ENTRETIENS POLITIQUES & LITTÉRAIRESN° 22 (Janvier 1892)
[Date de publication : Janvier 1892 - Couverture : Imprimée en noir sur papier rouge ; Année, Volume, Numéro, Prix, Titre, Sommaire, Adresse, Date - 2e de couverture : Titre, Abonnements, Adresse ("M. Bernard Lazare, 12, Passage Nollet"), Mention du tirage de luxe ("Il a été tiré quelques collections sur Hollande en souscription à vingt francs l'un."), Mentions ("En vente au bureau des Entretiens Politiques et Littéraires : Vol. I - (mars-décembre 1890) très rare : 50 fr. / Vol. II - (janvier-juin 1891) : 10 fr. / - sur Hollande : 20 fr. / Vol. III - (juillet-décembre 1891) : 10 fr. - sur Hollande : 20 fr." ; "N. B. - La plaquette Diptyque offerte en prime aux abonnés est épuisée."), Dépôt ("Les Entretiens Politiques et Littéraires sont en vente chez les principaux libraires et dans les gares.") ; Dépositaire général ("Librairie Charles, 8, rue Monsieur-le-Prince") - 3e de couverture : Encart publicitaire (Photographie Instantanée - Platinotypie / GUY & MOCKEL / 19, Boulevard Montmartre / Paris) ; Annonce ("A paraître : chez Lemerre / Le Miroir des Légendes / par Bernard Lazare") - 4e de couverture : Annonce (Ont paru : Les Cygnes / Léon Vanier, Editeur) ; Imprimeur - Bas de page 48 : Gérant ; Imprimeur - Pagination : 48 pages]
Sommaire
Jules Laforgue : Notes inédites, notes [en tête, ce titre : "Inédits de Laforgue" auquel renvoie la note suivante : "Voir les Entretiens politiques et littéraires de janvier, avril, juillet, septembre et novembre 1891." - les onze premières (p. [1]-6) sont précédées de la précision suivante : "Les Notes qui suivent sont écrites à la mine de plomb, sur onze feuillets de papier blanc jaune, d'environ 113 mm x 110 mm." ; les douze suivantes (p. [7]-11) sont précédées de la précision suivante : "Les Notes que nous publions ci-après figurent sur douze pages non consécutives d'un carnet, n° 24 B de la Papeterie des étudiants et de l'Odéon, Chélu et Bénard, 10, Galerie de l'Odéon, et 16, rue de Vaugirard (dimensions : 95 x 138 mm ; papier : blanc ; tranches : carmin ; couverture : toile cirée noire). Les pages que nous numérotons 1, 2, 3, 6, 7, 9, 10 et 11 sont à la mine de plomb ; 4, 5, 8 et 12, à l'encre noire. Dans ce carnet, d'où une vingtaine de feuillets ont été arrachés et qui en comprend encore soixante-trois, on trouve, en outre, une dizaine de croquis à la mine de plomb et des notes sur le Musée du Luxembourg en 1886 et sur le Salon de 1886, ce qui détermine suffisamment la date de celles qu'on va lire."] (p. [1]-11)
F[rancis]. V[ielé].-G[riffin]. : Aux personnes qui s'intéressent à cette publication, manifeste [daté "Paris, le 1er janvier 1892"] (p. [12]-14)
Francis Vielé-Griffin : A propos d'un livre de M. Émile Verhaeren, étude [à propos de Les Apparus dans mes chemins] (p. [15]-19)
André Gide : Le Traité du Narcisse : Théorie du Symbole, essai [à Paul-Ambroise Valéry] (p. [20]-28)
