LA REVUE DE L'ÉPOQUEN° 4 (5 janvier 1920)
[Date de publication : 5 janvier 1920 - Couverture : Numéro, Année, Date, Titre, Sous-titre, Prix du numéro (France et étranger), Directeur, Illustration (petit bois gravé avec la devise "Men are to be"), Titre, Périodicité, Abonnement, Adresse, Téléphone - 2e de couverture : Titre, Sous-titre, Périodicité, Adresse, Numéro, Date, Sommaire, Mentions ("Les ouvrages envoyés en vue d'un compte rendu, doivent être adressés impersonnellement à la Revue. Au cas où des auteurs jugeraient à propos de mentionner le nom d'un rédacteur, l'envoi serait considéré comme un hommage personnel, et remis à son destinataire ; l'envoi en double serait donc obligatoire." / Les manuscrits non insérés n'étant pas rendus, les auteurs sont priés de conserver une copie de leurs œuvres." / "La reproduction, la traduction des matières contenues dans La Revue de l'Époque sont formellement interdites. Notre Revue ne publie que de l'inédit." / "Les abonnements partent du 1er Janvier, du 1er Avril, du 1er Juillet et du 1er Octobre. Un numéro spécimen est envoyé contre 1 franc en timbres-poste. Un choix de numéros - contre 3 francs ou un carnet de timbres. Changement d'adresse : 0 fr. 50." / "Le Directeur reçoit le mardi et le jeudi de 3 h. à 6 h."), Abonnements - 3e de couverture : Titre, Sous-titre, Périodicité, Adresse, Mention ("La Revue de l'Epoque, pour favoriser ses abonnés, met en vente quelques volumes de ses collaborateurs. - Remise de 25% aux abonnés. Dès à présent on peut recevoir : Marcello-Fabri, La Folie de l'homme ; Marcello-Fabri, La Force de vivre ; Marcello-Fabri, L'Homme qui devient dieu ; George-Mallet, Les Spectres d'or ; Louis Richard-Mounet, Paul Claudel ; Charles-André Grouas, Les Silves"), Abonnements - 4e de couverture : Titre, Sous-titre, Mention ("En plus de la partie littéraire où nos collaborateurs donnent le meilleur de leurs œuvres - une revue mensuelle de la production artistique est assurée à nos lecteurs par nos chroniqueurs réguliers.") ; Chroniques et rédacteurs (Les Lettres et l'Art en France. - Les Livres : Marcello-Fabri ; La Philosophie : Han Ryner ; Esthétique et Littérature : Jean Royère ; Le Théâtre : L. A. R. Saintarcy ; La Musique : André Marot ; Les Arts plastiques : Georges Laure ; L'Art du livre : Christian ; Parmi les revues : Louis Richard Mounet ; L'Intellectualité agissante : Banville d'Hostel ; Paradoxes légiférés : Pierre Mimin ; Sociologie : Divers / Les Lettres et l'Art à l'étranger. - Allemagne : Fernand Crémieux ; Belgique : Charles-André Grouas ; Espagne (Lettres catalanes et castillanes) : J. Pérez Jorba ; Etats-Unis : J. Lasserre ; Grande-Bretagne : Georges Mallet ; Grèce : Panos Stavrinos ; Italie : Francesco Cucca ; Pays-Bas : Léon Flandre ; Suisse : Claire Goll-Studer ; Yougoslavie : B. Tokine) ; Dépôts ("La Revue de l'Époque : est en vente dans toutes les Librairies importantes.") ; Dépôt général (Librairie Simon Kra) - Bas de page 200 : Imprimeur-Gérant - Pagination : 48 pages]
Sommaire
Marcello-Fabri : Manifeste de la Revue de l'Epoque, manifeste [illustrée d'un bandeau en tête d'article et d'un cul-de-lampe en fin d'article] (p. [153]-154)
Georges Laure : Réflexions sur l'avenir de la peinture, essai (p. 155-156)
X. Nihil : Polylogue sans suite, dialogue critique [illustré d'un bandeau en tête d'article et d'un cul-de-lampe en pied] (p. [157]-158)
Marcello-Fabri : Poème synchronique : Art : Un. Lumière et matière : l'Homme (p. 159), poème en vers libres (p. 159)
Pierre Barniard : Gob, Gob and C° (roman de mœurs littéraires actuelles), roman [précédé des lignes de présentation suivantes : "Il y a environ trois mois, un jeune homme de lettres, dont l'aspect extérieur dénonçait la gêne, s'est présenté à La Revue de l'Epoque et nous a remis, en tremblant, un manuscrit intitulé : Gob, Gob and C° ; nous l'avons informé, naturellement, qu'il nous était nécessaire, avant de prendre une décision, de lire l'ouvrage qu'il nous proposait désespérément, "ayant, disait-il, été refusé partout" - ce que nous ne pouvons croire, à présent que nous avons lu son œuvre ; - très timidement, l'auteur nous quitta, après un court