dimanche 12 décembre 2010

LES BANDEAUX D'OR - FASCICULE XIII (NOVEMBRE 1911)

LES BANDEAUX D'OR
Fascicule XIII (Quatrième série - novembre 1911)
[Date de publication : Novembre 1911 - Imprimeur-Gérant : Jouve - Imprimeur : Imprimerie Jouve et Cie 15, rue Racine, Paris - Couverture : Titre, Année en chiffres arabes (1911-1912), Série, Cinquième Année ; inscriptions sur le bois de PJJ - 2e de couverture : Numéro, Date (année en chiffres romains), Titre, Année, Série, Mention ("Paraissent le 1er de chaque mois, sauf en août, septembre et octobre"), Sommaire, Prix et Abonnement (Sur Japon impérial : 20 fr ; sur Hollande Van Gelder : 15 fr. / sur papier Featherweight : 8 fr. ; un fascicule : 1 fr.), mention ("La reproduction des matières est interdite, sauf citation de source. Il n'est pas répondu aux manuscrits non agréés. La revue ne publie que de l'inédit. Les opinions émises par les auteurs sont purement personnelles."), mention ("Pour les poèmes, un second exemplaire doit être envoyé à Poitiers, chez M. P. J. Jouve, 73, rue de la Tranchée"), Directeur, Secrétaire de la Rédaction, "Eugène Figuière & Cie, éditeurs, 7, rue Corneille" - 3e & 4e de couverture : muettes - Page de titre [p. 1] : Titre - Verso de la page de titre [p. 2] : muet - Faux-titre [p. 3] : Titre, Sous-titre ("Revue de Littérature"), Série, Année (MCMXI-MCMXII), Directeur, Adresse - Verso du Faux-titre [p. 4] : muet - Pagination : 52 pages]
Sommaire
Paul Fort : Montlhéry-la-Bataille / Ce que l'on y cultive, ballade française (p. 5-6)

Paul Castiaux : Le Retour, poème (p. 7-11)

M. Dewailly : Septembre, poème (p. 12)

Théo Varlet : Soleillade, poème (p. 13-15)

Georges Duhamel : [Poèmes :] La Dette (p. 16-17) ; Le Bon Avenir (p. 17)
CHRONIQUES
Théo Varlet : Calepin du Chemineau : Hors la Gloire [Pour extrait : Théo Varlet] (p. 18-20)

Pierre Jean Jouve et Paul Castiaux : Les Poèmes [note : Il sera rendu compte ultérieurement de quelques ouvrages parus depuis janvier 1911 : Paul Fort, l'Aventure éternelle ; G. Chennevière, le Printemps ; F. Jammes, les Géorgiques chrétiennes ; A.-F. Hérold, la Route fleurie ; S.-G. Leconte, la Tentation de l'homme ; H. de Régnier, le Miroir des heures ; E. Verhaeren, les Plaines ; F. Vielé-Griffin, Sapho] : "Il convient que j'expose d'abord les principes..." (p. 20-21) ; René Arcos. - Ce qui naît (E. Figuière et Cie) (p. 22-25) ; Théo Varlet. - Poèmes choisis [1906-1910], chez l'auteur, à Cassis (Bouches-du-Rhônes) (p. 25-28) [exposé liminaire et recensions signés P[ierre]. J[ean]. Jouve] ; Pierre Jean Jouve. - Les Ordres qui changent (E. Figuière et Cie) [recension signée Paul Castiaux] (p. 28-32)

Georges Duhamel : Les Proses [Paul Claudel. - L'Otage (éd. de la Nouvelle Revue française)] (p. 33-38)

A[lexandre]. G[aspard].[-]M[ichel]. : Revue des Revues [M. André Fontainas publie dans le Mercure de France (16 septembre) une étude que je ne saurais dire critique quelle que soit, au reste, mon admiration pour les poésies de Théophile Gautier... ; M. Alexandre Mercereau nous apprend par l'entregent de la Revue Indépendante (octobre) que spleenétique provient du grec... ; Tout serait à signaler dans la Nouvelle Revue française d'octobre... ; Vers et Prose est toujours considérable, mais singulièrement aujourd'hui... ; Dans la Phalange du 20 septembre se poursuit l'enquête sur le latin... ; J'ai gardé pour la fin ces vers de Rimbaud que publie le Mercure de France (16 septembre). Ils sont inédits...] (p. 39-42)

Albert Gleizes : Les Beaux-Arts [note : Les opinions émises dans la chronique des Beaux-Arts n'engagent pas les collaborateurs littéraires de la Revue] : A propos du Salon d'Automne [Charles Guérin, Pierre Girieud, Bonnard, Matisse, Van Dongen, Rouault, Puy, Flandrin, Vallotton, Francis Jourdain, Lombard, Diriks, Marinot, Ottmann, Chabaud, Manguin, Valtat, Marquet, Vlaminck, Grantzow, Dufy, B. Mahn, Picasso, Braque, Derain, Delaunay, Jean Metzinger, Le Fauconnier, Fernand Léger, De la Fresnaye, Dunoyer de Segonzac, Luc-Albert Moreau, Marie Laurencin, Marchand, Othon Friesz, André Lhote, Pissarro, Henry de Groux] (p. 43-51)

Kritikus : Lectures [sottisier] (p. [52]) - en bas de cette chronique, la mention : Les chroniques musicale et théâtrale commenceront dans le fascicule de décembre.
Document
LES POÈMES
Il convient que j'expose d'abord les principes qui dirigeront cette critique, afin que chacun soit assuré d'y retrouver, d'une heure à l'autre, le même esprit.

L'époque ne manque pas de littératures ; il y en a de toutes sortes. Si on regarde d'un peu haut, on voit qu'il y a des courants ; mais les délimiter est difficile. Certains ne sont que le prolongement jusqu'à nous de tourbillons anciens ; d'autres viennent de naître on n'aperçoit pas leur fin. C'est ainsi qu'il nous arrive, à travers une ligne d'œuvres, un écho bien affaibli du Parnasse français. Une autre "tradition" s'attache à perpétuer, dans sa riche préciosité, la manière "symboliste" de 1889. On fait même mieux ; on renoue le fil à Victor Hugo, ou à Racine ; il y a un néo-romantisme, et, en face, un néo-classicisme. Je crois qu'au milieu de tout cela, il y a la poésie d'aujourd'hui. C'est à celle-là que je donnerai la plus grande place. Cette poésie, à peine née, est assez riche en œuvres pour que je ne craigne pas de la présenter. Elle n'est ni parnassienne, ni symboliste, ni romantique, ni classique : elle est autre chose. L'évolution est dans le sens de la nouveauté.

Le symbolisme a considérablement accru les moyens techniques ; par son désir de pénétrer les apparences, il a préparé directement l'art actuel. Celui-ci ne veut être qu'un reflet immédiat du monde. Il n'a plus besoin de conventions verbales ; les perceptions à vif suffisent à sa construction. Il commence à Rimbaud ; mais il s'appuie directement sur les œuvres magnifiques de Verhaeren, de Claudel et de Jammes. Ces trois grands poètes ont montré que la plus haute fin de l'art, c'est aujourd'hui communiquer, dans ses images nues, et selon des ordonnances qu'offre la réalité, un peu de l'univers splendide. La génération suivante a compris l'enseignement de leurs œuvres ; elle a repris le principe pour s'en faire une "tradition". Et les œuvres riches qu'elle produit permettent de croire à l'avenir et de juger, dans le présent, de beautés très diverses.

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