samedi 4 décembre 2010

L'ŒIL DE VEAU (MARS-AVRIL 1912)

[Titre : L'ŒIL DE VEAU - Sous-titre : Revue Encyclopédique à l'usage des Gens d'esprit - Dates de publication : 1912 [de Janvier à ?] - Périodicité : mensuelle - Lieu de publication : Paris - Format : 160 x 247 mm - Couverture : imprimée en noir sur papier blanc - bandeau de titre noir sur fond rouge illustré d'une tête de veau (signé Z.G ?) - Pagination :  variable [?] ; pagination suivie - Prix et abonnements : Un an, 3 fr. - Directeurs : Roland Manuel et Gaston Picard - Gérant : Hubert Arnaud - Adresse : 1, rue de Chazelles, Paris - Imprimé sur les presses de l'Imprimerie spéciale de L'Œil de Veau]
L'ŒIL DE VEAU
(Ire année - mars-avril 1912)
[Date de publication : mars-avril 1912 - Couverture : Date, Titre, Sous-titre, Périodicité, Directeurs,  Adresse, Sommaire - 2e de couverture : muette - 3e de couverture : Revues à lire (La Renaissance contemporaine, La Belgique Française, L'Heure qui Sonne, Mercure de France, Les Rubriques Nouvelles, L'Escholier de France, Les Marges, Les Marches de Provence, Miscellanées, Les Loups, Vers & Prose, La Nouvelle Revue Française) - 4e de couverture : Bulletin d'Abonnement ; Vient de paraître : Gaston Picard, Maurice Maeterlinck ou Le mystère de la porte close. L'exemplaire 0,50. Edit. de "L'Œil de Veau". Rue de Chazelles, 1, Paris. - 1re page (p. [69]) : en-tête (Année, Date, Titre, Sous-titre) - Pagination : 48 pages]

Sommaire
La Rédaction : Histoire d'un duel (p. [69])

Jean Muller : Aux obsèques d'Arnolphe Trissot (Fragments du Journal intime de Joséphin Prudhomme) [A suivre - Pour copie conforme] (p. 70-72)

Paul Lombard et Gaston Picard : A la manière de qui l'on voudra, scène (p. 73-77)

S. H. Teissier : Les Déménageurs (p. 78-79)

J. André Biguet : Viviane dans la forêt de Brocéliande, poème [Pour Albert Gance - épigraphe de Lord Tennyson] (p. 79-80) ; En allant faire mon marché. Matinale déliquescence, poème [A Erik Satie] (p. 81)

Henriette Sauret : Le Froid, poème en prose (p. 82)

Jean Lemoine : Les Futuristes et L'École dynamique de peinture (p. 83-86)

B. R. : A l'Odéon. Chanson ["Sur l'air de Marlborough"] (p. 87-91)

Sylvain Royé : Jean Cocteau, poète (p. 92-95)

Gaston Picard : Mon petit carnet rose (p. 96-98)

G[aston]. P[icard]. : Le Roi de Rêve [à propos de la représentation le lundi 11 mars, salle de l'Athénée Saint-Germain, du poème dramatique en trois actes et un prologue, en vers, de M. Sylvain Royé] (p. 99)

Sylvain Royé : Le Roi de Rêve [Acte I, Scène IV] (p. 100-103)

Abel Léger : Musique, poème [Pour Roland Manuel] (p. 104)

Gaston Picard : Voici des livres de poèmes... [dialogue entre la dame-qui-achète-des-livres-de-poèmes et l'auteur autour de : La Pluie au Printemps, d'Albert Jean (G. Crès et Cie, éd.) ; L'Ami désabusé, de Joseph Mélon  (Ed. des Cahiers de la Quinzaine) ; Dans le silence des rêves, de Paul Granotier (Ed. Jouve et Cie) ; En attendant la nuit, de Pierre Weill (Ed. Eugène Figuière) ; Le Cœur avide d'infini, de Noël Nouët (Ed. du Temps Présent) ; L'Humble Retour, de Pierre de La Batut (Ed. du Temps Présent) ; Âmes légères, de Raymond Gentil (Jouve et Cie, éd.) ; Musarderies, de Louis-Amédée Crispy ; Les Joyaux sous la Lampe, de Victor Dumont (Ed. Eugène Figuière) ; Les Princesses de mon Songe, de Nicolas Beauduin (Ed. des Rubriques Nouvelles)] (p. 105-110)

Myriam Mester [pseud. de Gaston Picard] : Un feuilleton inédit de Myriam Mester : La Destinée de Marcel ou Les Bandits impossibles [précédé d'une présentation de Gaston Picard (p. 111) - La suite au prochain numéro] (p. 111-114)

*** : Le Théâtre d'Art Libre (p. 115)

Butriau, Abonné à tarif plein [pseudonyme probable de Gaston Picard] : Correspondance "A Monsieur Gaston Picard, Directeur de l'Œil de Veau" [à propos de la critique de Maeterlinck par Picard] (p. 116)
Documents
Histoire d'un duel
Nous avons publié, dans notre précédent numéro, le texte des lettres échangées entre M. Gaston Picard, d'une part, M. Roland Manuel, de l'autre. A la suite de quoi, des témoins avaient été réciproquement envoyés. "L'affaire en est là" disions-nous. Et l'affaire n'a pas eu de suites. Nous n'en donnerons pas même procès-verbal : on saura que les lettres en question n'ont jamais été l'œuvre de M. Gaston Picard, de M. Roland Manuel, mais bien celle d'un fumiste, M. Jean Villeneuve, collaborateur occasionnel de L'Œil de Veau, que nous avons mis à la porte.

Nos lecteurs protesteront avec nous contre de tels procédés.
LA RÉDACTION.
Une déclaration de M. Roland Manuel.
Tout ça c'est très joli. Mais on remarquera que je ne collabore pas au présent numéro. A la fin, L'Œil de Veau me dégoûte.
Une protestation de M. Gaston Picard.
Et pourquoi ce titre, L'Œil de Veau ?
***
Mon petit carnet rose (extraits)
De la pluie. Du vent. De la boue. C'est le premier jour de Printemps. Mais entre donc, animal !

On raconte qu'une jeune fille avait donné, à son fiancé, un poème, - je n'épouserai pas une jeune fille piquée des vers, dit celui-ci. Et le mariage fut rompu.
Est-ce assez stupide, cette histoire ?

Très jeune, M. Saint-Georges de Bouhélier dirigeait une petite revue, à laquelle Paul Verlaine donnait des poèmes encore inédits. M. Saint-Georges de Bouhélier mettait un point d'honneur à les lui rétribuer. Mais l'illustre collaborateur n'aurait pas accepté d'argent, comme cela. Et M. Saint-Georges de Bouhélier achetait un sac de bonbons ; il y glissait une piécette de dix francs. A Paul Verlaine, il remettait le tout, comme si ce n'eût été qu'un cadeau de fantaisie. Lorsque le poète découvrait, au milieu des bonbons, l'offrande, il pleurait de joie.

C'est à ce sujet qu'un étranger me demandait :
- Mais comment se trouve-t-il tant d'écrivains pour accepter de collaborer sans toucher un sou aux petites revues ?
- Habitude déplorable, sans doute, répondis-je, mais ceux qui fondent, qui dirigent ces petites revues, qui y consacrent leur temps et leur argent, qu'en dites-vous ?
Il réfléchit, sérieusement, puis - Ce sont des fous auxquels il faudrait dresser des statues. Mais on permettrait aux foules, une fois l'hommage rendu, de les lapider. Car enfin, ils ne connaissent rien aux affaires.

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