entretien, en omettant de nous faire connaître son adresse, qui n'était pas, non plus, inscrite dans son manuscrit. Malgré l'enquête à laquelle nous nous sommes livrés depuis, nous n'avons pu recueillir aucun renseignement sur le jeune écrivain. Tenant en haute estime cette œuvre curieuse, nouvelle et courageuse, nous nous faisons un devoir de la publier néanmoins, espérant que si la misère n'a pas achevé de le tuer, ou s'il ne s'est pas suicidé depuis comme la fin de son livre peut nous le faire redouter, son auteur la revendiquera, et nous permettra d'inscrire un nom, bientôt connu, sous le titre un peu bizarre de l'œuvre que nous sommes heureux d'offrir à nos lecteurs, encore qu'elle nous semble signée, seulement, d'un pseudonyme." - à suivre - illustré d'un cul-de-lampe en pied de récit] (p. 160-165)
Ricciotto Canudo : Poème : La veuve aux pains de Dragomir, poème en vers libres [Extrait de Chants du poème du Vardar - illustrée d'un cul-de-lampe en pied de poème] (p. 166-170)
Pierre Alin : Histoires de la ville et du village : I. Le vieux ferblantier du village (p. [171]) ; II. Le porcher (p. [171]-172) ; III. Les étoiles (p. 172), récits [illustrés d'un bandeau en tête des récits et d'un cul-de-lampe en pied] (p. [171]-172)
G.-A. Péronnet : Le Parti de "l'Intelligence", étude [à propos d'un article de Gaston Sauvebois, "Pour les cahiers de la Classe Intellectuelle" paru dans Le Pays (juillet 1919), d'un livre de René Lote, Minerve et Vulcain, d'une étude d'Henri Clouard, "Pour une constitution de l'Intelligence" publiée dans le Mercure de France (1er novembre 1919) - illustré d'un cul-de-lampe en pied d'article] (p. 173-177)
LES LETTRES ET L'ART EN FRANCE
Marcello-Fabri : Les Poèmes, comptes rendus [de Marie Cavadia : Pluriel (p. 178) ; Francis Picabia : Pensées sans langage (p. 178-180)] (p. 178-180)
Marcello-Fabri : Les Romans et la Prose, comptes rendus [de Blanche Vogt : Amours socialistes (p. 180-181) ; J.-C. Holl : La Ville-Chimère (p. 181)] (p. 180-181)
Han Ryner : La Philosophie, compte rendu [de Docteur Gustave Geley : De l'Inconscient au Conscient (p. 182-184) ; Camille Spiess : Nietzsche contre la barbarie allemande (p. 184-185) - illustré d'un cul-de-lampe en pied d'article] (p. 182-185)
L.-R. Saintarcy : Les Théâtres, comptes rendus [de Marcel Girette : Le Moyen dangereux ; Fernand Nozière, Le Tour du cadran ; Henri-René Lenormand : Le Temps est un songe ; Memento] (p. 186-187)
André Marot : La Musique, comptes rendus [des premières auditions de La Société Musicale Indépendante - illustré d'un cul-de-lampe en pied d'article] (p. 188-189)
Christian : L'Art du livre, comptes rendus [de Jean Cocteau : Le Cap de Bonne-Espérance et Le Coq et l'Arlequin ; André Salmon : Prikaz ; Gontcharova et Larionow : L'Art décoratif théâtral ; et mentions de Charles-Ferdinand Ramuz : Les signes parmi nous ; Romain Rolland : Liluli ; Georges Duhamel : Lapointe et Ropiteau] (p. 190-191)
Louis-Richard Mounet : Parmi les revues, rubrique [L'Action d'Art : "L'individualisme héroïque et la guerre" par André Colomer ; L'Encrier : "L'Acte de foi de 1919", par Roger Dévigne ; Memento (Le Monde libre, La Revue des Indépendants, Le Faubourg, Belles-Lettres - illustré d'un cul-de-lampe en pied d'article] (p. 192-197)
LES LETTRES ET L'ART A L'ETRANGER
Ivan Goll : Le théâtre allemand moderne, étude (p. 198)
Les trente-six Califes, Dr Demain : Memento, comptes rendus [des Vers... : Dans l'autre patrie, d'Yvonne Estassy ; Vers la paix, de Henri Soulié ; Les Reflets du miroir, de Charles Bauby ; Nuestra señora de la Soledad, de Jean Wallis ; Les Nocturnes incolores, de Lucien Farnoux-Reynaud ; ... et de la Prose : La Renaissance provençale, d'Emile Ripert ; Un chagrin sous les vieux toits, de Marguerite Henry-Rosier ; Henri Barbusse, son œuvre, de Henri Hertz ; Introduction à la biologie micellaire, d'Albert et Alexandre Mary - signé Dr Demain] (p. 199-200)
Document
"Manifeste de La Revue de l'Époque"
Ces histoires de tradition et de norme sont des excuses d’impuissants devant une muse chaude : le génie créateur n’admet pas les règles des autres. Ses propres règles sont en lui. Lui-même est sa règle.
