dimanche 8 mars 2026

LA BELLE FRANCE N° 12 (2e année) - MAI 1919

[Titre : LA BELLE FRANCE - Sous-Titre : Revue d’art - Fait suite à : L’ART DE FRANCE – Organe de l’Association Amicale des Artistes, Artisans, Architectes et Amateurs d’Art [1913-1914] dont 11 numéros parurent de juin 1913 à juin 1914 constituant la 1ère année de publication ; LA BELLE FRANCE en poursuit la numérotation - Devient : LA DOUCE FRANCE à partir du n° 15 (octobre 1919)  - Dates de publication : 3 numéros du n° 12 (mai 1919) au n° 14 (août-septembre 1919) - Périodicité : mensuelle - Lieu de publication : Paris - Format : 160 x 240 mm - Couverture : Imprimée en noir sur papier crème - Pagination :  de 80 à 88 pages (pagination suivie) - Prix et abonnements : Paris et départements. – Numéro = 4 francs ; Abonnement d’un an = 32 francs ; Étranger (Union postale). – Numéro = 4,50 francs ; Abonnement d’un an = 40 francs ; Tirage de luxe à 15 exemplaires sur Vergé d’Arches numérotés. – Abonnement d’un an = 50 francs - Directeur : Adolphe Cadot - Rédacteur en chef : Emmanuel de Thubert - Collaborateurs (liste exhaustive) : François Bidet, Léon Bloy, Paul Claudel, Armand Dayot, Grandigneaux, Francis Jammes, Olivier Calemard de La Fayette, Philéas Lebesgue, Philibert de L’Orme, Georges Pradelle, Germaine de Roctière, Sanglar, Sidi Mohammed Ben El Houçaïn, Emmanuel de Thubert, François Villon - Illusrateurs : Émile Bernard, Georges Bruyer, Jules Flandrin, Henri Lebasque, Albert Lepreux, François Pompon, Paul Sérusier - Adresse : 251, boulevard Raspail, Paris - Gérant : Emmanuel de Thubert, puis, à partir du n° 13 (juin-juillet 1919) : Paul Thomas - Imprimeur : Imprimerie Aubun à Ligugé (Vienne)]
LA BELLE FRANCE
N° 12 (Mai 1919)
[Date de publication : Mai 1919 - Couverture : Année, Numéro, Date, Titre, Sous-titre, Rédacteur en chef, Illustration, Adresse - 2e de couverture : Titre, Directeur, Rédacteur en chef, Année, Numéro, Sommaire, Abonnements, Mentions ("M. Ad. Cadot reçoit le Mercredi soir, 38, rue de Turin." / M. Emm. de Thubert reçoit aux bureaux de La Belle France, 251, Boulevard Raspail, les mercredi et samedi, de 10 h. à midi." / Adresser tout ce qui concerne l'administration à M. Paul Thomas (Bureaux de la revue, 251, Boulevard Raspail)."), Tirage de luxe - 3e de couverture : Mentions ("Quelques suites complètes de L'Art de France sont en vente au prix de 40 fr. sur papier ordinaire, et de 60 fr. sur papier de Hollande." / "La Belle France paraît sur papier vergé d'Arches à 15 exemplaires numérotés : Prix de l'abonnement : 50 francs.") - 4e de couverture : Imprimeur - Page 88 : Encart publicitaire (dessin de Paul Sérusier) pour l'Atelier Ranson, 7, rue Joseph-Bara, Paris VIe - Bas de page 88 : Gérant - Pagination : 88 pages]
Sommaire
La Rédaction : A nos lecteurs, à nos amis, adresse au lecteur (p. [1]-2)
La Rédaction : Notre programme, manifeste (p. [3]-6)
La Rédaction : "La Belle France" revue d'art, éditorial (p. [7]-9)
