent par votre intermédiaire. Si par nos seuls moyens, bien faibles hélas ! nous sommes parvenus à susciter des sympathies jusque dans les contrées les plus éloignées, sera-t-il dit que vous-mêmes n’avez su rallier un seul de vos amis personnels ? Nous voulons croire le contraire puisqu’aussi bien vous nous fîtes confiance jusqu’ici et que nous-mêmes y avons répondu…
Un confrère – il n’est d’ailleurs pas le seul – nous écrivait récemment : « Comment faites-vous pour résister à Carrefour ! »
Nous nous sommes empressé d’expliquer à ce brave homme, la raison du miracle : la confiance de ceux qui nous lisent, notre foi ardente en l’idéal humain.
Cette exclamation de la part d’un confrère s’occupant lui-même de la rédaction d’une revue, est pleine d’enseignements pour le lecteur, lequel aurait bien le droit d’être instruit des petites et grandes tracasseries dont sont l’objet ceux qui sont encore assez courageux pour placer l’idéal par-dessus tout, n’obéir à aucun mot d’ordre, en un mot : marcher droit. On vous a dit cent fois que la vie était dure pour les « petites » revues. Mais plus dure est la vie pour les revues indépendantes.
Nous pourrions écrire longuement là-dessus. Mais ce ne serait plus dans le ton de cet article. Nous y reviendrons d’ailleurs.
Toutefois, nous voudrions nous y arrêter un instant, non sans spécifier que les lignes qui vont suivre, s’adressent davantage à ceux de nos confrères désireux de réagir contre le courant. Nous leur demandons :
Oui ou non, avez-vous la conviction de ce que Carrefour analyse consciencieusement tous les ouvrages qu’il reçoit et que ses commentaires sont aussi sincères que désintéressés ?
Avez-vous rencontré partout la même chose ?
Au contraire n’avez-vous pas vu faire la conspiration du silence autour de vos œuvres ou, ce qui pis est, en donner un commentaire de trois lignes qui ne disait absolument rien, sinon qu’on ne vous avait pas lu ?
Artistes, écrivains, admettez-vous, en somme, que d’aucuns se permettent de juger d’un mot le travail qui nous prit plusieurs mois, voire, plusieurs années ?
Ne répondez pas. Nous savons que ça vous révolte autant que nous. Mais tandis que nous réagissons, votre apathie se fait complice de bien des déshonnêtetés. Nous voulons dire que vous aussi avez intérêt à voir la critique indépendante. Carrefour, ce nous semble, a bien fait quelque chose dans ce domaine. Que faites-vous pour aider Carrefour ?
Vous avez cent autres obligations, dites-vous ? Nous aussi, et tout nous autorise à croire que nous sommes plus pauvres que vous. Et si c’est un fait qu’autant que nous, vous avez soif de justice et d’équité, convenez pourtant qu’il est bon que d’aucuns le proclament et appellent à eux les partisans de la vraie fraternité. Qu’importe le dédain que d’aucuns manifestent pour notre art ! Nous laissons au lecteur le soin de juger si nous le déshonorons par nos écrits. Pour nous, nous savons que notre œuvre est utile et cela seul compte. Si vous pensez de même, soutenez-nous.
À l’heure où plus personne ne sait où il va, nous sommes heureux et fiers d’afficher notre devise :
HUMAINS D’ABORD, POÈTES ENSUITE.
Carrefour.
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[INDEX DES RECENSÉS]
[ACTUALITÉ AUTOUR DES PETITES REVUES]
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