Henri de Régnier : Cérémonial académique, essai [en épigraphe, citation de Le Malade imaginaire (Passim) : "Trois et deux font cinq et cinq font dix et dix font vingt. Allons, saluez ces Messieurs. Dignus est intrare."] (p. [29]-31)
Bernard Lazare : Les Livres, comptes rendus [de : Les Sept Princesses, par Maurice Maeterlinck (p. [32]-37) ; Vitraux, par Laurent Tailhade (p. 37-39) ; Jalousie, par Jean Psichari (p. 39-40) ; Une honnête femme, par Armand Charpentier (p. 41) ; Au mois prochain nous rendrons compte de : Le Mouvement socialiste en Europe, par T. de Wyzewa ; Les Illuminations et Poésies, par Arthur Rimbaud ; Lassitudes, par Louis Dumur ; Thulé des Brumes, par A. Retté ; A la bonne franquette, par Gabriel Vicaire ; L'Action et le Rêve, par Georges Servières ; Histoire des Doctrines économiques, par A. Espinas ; Les Parisiens, par Francis Chevassu ; On paru : Chez A. Lemerre : La Fée des chimères, par Max Lyau, conte anodin pour es petites filles déjà instruites. ; Chez Marpon et Flammarion : A la recherche des destinées, par Eugène Nus, bonne exposition des problèmes du néo-spiritualisme, des écoles diverses et des théories du bouddhisme ésotérique. Nous reprocherons à M. Nus ses déductions sur la Kalibale, par trop superficielles. ; Chez Chamuel (Librairie des Merveilles) : Recherches psychiques : Traits de lumière, par C. Alexandrowitch Bodisco. Nous aurons à parler de ce livre qui est précédé d'une très intéressante préface de Papus.] (p. [32]-42)
*** : Notes et notules, brèves [Nous lisons dans le Petit Ardennais du 19 décembre : "LA VERITE SUR ARTHUR RIMBAUD" (reproduction de la lettre d'Isabelle Rimbaud à Henry Leyret, rédacteur en chef du Petit Ardennais en réponse aux "notes sur Rimbaud" publiées dans le numéro précédent des Entretiens, et du commentaire de Leyret)... ; Nous recevons la lettre suivante de M. Paul Verlaine (lettre datée "Paris le 5 janvier 1892" et revenant sur certains propos des "notes sur Rimbaud" ; Poursuites contre "L'Endehors". - L'Endehors (12, rue Bochard-de-Saron, Paris) est poursuivi sous l'inculpation assez inattendue d'outrage aux bonnes mœurs pour un article (n° du 27 décembre) qui résolvait dans le sens d'une entière liberté certaine question de morale. Si l'on songe que, depuis neuf mois, notre anarchiste confrère bafoue hebdomadairement la Culotte de Peau et la Robe rouge, on saura le vrai motif des poursuites... et on appréciera la perfidie de l'incrimination. ; Un certain Rochegrosse, qui se dit peintre et même artiste-peintre, vient d'être nommé chevalier de la Légion d'honneur. Faut-il apprendre au ministre de la sottise publique qu'il existe un grand peintre du nom de Renoir ?... ; Vœux. - Nous remercions les personnes qui ont favorisé les Entretiens politiques et littéraires de leurs vœux de bonne année et nous leur renvoyons les nôtres avec l'expression de nos sentiments les meilleurs.] (p. [43]-48)
Documents
"Aux personnes qui s'intéressent à cette publication"
Il n’est peut-être pas inconvenant, au début de cette année 1892, la troisième de notre périodicité, de préciser le caractère, déjà sensible, de cette publication.