Emmanuel de Thubert : Le Tombeau d'Henri Favre, poème [en épigraphe, citation du "Psaume I, 8" : "Ecce enim veritatem dilexisti : incerta et occulta sapientiae tuae manifestati mihi." - daté "Novembre 1916" - en note : "Pièce liminaire d'un recueil de poèmes à paraître sous le titre : Le Tombeau d'Henri Favre. / La revue publiera prochainement les études sur la forme que contient la Série Naturelle d'Henri Favre. / J'exposerai moi-même, d'après des notes prises au cours de nombreux entretiens, quelle était l'esthétique de mon vieux maître."] (p. [10]-11)
Olivier Calemard de La Fayette : A ma petite "Victoire de Samothrace", poème (p. [12]-13)
Georges Pradelle : Architecture, poème en prose (p. [14]-18)
Emmanuel de Thubert : Il nous faut des maîtres d'œuvre, essai (p. [19]-25) 
La Rédaction : L'Architecture de la victoire, étude [à suivre] (p. [26]-42)
Philibert de L'Orme : Pages oubliées : Le vrai et le faux architecte, essai [en note : "Chapitre X du Livre I de l'Architecture de Philibert de L'Orme pp. 21b et 22a. Le titre du chapitre est celui-ci : L'Architecte devoir manifester ses inventions par desseings et portraits tant de plates formes et montées que autres et signamment par un modelle qui représentera au naturel tout le bastiment et logis. (Le Premier Tome de l'Architecture de Philibert de L'Orme. Paris, chez Frédéric Morel, rue Saint-Jean de Beauvais, 1568)."] (p. [43]-46) 
Emmanuel de Thubert : Le Mouvement décoratif, comptes rendus [Au Pavillon de Marsan, au Musée Galliéra, aux Arts et Métiers, etc. - (p. [47]-54) ; Un style national - (p. 54-58) ; L'esprit des cathédrales et l'Arc de triomphe - (p. 58-60)] (p. [47]-60) 
Emmanuel de Thubert : Dans les ateliers : Jules Flandrin, étude [illustrée de 11 dessins de Jules Flandrin dans le texte et de 2 dessins hors-texte (p. [68]-[69])] (p. [61]-72) 
Emmanuel de Thubert : Les Inconnus : Un grand sculpteur de petites bêtes, étude [consacrée à François Pompon - illustrée de 3 dessins de François Pompon dans le texte] (p. [73]-77) 
*** : Revue des Revues, chronique [La Revue Contemporaine, n° du 25 janvier 1919. - "La Mission de l'Artiste", par Gabrielle Castellot... ; La Gerbe, n° de février 1919. - "Notes d'un artiste", par Paul Deltombe... ; L'Opinion, n° du 1er mars 1919. - Sous le titre "Taylor et Ruskin", M. Pierre Hamp traite de la philosophie du travail... ; Le Monde Nouveau, n° du 20 mars 1919. - Quatre pages de M. Dugald Sutherland Maccoll intitulées : "Architectures française et anglaise"... ; L'Architecture, année 1919, n° 1 à 8. - Les articles de critique, et ceux d'érudition, tout est excellent dans cette revue... ; L'Art et les Artistes, nouvelle série, n° 1. - De M. Léonce Bénéditte, Le Salon et son histoire, étude historique illustrée de reproductions de Gabriel de Saint-Aubin...] (p. [78]-81) 
*** : Bibliographie, comptes rendus [de : Histoire de la peinture française au XIXe siècle (1793-1903), par Louis Dimier - (p. [82]-85) ; L'Architecture classique à Saint-Pétersbourg à la fun du XVIIIe siècle, par Louis Hautecœur - (p. 85-87) ; "L'abondance des matières nous oblige à remettre aux numéros suivants la suite de la Bibliographie... - (p. 88)] (p. [82]-88)

