mercredi 12 avril 2017

L'ILE SONNANTE N° 14 - FÉVRIER 1911

L'ILE SONNANTE
N° 14 (Février 1911)
[Date de publication : Février 1911 - Couverture : Série (2e), Numéro, Date, Titre (en rouge), Sous-titre, Périodicité (Paraissant tous les mois), Sommaire, Prix du numéro, Adresse - 2e de couverture : Titre, Adresse, Rédaction ("Le Mardi de 5 heures et demie à 7 heures et demie"), Comité de Rédaction, Mentions ("Adresser toutes les communications à M. Michel Puy, 21, rue Rousselet, Paris (VIIe)" ;  "Les manuscrits peuvent aussi être déposés chez MM. Charles Callet, 23 rue de Vaugirard, Paris, 6e (le samedi soir de 9 à 11 h.), Édouard Gazanion, 67, rue Caulaincourt, Paris, 18e (le mercredi de 5 à 7 h.), et Louis Pergaud, 6, rue des Ursulines, Paris 5e (le mercredi soir de 9 h. à 11 h.)", "Les auteurs sont seuls responsables de leurs articles" / "Les manuscrits seront retournés aux auteurs qui en feront la demande, mais l'Administration de la Revue décline toute responsabilité en ce qui concerne les manuscrits qui viendraient à être perdus ou détruits." / "La Revue ne paraît pas pendant les mois d'août et de septembre."), Abonnement, Abonnement d'essai ("3 Numéros : 1 franc") - 3e de couverture : Livres récents (liste), Publicité (Le Courrier de la Presse) - 4e de couverture : Revues à lire (Arlequin, L'Art libreLes Bandeaux d'or, Le Beffroi, Le Centaure, La Chronique des lettres françaises, Le Divan, Le Feu, Les GuêpesIsis, Les Marges, Mercure de France, La Nouvelle Revue françaiseL'Occident, Pan, La Phalange, Les Poèmes, ProposLes Rubriques nouvelles, Le Spectateur, Vers et Prose- Bas de Page [128] : Gérant, Imprimeur - Pagination : 32 pages]
Sommaire
Tristan Derème : Petits Poèmes : "Puisque tout est pareil aux feuillages labiles..." ; "Prends ton manteau..." ; "L'ombre élève un parfum de tilleul et de fraise...", poèmes (p. [97])
Louis Pergaud : L'héroïsme de Jacquot, récit [A Léon Hennique] (p. [98]-105)
Léo Loups : Le gué, poème (p. [106])
Charles Callet Le secret de Tyrtée (conte ancien), conte [A Michel Puy] (p. [107]-110)
Jean Ferval A propos de "Bêtes", étude [sur le succès de De Goupil à Margot de Louis Pergaud] (p. [111]-113)
Fernand Divoire : Les Maîtres, les Disciples et la Poésie, étude (p. [114]-118)
Roger Frène : Les Poèmes, comptes rendus [Tristan Derème : Petits Poèmes - (p. [119]-120) ; André Foulon de Vaulx : La Fontaine de Diane - (p. 120-121) ; André Salmon : Le Calumet - (p. 121-122) ; Edmond Gojon : Le Visage penché - (p. 122)] (p. [119]-122)
Michel Puy Les Revues [Les revues ne comptent guère dans la vie littéraire que parce qu'elles participent à un mouvement général : chacune d'elle, isolée, ne signifierait rien. Parmi celles qui sont les plus importantes par leur format et par le public qu'elles atteignent, le Mercure seul pourrait peut-être avoir la prétention de se suffire à lui-même et de satisfaire un lecteur curieux, parce que, dans sa partie encyclopédique, il rend compte assez minutieusement du travail actuel des idées, tel qu'il apparaît dans les livres et les périodiques. Pour ce qui regarde les revues qui, faute d'un public étendu, se contentent de poursuivre ce but désintéressé d'exprimer des manières de voir et de juger particulières et de présenter au monde des lettrés des écrits de choix, il semble qu'il leur est impossible de s'ignorer l'une l'autre et qu'il y a entre elles une solidarité : car elles prennent part à une tâche commune, elles s'expliquent, se complètent l'une l'autre, vivent dans une même atmosphère, sont parcourues par les mêmes lecteurs. Elles valent par leur nombre, par leur ensemble ; à elles toutes, elles traduisent l'évolution de la pensée et de l'art modernes, elles représentent les préoccupations et les sentiments d'une génération d'écrivains. Trois de ces revues se classent à part par l'intérêt qu'elles présentent pour nous : la Nouvelle Revue Française qui, outre des notes inspirées par le plus sagace esprit critique, a publié depuis sa création une série d’œuvres qui semble apporter un renouveau dans la conception du roman : la Porte étroite de Gide, Fermina