Fréquemment (et nous aurions mauvais gré de n’en pas remercier nos gracieux critiques) des juges ont compris, en bonne place, ces Entretiens dans des énumérations de « jeunes revues » ; or nous ne saurions accepter, sans arrogance, cette double gracieuseté ; Jeune, sans contredit, cette feuille mensuelle n’a aucun droit, pourtant, au titre de revue : comment justifierait-elle, si elle y devait prétendre, de l’absence en ses colonnes de toute chronique politique, musicale, artistique, financière ou théâtrale ? Si nous nous permettons, donc, de récuser l’honorable qualificatif, ce n’est, on le constate, que pour nous décharger d’une responsabilité trop lourde et que nous n’aurions jamais assumée. Non, ces Entretiens n’ont eu souci que de justifier leur titre même : on y cause avec agrément, persuasion ou ironie ; on y parle belles-lettres, beaux-arts, musique ou démologie ; on n’y déclame ni vers ni profession de foi. Certains de nos amis, et non des moins perspicaces, se sont étonnés de notre réserve ; certes, nous ne nions nullement (loin de nous ce paradoxe) l’opportunité des revues, nous en recevons même plusieurs tous les mois ; nous y lisons avec intérêt les manifestations diverses de nos contemporains de tous âges et de toutes aptitudes, nous y constatons, avec une satisfaction toujours nouvelle l’erreur d’un condisciple de jadis qui, penché, sans discrétion, sur notre cahier secret de collégien versificateur, au moment même où nous y alignions de furtifs alexandrins, criait d’une voix d’alarme : « Dépêche-toi, il en manque » ; non, il n’en manque pas et il ne manque pas de revues pour les insérer, il n’en manquera jamais. Était-ce donc à nous, intimement persuadé de cette vérité, de mettre en circulation une revue nouvelle ? On conviendra que c’eût été mériter le reproche d’illogicisme – reproche sensible entre tous et dont, à tout prix, nous voudrions nous épargner l’injure.
Appellerons-nous ce léger in-16 carré un « fumoir spéculatif » ; où se donnent rendez-vous quelques esthètes pour y deviser des choses qui les sollicitent, au hasard des circonstances ? Peut-être serait-ce quelque peu prétentieux ; mais, puisque la métaphore nous guide, admettons que M. Paul Adam ouvre grande notre croisée, parfois, pour haranguer d’un beau socialisme idéiste la Rue, puis, se retournant, symétrise en larges synthèses nos divergences esthétiques ; admettons que M. Henri de Régnier se penche, silencieux, pour allumer son cigare d’un feuillet embrasé des Rougon-Macquart ; M. Félix Fénéon déchiffre, en se jouant, d’illisibles manuscrits de Jules Laforgue que lui communiqua M. T. de Wyzéwa ; M. Bernard Lazare narre quelques légendes noblement ou cruellement symboliques ; M. Jean Thorel avertit ; M. Pierre Quillard approuve, à demi ; M. Lucien Muhlfeld logique, objecte ; là, MM. É. Dujardin, G. Vanor, Th. Randal, A. Germain ; ici, MM. Ferdinand Hérold, É. Goudeau, J.-E. Schmitt, G. Mourey, J. Cousturier, G. Lecomte ; M. Bailly donne un conseil ; M. Vanier un renseignement ; d’un sourire, MM. Mallarmé et Verlaine, nos maîtres, approuvent ou admonestent ; la porte toujours, entrebâillée, s’ouvre sur de nouveaux survenants : MM. André Gide, Stuart Merrill, Pierre Louÿs, d’autres, et tant qu’il restera métaphoriquement un fauteuil et un cigare.
Au cours d’une conversation que rapporta M. G. Kahn dans la Revue d’art dramatique, il nous semble, M. Mallarmé parlait d’un ménage britannique qui, chaque soir, sur une scène et devant un public fort assidu, vivait sa soirée familiale, lisant le journal, causant jardinage et domestiques. On ne nous accusera pas d’outrecuidance si, toutes proportions gardées, nous comparons nos Entretiens mensuels à cette tentative intéressante : le journal est remplacé, il est vrai, par le livre du jour ou le four de la veille, le jardinage par la culture du moi et les domestiques par… ce qu’on voudra. Notre public, puisque c’est au succès qu’on doit juger les essais de cette sorte, est assidu et même approbateur. Que faut-il de plus pour prétexter quelques nouvelles douzaines de fascicules ? – Une innovation, d’ailleurs, ralliera les moins sympathiques : notre gracieux collaborateur, M. Bernard Lazare, critiquera désormais chaque mois l’apport littéraire du précédent.
F. V.-G.
Paris, le 1er janvier 1892.
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