Documents

"À nos lecteurs, à nos amis"

La revue L’Art de France se représente à ses abonnés et à ses lecteurs sous le titre de La Belle France. Nous espérons que les artistes et les personnes du monde qui l’avaient encouragée à ses débuts lui accorderont encore leur sympathie.

On sait qu’une association amicale, sous le titre de L’Art de France, s’est fondée, depuis la guerre, pour ouvrir un lieu de réunion aux bonnes volontés des divers milieux artistiques. Nous sommes heureux d’avoir contribué pour une large part à la fondation d’une société si intéressante. Elle nous doit ses premiers adhérents. Nous lui avons aussi donné son titre.

C’est afin de prévenir toute confusion que nous prenons nous-mêmes le titre de La Belle France. Nous ne saurions, en effet, nous borner à la propagande de l’association amicale. Notre devoir est de suivre avec la même attention les tentatives des groupes qui se fondent encore. En outre, la notoriété de l’association amicale est maintenant suffisante pour qu’elle n’ait plus besoin de l’appui de la revue. Nous tiendrons donc nos lecteurs au courant de son action, comme nous les instruisons du mouvement de toutes les sociétés similaires, et nous témoignerons à son égard de la même impartialité.

Malgré une si longue interruption, on avait bien voulu ne pas nous oublier. On s’inquiétait de notre réapparition. Des abonnements ont même été souscrits pendant la guerre. La sympathie qu’on n’a cessé de nous témoigner nous a profondément touchés. Avant d’aller plus loin, que tous nos amis reçoivent ici nos remerciements.

"Notre Programme"

Nous avons exposé trop longuement notre programme, lors de la première apparition de la revue, pour que nous croyions nécessaire de le développer aujourd’hui. Nous en rappellerons seulement les points principaux.

Nous nous sommes fondés dans un moment où l’Allemagne venait d’engager la lutte contre nos artistes et nos industriels. Elle ne doutait pas, alors, d’avoir créé un style qui dût s’imposer au monde. Au moins pouvait-elle prétendre à s’emparer du marché de l’art, puisque nos industriels semblaient prendre à cœur de ne lui opposer rien. En vain les artistes leur offraient des modèles avec lesquels ils pussent tenter de reprendre la clientèle que leur enlevaient les Allemands. Ils se confinaient dans l’exploitation des styles. La crise que la campagne allemande avait ouverte dans l’art décoratif se compliquait donc d’une hostilité, ou tout au moins, d’un manque d’entente des plus déplorables entre l’art et l’industrie.

Or les Allemands devaient se rencontrer avec nous à l’Exposition Internationale que nous organisions à Paris pour 1916, et, de toutes parts, nous entendions douter que nos industriels possédassent assez de modèles pour résister à leur menace. Nous voulions donc susciter la formation d’ensembles d’architecture et d’ameublement, de manière à assurer en 1916 le succès de l’industrie française.

La rencontre se produira-t-elle en 1922, comme certains l’annoncent, ou en 1924, ainsi que d’autres le croient ? On sait qu’un projet d’exposition est discuté pour l’une ou l’autre de ces dates. L’Allemagne y sera-t-elle conviée ? ou bien l’exposition nous sera-t-elle réservée, à nous et à nos alliés ? Nous attendrons, pour rien augurer, que soit fixé le statut européen dont les termes s’élaborent à Versailles. Nous savons au moins dès à présent, et quel que doive être l’avenir, que l’Allemagne a continué de fabriquer son style, et qu’elle se tient prête encore à nous envahir.

D’autre part, les industriels, malgré quelques tentatives assez heureuses pour qu’il convienne de les louer, ne paraissent pas décidés à poursuivre des recherches de moderne qui seraient si favorables au succès de leur maison. Nous ne voyons pas, non plus, que leurs relations avec les artistes soient encore aussi étroites qu’il est nécessaire. Tant que les possibilités d’un contrat d’édition ne seront pas définitivement acquises, d’ailleurs, la gêne, sinon plus, subsistera entre les artistes et les industriels.

Enfin, nombre de questions dont dépend l’avancement de notre art, celle de l’apprentissage, notamment, sont encore à l’étude, et nous pouvons seulement espérer que la victoire va nous aider à leur donner une solution convenable.

Hélas ! nous avons à déplorer la perte de bien des hommes qui venaient nous apporter le concours de leur intelligence et de leur autorité. La guerre nous a douloureusement frappés, ici. Quelques-uns de nos plus dévoués collaborateurs, quelques-uns de nos meilleurs amis, morts pour la France, allaient proposer à l’opinion publique et au Parlement de nouvelles vues pour résoudre les difficultés de notre art. C’est avec eux que s’était élaboré le programme de la revue. C’est en nous rappelant comme ils pensaient que nous le résumons aujourd’hui. Les questions n’ont pas changé, et les survivants sont toujours d’accord avec les morts. Nous aimerions que nos lecteurs les entendissent en même temps que nous. Les vues que nous avions prises ensemble forment-elles un corps de doctrine ? Nous n’avons pas la prétention de le croire. C’est, au moins, une profession de foi, le résultat logique d’études poursuivies en commun : un ensemble d’idées claires. L’État seul, les Villes, les Chambres de Commerce peuvent décider sur certaines des questions que nous étudions. Pour d’autres, c’est l’intelligence du monde, les mœurs de l’époque. Quant à nous, nous continuons de mettre au point tant de systèmes, tant de théories que suscite le mouvement de notre art. La revue reste donc ouverte, avant tout, à la critique des idées.

