LES HORIZONSN° 8 (Mars 1913)
[Date de publication : Mars 1913 - Couverture : Année, Numéro, Date, Titre, Citation en épigraphe ("Béat soit celui qui agite les masses, dissout la torpeur et fait naître le mouvement. / Emerson"), Sommaire, Prix, Abonnements, Adresse - 2e de couverture : Titre, Directeurs, Périodicité ("La Revue paraît six fois par an, sur un minimum de quarante pages, aux dates suivantes : 20 Février, 20 Mars, 20 Mai, 20 Juin, 20 Octobre, 20 Décembre. / Indépendamment des numéros hors-série dont le service est fait aux abonnés sans augmentation de prix."), Mentions ("La Revue ne publie que de l'inédit." / "Les auteurs sont entièrement responsables de leurs articles." / "Les manuscrits ne sont pas rendus." / "La Revue ne fera pas d'enquêtes."), Adresse ("M. Marcel Millet, 4, Rue des Abbesses, 4"), Mentions ("Les Horizons reçoivent le premier samedi du mois, d'octobre à juin, de 4 heures à 6 heures." / "Les originaux des dessins qui paraissent dans Les Horizons sont en vente 4, rue des Abbesses. La reproduction de ces dessins est interdite sauf autorisation spéciale.") - 3e de couverture : Titre, Abonnements, Mentions ("Tout lecteur qui nous procurera trois abonnements aura droit au service gratuit de la revue pendant un an. / Les abonnés à 6 fr. et à 7 fr. dont le service se termine en Septembre 1913 ou février 1914 recevront à titre gracieux les quatre premiers numéros à paraître après l'expiration de leurs abonnements."), Encarts publicitaires ("L'Argus de la Presse", "Le Courrier de la Presse", "Le Lynx") - 4e de couverture : Encarts publicitaires ("Les Cahiers d'Aujourd'hui" ; "L'Effort libre" ; "Le Courrier européen" ; "Les Hommes du Jour" ; "Les Temps nouveaux" ; "Les Feuilles de Mai" ; En Marge" ; "La Route" ; "La Bataille syndicaliste" ; "Génération consciente" ; "La Mêlée" ; "La Guerre sociale" ; "L'Action d'Art") ; Dépôts ("Les Horizons sont en vente : à Paris chez : Bénard, Galeries de l'Odéon ; Blanchard, 4, Boulevard St-André ; Floury, Boulevard des Capucines ; Stock, 155, Rue St-Honoré ; Chaussier, 67, Rue des Martyrs / à Nice chez : Verdollin-Castellani, 45, rue Gioffredo") ; Bois gravé de Messemin ; Imprimeur - Bas de page 264 : Gérant - Pagination : 40 pages]
Sommaire
Les Horizons : Profession de foi, déclaration liminaire [illustrée d'un bois gravé de Georges Scalup en bandeau (p. [225])] (p. [225]-227)
René Wachthausen : La Vieillesse de la Jeunesse actuelle, étude [à propos de l'ouvrage d'Emile Henriot, A quoi rêvent les jeunes gens - illustrée d'un dessin d'Eugène Messemin en pied d'article] (p. 228-231)
Léon Werth : Rue Saint-Denis, nouvelle [illustrée d'un dessin de Georges Scalup en pied de nouvelle] (p. 232-236)
Albert-Jean : Je ne sais rien de vous, poème en vers libres [illustré d'un dessin d'Eugène Messemin en bandeau et d'un dessin de Georges Scalup pied de poème] (p. 237-238)
Louis Nazzi : Georges Pioch et "Les Dieux chez nous", étude [de l'ouvrage de Georges Pioch] (p. 239-242)
Mateï Rusu : Pensées de Caragiale, présentation [de Ion Luca Caragiale et des pensées reproduites à la suite] (p. 243-244)
Ion Luca Caragiale : De l'art et de la vie, aphorismes [à suivre] (p. 245-247)
Henri Strentz : La tant vieille complainte, poème [illustré d'un dessin de Georges Scalup en tête de poème] (p. 248-250)
Gabriel Reuillard : Devant les hommes, essai [illustré d'un dessin de Georges Scalup en pied d'article] (p. 251-255)
Marcel Millet : Lectures, comptes rendus [de Georges Fourest : La Négresse blonde (p. 256-257) ; Léon Vérane : Dans le jardin des lys et des verveines rouges (p. 258) ; Henri-Marx : La Statue enchantée (p. 258-259) ; Memento : Six lais d'amour de Marie de France présentés dans la plus charmante des adaptations par le talentueux Philéas Lebesgue ; Le front aux vitres, des vers émus et sensibles de René Bizet ; Hors des sentiers battus, un drame assez naïf et par trop emphatique de Ch. Bourcier ; Vaines étreintes, d'Emile Payen, des sonnets d'une obscénité voulue, que je préfère cependant aux pâles élégies coutumières ; livre très spécial, qui plaira sans doute aux très jeunes gens - ou aux très vieux messieurs ; Les Chrysanthèmes, d'Henri Herlemond. Des vers honnêtes... désespérément ; Vie et mort de Rose Amy, enfant, par Estienne et Jane Estienne. Il y a de l'observation et de la sensibilité dans ce livre qui se lit sans ennui, et la Seconde Mère est une nouvelle très émouvante dans sa simplicité..] (p. 256-259)
Jean-Louis : Journal d'un volontaire, essai [en épigraphe : "Pour la défense des lettres de demain, et à la gloire de notre effort d'aujourd'hui"] (p. 260-263)
J. L. : Petite correspondance, rubrique [illustrée d'un dessin de Georges Scalup en pied d'article] (p. 264)
Documents
"Profession de foi (p. [225]-227)"
« Pour moi, si vous voulez connaître mon sentiment profond, le voici : J’ai une impression de classe. Les écrivains qui m’ont précédé sont sous de classe bourgeoise. Je ne m’intéresse pas aux mêmes choses qu’eux. Toutes les crises morales de la littérature sont des crises morales de la bourgeoisie. Musset dans Rolla, ne conçoit qu’une vie de noce. J’ai bien davantage à penser au travailleur et au pain quotidien. Barrès éprouve le besoin d’aller à Tolède, à Venise, pour trouver son âme. Moi, je la trouve dans le peuple qui m’entoure.