Marquez de Valery Larbaud, Jacques l’Égoïste de Jean Giraudoux ; les Marges qui se signalent par une grande indépendance de jugement, par le souci de toucher à tous les sujets littéraires ou artistiques sans pédantisme, et qui visent en même temps qu'à l'énoncé d'idées justes et piquantes, à un certain amusement de l'intelligence ; la Phalange qui est une revue de combat et qui soutient avec un admirable enthousiasme la cause de la poésie, s'attachant à défendre les droits de la poétique nouvelle et à maintenir la tradition de la prose rare. Or, de ces trois revues que nous ouvrons avec une curiosité presque égale, et dont les collaborateurs sont souvent les mêmes, aucune ne nous permettrait d'apprendre que les deux autres, non plus que les autres publications moins compactes, existent. On croirait volontiers que chacune d'elles s'est enfermée à part dans son cercle et ne sait rien des passions qui agitent les cercles voisins. Chacune d'elle tiendrait à nous faire présumer, si nous ne parcourions les autres, qu'à elle seule elle résume tout le mouvement littéraire nouveau et nous en conclurions alors que ce mouvement est bien restreint. Mais le plus étonnant, c'est qu'une bonne partie des petites revues les imitent ; et même certaine, qu'on a taxée parfois de pédantisme, ne cite jamais que la Revue des Deux Mondes, le Correspondant ou la Revue de Paris, comme si elle se piquait d'aller de pair avec des publications aussi imposantes. Or le combat littéraire se poursuit plus par la revue que par le livre. Il peut arriver à tout le monde de feuilleter une revue. Le livre, surtout quand il s'agit de poèmes, ne va guère qu'entre les mains des personnes à qui l'auteur en a fait don ; et le curieux qui se plairait à les parcourir, a, pour se dispenser de les acheter, au moins deux motifs sérieux : d'abord leur prix élevé, ensuite la difficulté de faire un choix dans la quantité de ceux qui paraissent. Quel esprit de particularisme inspire donc les revues pour que chacune s'applique à nier l'existence de ses sœurs ? Cette attitude tient-elle à la concurrence, à l'infatuation des groupes qui les dirigent, à la volonté bien arrêtée de ne faire aucune publicité à une autre revue ? Et chacune vise-t-elle à faire croire qu'elle seule est nécessaire ? Elles n'arrivent au contraire qu'à se condamner elles-mêmes. Comment protesteraient-elles contre le mépris où les tiennent les grands périodiques, lorsqu'elles-mêmes n'essaient point d'orienter leurs lecteurs vers la connaissance de la nouvelle littérature ? Je demanderais à la Nouvelle Revue Française de ne pas me laisser ignorer que la Phalange ou les Marges existent et remuent des idées intéressantes, et serai-je vraiment satisfait par la lecture de la Phalange et des Marges, si je n'y apprends point que la Nouvelle Revue Française publie des romans attachants ? En parcourant les numéros récents des revues, je n'ai trouvé que quatre d'entre elles qui consacrent aux autres revues quelques pages : le Divan, le Florilège, les Nouvelles de la République des Lettres et le Rythme. Pour le lecteur, la revue indispensable serait celle qui le renseignerait d'une manière assez complète sur le mouvement littéraire récent ; si, pour se renseigner, il doit ouvrir toutes les revues, n'y a-t-il pas des chances pour que, cela étant impossible, il se dispense d'en ouvrir aucune ?], chronique (p. [123]-125)
R[oger]. F[rène]., M[ichel]. P[uy]. : Notes, notes [L'idée de perfection. - On attribue ce propos à Moréas : "En poésie, il n'y a que la perfection qui compte", et c'est certainement ce qu'a pu affirmer l'auteur des Stances. D'autre part M. André Gide a écrit : "Le mot grand poète ne veut rien dire ; c'est être un pur poète qui importe", et nul ne s'en étonnera de la part d'un écrivain aussi soigneux... - (p. [126]-128) - signé R. F. ; Ce n'est pas un nouveau douanier. - Sur un mot lancé avec trop de hâte par un virtuose, on a cru quelque temps que la musique à son tour allait avoir son "douanier"... - (p. 128) - signé M. P.] (p. [126]-128)

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