Voici les points de notre programme sur lesquels nous sommes appelés à revenir sans cesse :

1° Étude parallèle de l’esprit français et de l’esprit allemand. Invention et inspiration françaises. Industrie allemande ; industrie française. Causes de la supériorité dans le passé de l’art français. Conditions nécessaires à sa prééminence.

2° Réunion des artistes et des artisans autour de leur directeur naturel, l’architecte maître d’œuvre.

3° Rapprochement de l’architecte maître d’œuvre et de l’amateur. Formation de groupes de production artistique.

4° Apprentissage à l’atelier.

5° Vues et projets pour l’extension, l’agrandissement et l’embellissement de Paris et des villes. Reconstitution des régions du Nord et de l’Est.

"« La Belle France » revue d’art"

La Belle France reste une revue de doctrine. Aucune autre ne s’est fondée pour se consacrer à la critique des idées que soulèvent les multiples questions de l’art décoratif. Les revues d’art sont encore des recueils de documents photographiques, dont l’utilité est de premier ordre, puisqu’elles font connaître au public les œuvres de nos artistes et de nos artisans ; malheureusement, l’expression des idées y trouve assez peu de place : ces revues sont faites pour être regardées. Les rédacteurs de La Belle France ont, au contraire, l’espoir d’être lus, car ils ont des idées à défendre, et des explications à donner de l’œuvre décorative contemporaine.

Nous n’entrons en concurrence avec aucune des revues existantes, et nous n'en attaquons aucune ; bien au contraire, nous nous ferons un devoir de signaler à nos lecteurs tout ce qu’elles contiendront d’iconographie intéressante. Notre devoir est de renseigner les artistes et le public sur toutes les tentatives qui se produisent aujourd’hui dans la décoration. Au reste, les questions techniques continuent d’être d’une telle importance que nous consacrerons à leur étude la plus grande partie de la revue.

Chacun des numéros de La Belle France contiendra donc un article sur une des techniques qui se sont renouvelées de notre temps, un article sur l’histoire de cette technique dans le passé ; en même temps, sous le titre de Pages Oubliées, ou de Pages d'actualité, un extrait d’un des écrivains anciens ou contemporains qui se sont occupés de cette même technique. Nous rattacherons ainsi l’actualité au passé, et, à l’occasion de chacune des manifestations nouvelles de l’activité artistique, nous exposerons comment le génie de la décoration contemporaine a ses traditions dans l’histoire de nos anciens styles.

Chacun des numéros de La Belle France contiendra, en outre, l’exposé du mouvement artistique, la description des travaux en cours et l’annonce des projets de décoration.

La Belle France publiera de même les renseignements les plus complets sur le mouvement décoratif des grands centres de la province.

Enfin, nos correspondants nous feront connaître les principes et les tendances de l’art décoratif en Europe et en Amérique. Ils nous signaleront en même temps toutes les influences que notre art exerce encore sur les artistes étrangers, afin que nous puissions favoriser tout ce qui s’inspire, hors de France, de notre génie décoratif.

Les questions de l’art décoratif restent le principal sujet d’étude de La Belle France. Nous réserverons, cependant, une partie de la revue à des chroniques sur la poésie, la musique, le théâtre et la danse.

Chaque mois nous publierons quelques poèmes. En outre, nous relèverons périodiquement quelles sont les tendances de la poésie, de la musique et de la scène. Dans la chronique du théâtre, nous rechercherons, outre les indications qu’il nous donne sur les mouvements de la sensibilité, ce qu’il doit à l’art lui-même pour le décor, la mise en scène et le costume.

La Belle France publiera toujours de préférence les chroniques des techniciens qui sont ses rédacteurs. Néanmoins, la revue reste ouverte aux écrivains du dehors. Toutes les opinions peuvent donc trouver place dans La Belle France. Seulement, la Rédaction, et notamment le Rédacteur en chef, se réserve le droit d’exprimer, à la suite des opinions qui nous seront contraires, l’opinion de la revue.

Dessin hors-texte de Jules Flandrin (p. [68])


 Dessin de François Pompon (p. 76)

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