Je lui disais : "Vous séparez les gens par nationalités, tandis que je sens la séparation par classes. Ainsi je me sens séparé de la classe bourgeoise, et en union avec des travailleurs de toutes les nationalités ! Oui, je sens autant qu’il est possible les souffrances des plus humbles classes, et mon âme est venue toute seule au bout de mon bras, avec mon pain quotidien. »
Réponse de CHARLES-LOUIS PHILIPPE
(Enquête de LE CARDONNEL-VELLAY).
Nos efforts avaient tenté depuis un an, tout en n’acceptant que des proses et des vers largement humains, de faire des Horizons une revue anthologique de jeune littérature moderne. Mais la vie nous presse et agit sur nous. Notre époque est troublante et nous croyons qu’il est plus courageux d’oser prendre parti dans les luttes présentes. C’est pourquoi on ne trouvera, désormais, ici, qu’une littérature nettement combative.
Un quotidien signalait récemment, sous le titre « une littérature qui revient » la renaissance d’un mouvement libertaire, et citait avec Les Horizons trois publications qui ont toutes nos sympathies. Il faut mettre en tête de cette liste les Cahiers d’Aujourd’hui parus depuis. – Les jeunes hommes de notre temps, qu’ils veuillent ou non, ne peuvent pas ne pas être troublés par les événements divers dont la confrontation s’impose. Et puisque nous sommes englobés dans la partie qui se joue tous les jours autour de nous, il serait fou de nier ses impressions sur nous et de n’en pas tirer l’enseignement qu’elle propose. Nous n’entendons pas nous mettre platement à la remorque, mais nous n’éprouvons aucune fausse honte à nous rallier aux groupes d’avant-garde. L’Effort libre avait inauguré cette série de publications et marqué clairement un accord entre la littérature et la vie qui semblait oublié depuis la Revue Blanche et la première Plume. Jean-Richard Bloch et ses excellents collaborateurs continuent une œuvre que nous admirons sans réserve. Les Feuilles de Mai, d’autres revues encore dont nous reparlerons souvent, vivent dans notre sens.
Les amis qui fondèrent avec nous Les Horizons et donnèrent l’apport de leur talent comme la loyauté de leur passé à notre essor, ne partageaient pas absolument nos convictions. C’est pourquoi nous avons dû, faisant passer notre but avant nos sympathies personnelles, prononcer une séparation, – qui ne change rien, nous avons à cœur de l’affirmer, à nos relations tant amicales que littéraires[1].
C’est donc un excès de conscience ou peut-être l’affirmation plus nette d’une conscience qui nous pousse à préciser, dès ce jour, nos tendances. Cette revue ne sera pas éclectique. Elle ne sera ni habile ni élégante. La brutalité est nécessaire comme le pain quotidien. Se taire c’est consentir à la laideur et au mensonge universel. Les Horizons seront une revue de parti. L’art qui n’est pas la politique cependant, ne peut pas être étranger à la vie. Par tout ce qu’il contient d’humain, le livre d’un Flaubert, par exemple, si éloigné qu’il soit d’un livre de doctrine, nous dicte de ferventes résolutions ; le temps des peintures sur éventail est révolu (ou tout au moins cet art n’est plus exercé à présent que par les vieilles demoiselles de province).
Contre les forces organisées il y a la grande force de la vie et seront avec nous ceux qui croient comme nous qu’il n’y a plus d’hésitation possible et qui ont pris conscience d’eux-mêmes.
LES HORIZONS.
[1] Nos amis viennent de fonder Le Gay Sçavoir, revue anthologique et tribune libre ; nous souhaitons à leur belle publication longue et heureuse vie et nous ne cesserons pas de nous intéresser à leur œuvre, qui ne saurait être que probe et sincère, nous le savons.
"Dessin de Georges Scalup (p. 248)"
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