*
Mais les continuelles surenchères sont des batelages de foire. L’artiste de vraie valeur n’éprouve pas le besoin d’attirer des badauds autour d’une estrade. Des exemples sont là. Rimbaud en Éthiopie, Cézanne et Van Gogh en Provence, Gauguin à Papeete dédaignaient la grosse-caisse.
*
Pourquoi des étiquettes ?
Un écrivain est-il un bocal d’apothicaire ?
Ou bien est-ce comme dans les clans politiques et fait-on liste pour faire bloc ?
*
Si les pontifes nous font suer, les fumistes nous saoulent et les politiciens-des-lettres nous écœurent.
Paris-littéraire, oui ou non, est-il un collège électoral, une foire d’empoigne, un lupanar de bellâtres ?
*
Nous voulons tuer l’art du Ventre et du Bas-Ventre ! L’art des cabanons et des asiles ! Le Théâtre pollué qui s’onanise devant un public de voyeurs !
Nous réclamons la camisole de force pour les hérédos et les candidats à la meningitis gummosa – qui ont assez affolé les naïfs avec leur littérature et leur art d’aliénés.
Nous demandons du lait d’ânesse pour les éphèbes qui, ayant inséré six poèmes de quinze vers dans du japon, s’imaginent dès lors être des grands hommes.
*
Nous voulons un art neuf.
Et certainement, nous le ferons.
Mais sans simagrées ni carabistouilles.
Surtout qu’on ne nous vienne pas dire, en nous apportant un Art neuf cuit au Vésuve, que « la guerre est la seule hygiène du monde ».
L’art de demain marchera synchroniquement avec les idées de demain – ou ne sera pas.
*
Entre M. Jean Aicard et M. F.-T. Marinetti, il y a l’univers de ceux qui pensent autrement qu’en pétarades, il y a toute la poésie qui entend vibrer sans cocaïne.
*
L’art humain est Un.
De l’unité de la matière découle l’unité humaine. De celle-ci doit découler l’unité de l’art. et l’unité de l’art doit permettre de révéler l’unicité de l’individu.
Et cela aussi est synchronique.
*
L’individu existe à la fois par ses sens et par son cerveau. Il est ridicule de vouloir sacrifier les uns à l’autre.
Nous dénonçons l’hyperesthésie du tout-par-le-cerveau, pour proclamer la valeur, aussi, de la guenille. Nous en avons assez de cette littérature de « cérébraux ».
Orphée n’est pas Onan.
*
Nous sommes contre toutes les tendances actuelles qui vont vers un art de spécialistes ; contre tous les pédicures, contre tous les arracheurs de dents de l’art !
*
Nous ne voulons pas dire – nous ne dirons jamais – que l’intelligence soit, en art, dédaignable. Mais les sens, affinés par la culture, valent-ils quelque chose ?
Nous protestons contre les œuvres de macrocéphales.
Nous nous élevons contre l’intelligence-mécanisme.
Mais nous prisons trop l’intelligence sensible pour ne pas détester également l’art des céphalopodes !
*
Pour rénover, pour innover – ces mots sont dans la bouche de chaque nouveau-né – il nous faut créer un art susceptible de parler synchroniquement à, et de, l’Univers. Et cela, par des œuvres qui ne soient ni des galéjades, ni des gongorismes. Il nous faut travailler dans le silence, au lieu de cancaner avec les filles publiques, les batteurs d’estrade et les grands électeurs de l’art…
*
Que ceux qui nous sont fraternels viennent à nous fraternellement. Mais que ceux dont la politique littéraire consiste à avoir un pied dans tous les camps réservent pour ailleurs leurs habiletés. Nous nous sentons plus forts avec seulement quelques vrais amis, qu’encombrés des innombrables roublards, au travers des intrigues desquels il est trop aisé de voir clair.
Marcello-Fabri.
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